Quelques dessins Je suis Charlie












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Le Musée d'Aquitaine présente jusqu'au 22 février une très belle exposition qui conjugue intelligemment sociologie et photographie consacrée aux classes moyennes en Afrique.
L'exposition s'ouvre avec la présentation de très beaux pagnes (du latin pannus : étoffe, pièce...) conçus par la galeriste sénégalaise Aminata Thione qui tient boutique à Bordeaux.
Parler de classe moyenne en Afrique, à l'exception des quelques pays les plus développés, est un abus de langage, ceux du milieu désigne plutôt ceux qui sont sortis, parfois temporairement, de la pauvreté. Gràce à une obsession de la promotion sociale et une capacité à optimiser leurs revenus en multipliant les activités.
Pour s'en sortir la multi-activité semble en effet la règle : au delà du revenu du base, tout les opportunités sont saisies pour accroitre ses ressources, les primes, la location d'une pièce de la maison, les revenus des petits boulots, élevage, commerce, artisanat... plus la débrouille pour réduire les dépenses, recours au commerce informel, au technicien informel, co-voiturage, fringues d'occasion seules les dépenses d'éducation et de santé sont privilégiées
Un très beau film en fin d'exposition montre les dilemmes auxquels sont soumises ces nouvelles classes moyennes par exemple cette jeune maman écartelée entre les conseils de sa belle -mère pour les soins du bébé et ceux du pédiatre qui disent des choses totalement contradictoires, comme couper les cheveux du bébé très tôt ou ne pas y toucher parce que la tête u bébé est molle. Comment concilier ces deux cultures? Elles finira par divorcer... ou cette jeune femme amenée à commander à des hommes totalement incapables de respecter un délai ou une consigne!
Dur, dur! L'émergence est un combat.
Ce billet doux plié en deux cherche une adresse de fleur.
C'est à la lecture de cette définition du papillon que j'ai eu envie de lire ou relire les Histoires naturelles de Jules Renard (1864-1910), publiées en 1894.
Cet ensemble de petites chroniques consacrées aux animaux et aux plantes qui nous sont familiers, les animaux de la ferme, ceux que l'on chasse, ceux que l'on côtoie dans les travaux des champs, les promenades... sont tout simplement savoureuses, c'est toujours bien vu, avec bienveillance, très agréable à lire et cela nous plonge aujourd'hui dans un monde en voie de disparition.
Car à part les chiens et les chats et pour certains les chevaux, quels sont les animaux aujourd'hui dont nous nous sentons proches? Il y a de moins en moins d'oiseaux, de papillons, d'insectes et les animaux de la ferme sont désormais élevés en batterie, invisibles aux yeux de ceux qui vont les consommer.
Encore une citation:
Le loriot :
- je lui dit : rends moi cette cerise, tout de suite
- bien répond le loriot
Il rend la cerise et, avec la cerise, les trois cent lmilld larves d'insectes nuisibles, qu'il avale dans une année année.
Pour bien débuter l'année, ces lettres magnifiques de Rainer Maria Rilke (1875-1926). A conserver près de soi toute l'année.
Ces lettres ont été écrites entre 1903 et 1908 en réponse à la sollicitation de Franz Xaver Kappus, élève dans une école de Cadets à Sankt Poelten que Rilke n'a jamais rencontré. Kappus publiera ces dix lettres en 1929.
Comme l'écrit dans sa préface, Franz Xaver Kappus : quand un prince va parler on doit faire silence, d'où ces extraits qui illustre le caractère de manuel de la vie créatrice proposé par Rilke.
Un extrait :
Vous demandez si vos vers sont bons. Vous me demandez à moi. Vous l'avez déjà demandé à d'autres. Vous les envoyez aux revues. Vous les comparez à d'autres poèmes et vous vous alarmez quand certaines rédactions écartent vos essais poétiques. Désormais, je vous prie de renoncer à tout cela. Votre regard est tourné vers le dehors; c'est cela que maintenant vous ne devez plus faire. Personne ne peut vous apporter conseil ou aide, personne. Il n'est qu'un seul chemin. Entrez en vous-même, cherchez le besoin qui vous fait écrire : examinez s'il pousse ses racines au plus profond de votre coeur. Confessez-vous à vous-même : mourriez-vous s'il vous était défendu d'écrire? Ceci surtout : demandez-vous à l'heure la plus silencieuse de votre nuit :"Suis-je vraiment contraint d'écrire?" Creusez en vous-même vers la plus profonde réponse. Si cette réponse est affirmative, si vous pouvez faire front à une aussi grave question par un fort et simple : "je dois" alors construisez votre vie selon cette nécessité...
...
Une seule chose est nécessaire: la solitude. La grande solitude intérieure. Aller en soi-même, et ne rencontrer, des heures durant, personne - c'est à cela qu'il faut parvenir. Etre seul comme l'enfant est seul quand les grandes personnes vont et viennent, mêlées à des choses qui semblent grandes à l'enfant et importantes du seul fait que les grandes personnes s'en affairent et que l'enfant ne comprend rien à ce qu'elles font. S'il n'est pas de communion entre les hommes et vous, essayez d'être prêt des choses: elles ne vous abandonneront pas. Il y a encore des nuits, il y a encore des vents qui agitent les arbres et courent sur les pays. Dans le monde des choses et celui des bêtes, tout est plein d'évènements auxquels vous pouvez prendre part. Les enfants sont toujours comme l'enfant que vous fûtes: tristes et heureux; et si vous pensez à votre enfance, vous revivez parmi eux, parmi les enfants secrets. Les grandes personnes ne sont rien, leur dignité ne répond à rien.
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Il est une petite commune de Gironde nommée Castelmoron d'Albret qui a su se faire une réputation en quelques années et qui reçoit à la fin de chaque année de très nombreux visiteurs. D'albret, parce que Jeanne d'Albret, la mère d'Henri IV y avait un hôtel particulier.
Castelmoron d'Albret, à la front!ère de la Gironde et du Lot et Garonne, est la plus petite commune de France en termes de superficie, elle est plus petite que la place de l'Etoile à Paris, et elle ne compte que 53 habitants au tout dernier recensement.
Animée par un couple de potiers installés dans le village, l'association Les mains d'argile organise chaque année des manifestations autour de la présentation dans l'église du bourg mais surtout, ce qui en fait tout le charme, aux fenêtres des maisons des habitants de plus d'une centaine de crèches du monde entier, des cinq continents et de l'arctique, chaque année voit la floraison de crèches supplémentaires.



Comme quoi, autour d'une idée simple, un village de 53 habitants sait trouver les ressources nécessaires pour créer l'évènement, se faire une renommée donner une belle image de lui-même, resserrer les liens entre les habitants et entre le village et son environnement.
Cette action collective se traduit en termes de civisme puisqu'aux dernières élections municipales les 48 électeurs inscrits ont voté et se sont exprimés sans bulletin blanc ou nul.
Soyez heureux, ayez confiance et que tout vous réussisse à l'aube de cette année nouvelle.

A l'occasion du cinquantenaire de la mort de Roger Bissières, né en 1886 dans le Lot et Garonne, la Galerie des Beaux Arts de Bordeaux, a eu la bonne idée de monter avec le Musée de Lodève une très belle exposition consacrée à ce peintre injustement méconnu.
Dès l'âge de 17 ans, il s'oppose à son père alors notaire à Bordeaux et file à Alger puis à Londres, il devient critique d'art, enseignant, rejoint Paris, à l'Académie Ranson et jusqu'en 1939 il s'adonne à la peinture, l'enseignement et l'écriture
En 1939, il s'installe à Boisseriette dans le Lot dans un ancien presbytère hérité de sa mère, il cesse de peindre et s'adonne à des activités diverses, élevage, automobile...
En 1945, il reprend la peinture, devient célèbre. Sa femme meurt en 1962 et lui en 1964.
Bissière aura tout essayé, tous les peintres l'auront inspiré d'Ingres, à Cézanne, de Picasso à Braque...
Le petit film Bissière ou le regard du coeur qui montre la vie quotidienne du peintre à Boisseriette dans les dernières années de sa vie nous fait découvrir un homme très attachant, concentré sur sa peinture, toujours en recherche, amoureux de la nature et de sa femme au crépuscule de sa vie.
L'exposition et visible à Bordeaux jusqu'au 15 février et s'accompagne de concerts et de conférences qui s'annoncent passionnantes.

Jaune et gris -1950
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D'après ma liseuse, j'ai passé quatorze heures dans les tranchées aux côtés d'Henri Barbusse (1873-1935) à lire son roman autobiographique qui lui valu le prix Goncourt en 1916. C'est peu finalement à côté des épreuves vécues par l'auteur du Feu.
Henri Barbusse c'est un nom que je connais depuis ma tendre enfance : il y a des rues Henri Barbusse dans toutes les villes qui ont été gérées par une mairie communiste et dans bien d'autres. L'homme, un littéraire, s'est engagé à 41 dans l'infanterie en 1914 et a fait la guerre au front pendant 22 mois. De cette période, à partir du journal qu'il a tenu, il a publié Le feu en feuilleton puis chez Flammarion.
L'homme deviendra communiste dès 1923 puis sera un des fondateurs du mouvement pacifiste, il ira jusqu'à écrire une biographie de Staline. il voulait créer une littérature prolétarienne.
Mais peu importe, son roman est d'abord un roman autobiographique, celui de son escouade, avec les différents épisodes qui font la vie d'une escouade, les combats en première ligne, les travaux de terrassement, l'attente, le barda, la permission, le poste de secours, l'idylle, la virée en ville, l'arrière... le tout avec le vocabulaire des poilus incroyablement riche, scrupuleusement noté par l'auteur.
Un extrait :
Plus que des charges qui ressemblent à des revues, plus que les batailles visibles déployées comme des oriflammes, plus même que les corps à corps où l'on se démène en criant, cette guerre c'est la fatigue épouvantable, surnaturelle, et l'eau jusqu'au ventre, et la boue et l'ordure et l'infâme saleté. C'est les faces moisies et les chairs en loques et les cadavres qui ne ressemblent même plus à des cadavres, surnageant sur la terre vorace. C'est cela, cette monotonie infinie de misères, interrompue par des drames aigus, c'est cela, et non pas la baïonnette qui étincelle comme de l'argent, ni le chant du coq, du clairon au soleil.
Et sur les embusqués, les planqués, ce dialogue, à la fin d'une virée à l'arrière :
- Y a pas un seul pays, c'est pas vrai, y en a deux. J'dis qu'on est séparés en deux pays étrangers: l'avant, tout la-bas, où il y a trop de malheureux, et l'arrière, ici, où il y'a trop d'heureux.
- Que veux-tu! ça sert...l'en faut...c'est l'fond...Après...
- Oui, j'sais bien, mais tout d'même, tout d'même, y en a trop, et pis i's sont trop heureux, et pis c'est toujours les mêmes, et pis y a pas de raison...
-Dans huit jours on s'ra p'r'êt crevés...
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Le taux de mortalité des enfants de moins de cinq ans nés vivants est passé de 90 à 46 pour 1000 naissances vivantes de 2013 à 2014 (Unicef)
La part des personnes vivant dans l'extrême pauvreté avec moins de 1,25$ par jour est passée de 36 % à 14,5 % entre 1990 et 2011 (Banque mondiale).
Pour la première fois le nombre de malades du SIDA qui ont débuté un traitement antiviral est supérieur au nombre de personnes nouvellement infectées, c'est le début de la fin du SIDA (UNAIDS)
L'Irlande consacre plus de la moitié de son aide au développement aux pays les plus pauvres (OCDE). C'est possible.
Le Danemark est le pays le moins corrompu du monde (Transparency International). Rejoignons le!
Davantage (en anglais) sur : http://www.one.org/us/2014/12/11/14-of-the-most-important-global-development-moments-of-2014-as-told-in-charts/#b12g22t20w14

Jacques Chancel,
Joe Cocker,
Maurice Duverger,
Udo Jurgens,
...
Joyeux Noël...