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Cas@d€i - Page 41

  • Le Feu d'artifice annuel de La Chaise-Dieu

    C'est à l'occasion de la Saint Robert dite d'été, la fête patronale, que La Commune de La Chaise-Dieu offre un feu d'artifice, pas pour le 14 juillet qui ne fait pas l'objet ici de cérémonie particulière en dehors du pavoisement rituel.

    Hier soir, malgré le vent, le feu d'artifice est donc venu clôturer deux jours de festivités traditionnelles, tournoi de pétanque, randonnée, manèges, bal, métiers traditionnels. 

    C'est sans doute la manifestation qui rassemble le plus de monde, dans le recueillement.

    La place de la Fontaine devant l'abbatiale est noire de monde, on se presse aux fenêtres, sur les terrasses de café, on attend. Une innovation cette année, l'amicale musicale de Marsac en Livradois, la fanfare comme on disait autrefois quand chaque commune de France en avait une ou presque est venue jouer quelques airs d'un répertoire marquée par les année soixante.

    Et puis le bouquet de ces deux jours. Tiré devant l'abbatiale, sur les marches, depuis le chemin de ronde, le feu d'artifice : au delà des rouges , des bleues et des vertes,permet de découvrir la façade de l'abbatiale sous un éclairage totalement inhabituel, fugitif, c'est incontestablement ce qu'il yn a de plus beau.

    Vingt minutes de sérénité et de communion de toute une population rassemblée.

  • Jesus : que disent les historiens?

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    Samedi dernier, à l'invitation des Amis de l'abbatiale Saint Robert de de La Chaise-Dieu, le père Michel Quesnel, casadéen, recteur honoraire de l'Université catholique de Lyon et Professeur honoraire à l'Institut catholique de Paris, donnait une conférence en l'auditorium Georges Cziffra sur le thème : la personne de Jésus  vue par les historiens.

    Il n'était pas question ici de foi mais seulement de faits historiques. Que nous disent les sources disponibles, leur traitement, sur Jésus?

    Si l'archéologie est de peu d'utilité, les sources écrites elles sont multiples et surtout indépendantes les unes des autres. Il y a bien sûr le nouveau testament, les quatre évangiles, écrits entre 50 et 120 de notre ère. Celui de Jean, est de 90. les évangiles apocryphes de Pierre, de Thomas, de Judas, on devrait dire en hommage à , car Pierre, Thomas et Judas n'en sont pas les auteurs. Mais il y a aussi des acteurs romains comme Tacite, Pline le Jeune ou Juif scomme Flavius Joseph qui évoquent Jésus.

    9782204089753_1_75.jpg51iGj01cZPL._AA160_.jpgDe toutes ses sources, on peut conclure que Jésus est né en 4 avant JC, sous le règne d'Hérode mort en 4 av. JC, qu'il est mort le 7 avril 30, la veille de la Pâques juive. qu'il n'est pas né le 25 décembre, cette date ayant été choisie tardivement pour correspondre au solstice d'hiver et d'ailleurs les premiers chrétiens fêtaient la résurrection mais pas Noël, qu'il était le fils de Marie, que son père est plus douteux, on parle rarement du fils de joseph, donc né de père inconnu, voire fils d'une prostituée, on ne sait pas, ce qui laisse de la place au mystère de l'incarnation, qu'il avait sans doute des frères et soeurs ou des demi-frères et soeurs, les églises divergent sur ce point. La naissance à Bethléem est assez probable ainsi que l'enfance en Galilée. Sa condamnation ressemble à un assassinat politique d'une rebelle dangereux pour la stabilité du pouvoir en place à la demande des représentants juifs mais pas de l'ensemble du sanhédrin. Une affaire banale en somme et fréquente.

    Pas de témoin de la passion et encore moins de la résurrection. 

    Bref ce ne sont pas les historiens qui trancheront ce qui relève de la foi. 

     

     

     

  • Pierre sèche

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    J'ai participé samedi dernier à un des ateliers de pierre sèche organisé par la Société d'Archéologie, d'Histoire et de Géologie de Craponne sur Arzon en Haute-Loire, atelier qui s'est déroulé à Chomélix.

    Je recommande vivement la participation à ces ateliers c'est l'occasion d'apprendre une technique ancestrale, écologique, de contribuer à la restauration du petit patrimoine dans le canton du Haut-Velay Granitique, le tout dans une ambiance amicale, avec une vingtaine de participants.

    Je reproduis donc le programme type de ces journées, d'autres vont avoir lieu en août.

     

    I- Accueil des participants

    1-    Objectifs des ateliers : sensibiliser et initier à la sauvegarde d’un patrimoine menacé

    2-    Origine des murets en pierre sèche

    3-    Leur rôle écologique, climatique, esthétique

    4-    Leur sauvegarde 

    II- Exposés :

    1-    sécurité

    2-    les principes constructifs

    3-    méthodologie (pas de précipitation) (projet, état des lieux, diagnostic, terrassement, approvisionnement, fondations, 

    III- Pratique :

    1-    observation du mur et diagnostic

    2-    repérage (emplacement, fruit, hauteur,)

    3-    démontage, tri et stockage des matériaux selon typologie

    4-    pose des cordeaux

    5-    vérification, voire reprise des fondations

    6-    remontage

    IV- Pour compléter :

    1-    Observation des paysages de diverses régions

    2-    Bibliographie conseillée : Louis Cagin/Laetitia Nicolas « Construire en pierre sèche » (Ed. Eyrolles) – René Sette/Fabienne Pavia « Calades, les sols de pierre » (Ed. Le Bec en l’air).

    3-    Visite de sites : Meyrac (Bellevue la Montagne), Montarcher, terrasses d’Artias, chibottes de Vals, terrasses de Léotoing, sanctuaire de Corent, rempart de Gergovie, Pailhas de Molompize, oppidum de Bibracte,… )

    4-    Liens Internet :

    http://www.pierreseche.net/

    http://pierreseche.over-blog.com/article-support-theorique-d-un-cours-pierre-seche-100658823.html

    http://dutranoynorbert.canalblog.com/albums/la_pierre_seche_et_les_murailhers  http://fr.wikipedia.org/wiki/Cabane_en_pierre_s%C3%A8che

     V - LES PRINCIPES CONSTRUCTIFS 

    La pose obéit à quatre règles fondamentales :

    1-    Le croisement des pierres : permet la répartition du poids et des forces qui lient les pierres entre elles.

    2-    L’assise : assure l’appui d’une pierre sur le rang inférieur et sa préparation pour soutenir le rang supérieur.

    3-    Le blocage : utilise la stabilité de chaque pierre pour bloquer les pierres entre elles.

    4-    Le fruit : en inclinant les pierres, dirige les forces vers l’intérieur du mur.

  • Joseph

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    De Marie Hélène Lafon, j'avais beaucoup aimé Les pays. Joseph est un peu de la même veine.

    Joseph, c'est le portrait d'un homme, un ouvrier agricole, mais un ouvrier logé par ses patrons, il fait partie de la ferme sans en faire vraiment partie. Il a une soixante d'années, bientôt la retraite. il adore compter, il mémorise bien les chiffres, surtout les dates, beaucoup moins les lettres, les mots ce n'est pas son affaire, c'est un taiseux, mais il observe.

    Vers la trentaine il a aimé Sylvie, qui le lui a bien rendu, pendant un temps. Puis Sylvie est partie pour un autre, comme les fois précédentes, plaqueur, plaqué, et il s'est mis à boire, puis s'est soigné. Depuis, il va de place en place, il aime les chiens, les vaches, il les connait par coeur, il n'a pas son pareil dans le pays pour les mener.

    Il observe le monde, le mémorise, mais il n'en est pas un acteur. il est à sa place. il ne dira pas ce qu'il en pense. il garde tout pour lui.

    Le soir, après le diner, il parcourt le journal de la veille pendant que la patronne fait les mots croisés du journal du jour.

    Son frère qui a mieux réussi à pris sa mère chez lui, Joseph s'est retrouvé seul et vit désormais en permanence chez ses patrons, il connait déjà bien l'hospice ou il ira finir ses jours.

    Joseph est donc aussi le portrait d'un monde qui disparait, un monde rude, dans le Cantal, un monde de solidarité, de respect.

    Marie Hélène Lafon sait trouver les mots justes.

  • Jacob, Jacob

    Livre magnifique, justement récompensé par le prix Livre Inter, mais il aurait pu tout aussi bien avoir d'autres prix. Jacob est un jeune homme de Constantine, en Algérie, né dans une famille nombreuse, juive, comme son prénom l'indique, Jacob, Jacob deux fois, parce qu'un de ses frères ainés, déjà prénommé Jacob, est décédé prématurément, il le remplace donc.

    Jacob est un garçon intelligent, poète, sensible, qui vit dans une famille fruste, où les hommes font la loi, oppressent les femmes, battent les enfants. Ils font les fiers alors qu'ils n'ont pas de quoi pour citer Jean de la Ville de Mirmont.

    On est en 1940, Jacob est d'abord interdit de lycée parce qu'il est juif, et son professeur lui donne des cours particuliers pour compenser, puis c'est la mobilisation, et l'incorporation, pour défendre la France, la judéité n'est plus un problème.

    Il part, effectue le débarquement en Provence, remonte en Alsace... tue des boches, sa mère n'a pas de nouvelles, la Lucette, qui rêve de lui toutes les nuits non plus. 

    Quelques années plus tard, son neveu, Gabriel combattra les fellaghas...

    C'est la vie, la vraie vie, l'amour filial, la camaraderie des combats, l'amour tout court...

  • Bleus horizons

    Ce livre est un bel hommage rendu par Jérome Garcin à un poète bordelais trop méconnu Jean de la Ville de Mirmont (1884 - 1914).

    Un poète fauché comme tant d'autres sur le Chemin des Dames, l'auteur d'un seul roman intitulé Les dimanches de Jean Dezert qui conte de façon autobiographique la vie d'un jeune poète  bordelais qui se retrouve à Paris pour gagner sa vie dans des bureaux où il s'ennuie. Et un recueil de poèmes publié à titre posthume intitulé L'Horizon chimérique.

    On comprend mieux le titre de l'ouvrage.

    Jérome Garcin a créé un second personnage, Louis Gémon, un camarade de combat qui blessé aux jambes échappe à l'enfer des tranchées et qui va sa vie durant cultiver la mémoire de son ami, chercher de toutes ses forces à faire émerger son oeuvre.

    C'est ainsi que l'on rencontre la maman de Jean de la Ville de Mirmont, François Mauriac, Gabriel Fauré, Bernard Grasset et bien d'autres.

    C'est un ouvrage bien attachant, à lire et faire lire.

    A Bordeaux, sur les bords de la Garonne, rive droite, entre le jardin botanique et le pont de pierre un bel hommage est rendu  à Jean de la Ville de Mirmont.

    Cette fois mon coeur c'est le grand voyage

    Nous ne savons pas quand nous reviendrons

    Serons nous plus fiers, plus fous ou plus sages?

    Qu'importe, mon coeur, puisque nous partons!

    et

    Nous sommes au fond des enfants malades

    Qui faisons les fiers sans avoir de quoi

  • Félix Arnaudin - le guetteur mélancolique

    félix arnaudin,musée d'aquitaineTrès belle exposition au Musée d'Aquitaine des images, on devrait dire des tableaux, amassés par Félix Arnaudin, un landais de Labouheyre qui consacra sa vie (1844 -1921) à recenser un monde en voie de disparition, celui des Landes de Gacosgne, des bergers, des airails, des chansons, des traditions.

    Felix était méticuleux, il ne travaillait pas à demi, chaque image était réfléchie, faisait l'objet d'une mise en scène, les objets photographiés étaient précisés à l'avance, leur position dans le tableau ne laissait rien au hasard. Aucune place pour des photos sur le vif. IL faut dire que les temps de pose avaient leurs exigences.

    Cela donne une exposition magnifique, et émouvante, Félix Arnaudin, n'a semble-t-il jamais été reconnu de son temps, il passait pour à moitié fou, il a du attendre la mort de sa mère pour vivre avec sa bien aimée, est monté à Paris une fois pour l'exposition universelle de 1889. A la fois moderne et passéiste, il n'a pas par exemple documenté les bourgs, l'arrivée de la modernité...

    Ne pas manquer l'entretien sonore réalisé tardivement avec un de ses modèles de bergère qui décrit bien les conditions de réalisation d'une photographie.

    Une seule chose manque dans cette exposition : le vélo qu'utilisait Félix pour ses déplacements.

  • Charlotte

    Charlotte est un beau, un très beau roman de David Foenkinos publié dans la collection blanche de Gallimard qui retrace la vie de Charlotte Salomon, une jeune juive allemande déporté et assassinée à 26 ans, enceinte, en 1943.

    Un peu avant son arrestation, Charlotte qui avait fui l'Allemagne nazie pour se réfugier en zone libre, sur la côte d'azur a écrit une oeuvre composée de 800 gouaches, de textes, d'indications musicales intitulée Leben, oder Theater, Vie? ou théâtre.

    C'est toute une vie a-t-elle dit à son médecin qui l'avait accompagné lorsqu'elle lui remit son travail.

    Toute une vie marquée de bout en bout par la tragédie dans une atmosphère de folie que retrace magnifiquement et avec beaucoup d'admiration Foenkinos qui a adopté pour l'occasion, par nécessité dit-il, une forme de poème en vers libres qui dépassent rarement une ligne. 

    C'est très réussi. Et il serait judicieux de remonter une exposition à propos de Charlotte Salomon, sa vie et son oeuvre le méritent.

  • Première personne du singulier

    Quatre nouvelles remarquables, déchirantes de Patrice Franceschi, un homme qui cumule beaucoup de  talents : aventurier, combattant, écrivain, marin, voyageur, aviateur, charmeur.

    Un homme habité par l'esprit d'aventure, auquel il a consacré un essai avec Gérard Chaliand.

    Ici quatre histoires où un individu, quatre hommes et une femme, est confronté à un choix impossible, tragique, terrifiant mais qu'il va assumer.

    Je vous laisse découvrir c'est remarquable.

  • Le négoce bordelais des denrées tropicales

    Une série d'articles publiés en 1996 par la revue Les Cahiers de la Mémoire de Bordeaux. La Mémoire de bordeaux a été créée en 1987 à l'initiative de Jacques Chaban Delmas pour sauvegarder la mémoire récente de Bordeaux, depuis la guerre.

    Tous les articles sont rédigés par des professionnels du commerce des denrées tropicales : Jean Touton, Gérard Delalande, Philippe Doutreloux, Alain Huetz de Lemps et Jean Roger Domecq.

    On revit un des âges d'or de Bordeaux quand le port était le premier ou un des tous premiers pour le commerce du Café, du poivre, de la vanille, du sucre, du rhum, des fruits et primeurs. On revoit les Entrepôts Lainé, le centre d'art contemporain d'aujourd'hui, alors relié à la voie ferrée emplis de produits tropicaux, le cours du Médoc et ses barriques de rhum, le Hangar 15 ou débarquaient les fruits tropicaux, le tout nouveau hangar climatisé de Bassens, le débuts du port du Verdon et des conteneurs...

    Autrefois tout ce commerce avait ses maisons rue de la Rousselle et rue Saint Colombe, la mémoire disparait rapidement. C'est le mérite de cette revue.

    D'Afrique, il est question, des Antilles aussi mais pas des africains, du commerce triangulaire pas un mot, il est simplement fait état de relations économiques étroites qui ont connu de profondes mutations.

    Les historiens, les universitaires doivent s'y mettre aussi, le regard des seuls professionnels ne suffit pas.