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Cas@d€i - Page 39

  • Dictionnaire amoureux de Venise

    Un samedi après-midi consacré à la lecture in extenso de ce beau livre. Belles illustrations et surtout belles notations de Philippe Sollers avec de beaux portraits, de lui-même bien entendu, mais surtout de Dominique Rolln, d'Ezra Pound, du Titien, de Veronese, de Morand, de Vivaldi, de Manet et Monet, de Monteverdi, de Stravinsky... j'en oublie... Casanova...

    Il y a de belles formules, ainsi à propos du protestantisme : pourquoi quitter une absurdité cohérente pour une absurdité incohérente? Sollers n'aime pas l'austérité, la rigueur protestante, il lui préfère la sensualité baroque...

    Et il y de belles analyses de tableaux à commencer par La tempête de Giorgione à l'Accademia qui fait l'objet de ma part d'un pèlerinage à chacune de mes visites.

    Et puis Venise c'est déjà un peu l'Orient...

    Vite aux Zattere

     

  • Boussole

    Ce n'est pas un livre facile autant le dire tout de suite. Mais c'est un livre passionnant, il suffit de se laisser emporter par la verve de l'auteur.

    Franz Ritter le narrateur est un musicologue autrichien , malade, dépressif. Insomniaque surtout et le roman décrit le fil de ses pensées au cours d'une nuit. Sarah revient souvent dans ces pensées, de façon obsessionnelle, un amour impossible, inaccompli, elle est elle-même universitaire, française, spécialiste de l'orient et de de ses grands voyageurs. 

    Mathias Enard qui a passé plusieurs années de sa vie au Proche et au moyen Orient, au Liban, en Syrie, en Iran en Turquie fait assaut d'érudition musicale et littéraire sur tout ce qui a façonné au cours des siècles la relation entre Orient et Occident.

    Sa boussole comme celle de Beethoven n'indique pas le Nord mais l'Est, vers Jérusalem et La Mecque, les religions du livre.

    Ce livre est aussi un hommage à la Syrie, un pays d'une grande richesse culturelle qui n'est pas qu'un pays de jihadistes.

    L'objet de ce livre est aussi de nous rappeler tout ce que l'Occident doit à l'Orient et ce que l'Orient doit à l'Occident. Les ponts entre ces deux régions voisines ont été permanents et sont appelés à survivre au désastre qui affecte aujourd'hui cette région.

    C'est ce que nous rappelle Enard, l'Islam a été une culture foisonnante, une vision du monde, une philosophie, très éloignée de la caricature qu'en ont aujourd'hui nos contemporains, cet islam là sans voile et sans violence doit redevenir visible. Mathias Enard y contribue avec talent.

    C'est pas mal de lire ce livre avec un smartphone à portée de main pour prendre le temps d'écouter sur youtube les interprétations citées.

  • Palmyre

    Hier, journée d'hommage aux victimes des attentats de Paris, j'ai lu Palmyre de Paul Veyne dans le train entre Lille et Bordeaux.

    Paul Veyne est admirable,  à 93 ans, il a écrit en quelques jours un ouvrage magnifique, à la portée de tous qui nous explique bien la singularité de Palmyre, son histoire, son architecture, sa place dans l'empire romain, son côté tribal, l'épopée de Zenobie.

    Magnifiques illustrations.

    Que de regrets! En poste au Liban de 2005 à 2008, je ne suis jamais allé à Palmyre, c'était déjà réputé dangereux, non pas à cause des jihadistes, mais à cause des sbires de Bachar el Assad, qui déjà enlevaient, emprisonnaient, assassinaient...

    Excès de prudence, j'aurai du y aller. Aujourd'hui, il est trop tard, il nous reste les photos du livre de Paul Veyne, ses explications lumineuses, notre imagination...

  • La cerisaie

    Première sortie, huit jours après les attentats de Paris et le jour de la prise d'otage à Bamako. Pluies torrentielles à Bordeaux et de retour de Paris j'ai mon vélo garé au parqueur de la gare...

    La cerisaie est la dernière pièce de Tchekhov., écrite en 1904.  J'ai vu ces dernières années : Oncle Vania, les trois soeurs, la mouette.

    La salle du TNBA est presque pleine. Pas de discours en préambule.

    La troupe vient d'Anvers, elle s'appelle tg STAN. ils sont pleins de talents, proposent des spectacles en flamand, en anglais et en français avec pour certains acteurs un accent charmant. Ils font la mise en scène eux même. Une mise en scène minimaliste quant aux décors et aux costumes.

    Deux heures et demi de théâtre, quelques longueurs, en particulier les scènes musicales et une petite frustration, on ne retrouve pas la nostalgie qui préside en général aux pièces de Tchekhov. la mère est un peu trop nerveuse, presque hystérique parfois, l'absence de costumes d'époque et le fait que les acteurs  plutôt jeunes jouent des personnages qui ne sont pas de leur âge rend un peu plus difficile l'abord de la pièce, surtout pour quelqu'un qui l'a déjà vue dans une mise en scène très classique, du moins c'est mon souvenir.

    Une très bonne soirée néanmoins, si l'on admet le parti pris de la troupe qui se vante d'être comme un chien dans un jeu de quilles. la pièce va être jouée au théâtre de la colline, la presse parisienne s'en fera l'écho. On verra.

    La pièce de Tchekhov délivre-t-elle un message universel? Est -elle simplement une illustration du monde qui change de Zweig ? A chacun de se faire son opinion.

  • Réduire ses impôts en restaurant les tapisseries de La Chaise-Dieu

    Bientôt la fin de l'année, le moment de penser à réduire son impôt sur le revenu.

    C'est possible avec la fondation du patrimoine. Vous pouvez réduire au choix votre impôt sur la fortune, votre impôt sur le revenu des personnes physiques ou votre impôt sur les sociétés.

    La rénovation des tapisseries de L'abbaye de La chaise-Dieu est estimée à 259000 euros et jusqu'à présent seuls 5900 euros ont été collectés.

    Si d'ici la fin de l'année, 12975 euros sont collectés, la fondation Michelin apportera une subvention de 32500 euros.

    Alors, votre coup de pouce est vivement attendu. Allez rendre visite à la fondation du Patrimoine ici

    Un grand merci!

  • L'Homme inutile

    Attention ce livre ne va pas vous rassurer sur la marche du monde. Pierre Noël Giraud, professeur d'économie à l'Ecole des Mines, on dit aujourd'hui Mines Paris Tech, nous avait déjà alerté dans des ouvrages précédents notamment avec Le commerce des promesses et l'Inégalité du monde.

    Il entend démontrer aujourd'hui en quoi les globalisations des marchés des biens et des services, de la finance, des firmes se traduisent pr la multiplication des hommes devenus inutiles, à eux mêmes et aux autres.

    Et ce dans les pays émergeants, qu'on songe à l'Inde ou à la Chine où coexistent des milliardaires, de nouvelles classes moyennes qui profitent de la mondialisation et des populations déclassées dans les campagnes et les bidonvilles suburbains, dans les pays rattrapés par ces pays émergeants, comme la France, il suffit de regarder le chômage des jeunes, l'explosion du RSA et les pays stagnants, assis sur une rente minière, comme l'Algérie ou l'Arabie saoudite...

    Ce fossé entre les hommes nomades, insérés dans la mondialisation et les autres ne fait que s'agrandir.

    Il en résulte un accroissement des inégalités, de revenus et de capital dangereux pour les sociétés et la planète qui vient nourrit les partis de guerre civile comme le Front national, des partis qui font la surenchère sur les identités sans programme de nature à résoudre les difficultés actuelles.

    A partir des philosophies de John Rawls et d'Armathya Sen, Giraud élabore des politiques économiques susceptibles de renverser la vapeur, de réduire les inégalités, d'améliorer l'insertion des hommes dans l'économie globalisée et donc de réduire la menace de guerres civiles.

    C'est décapant mais on voit mal quelles forces politiques sont susceptibles de porter de tels changements au demeurant pas si révolutionnaires que cela mais qui remettent en cause les petites rentes dont se repaissent nos sociétés.

     

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  • La carte des Mendelssohn

    Plusieurs raisons pour lire ce livre : j'aime les cartes et l'idée d'une cartographie des Mendelssohn était séduisante. Le papier des livres publiés chez Sabine Wespieser est remarquable, très agréable à feuilleter et à lire. Berlin enfin, tout près du Gendarmen Markt là ou vécurent les Mendelssohn au XVIII et XIX siècle.

    Je dois avouer que j'ignorais tout jusqu'ici de Moses Mendelssohn, né Moses Dessau, fils de Mendel Dessau, le Voltaire allemand, un Voltaire juif, grand-père de Felix Mendelssohn, le musicien que tout le monde connait.

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  • Spécialisation internationale

    Un petit pays d'environ 4 millions d'habitants, isolé, de création récente,  à mis une raclée en rugby à un vieux pays de 65 millions d'habitants.

    La Nouvelle Zélande est une parfaite illustration de ce que un petit pays a priori dépourvu d'atouts majeurs peut trouver sa place dans la spécialisation internationale et se hisser au niveau des meilleurs, certes pas dans tous les domaines  mais sur des créneaux précis.

    Et la Nouvelle Zélande le fait aussi en matière agricole, pour le lait, la viande, en particulier le mouton, qu'elle fait grandir dans ses vastes pâturages.

    In fine la Nouvelle Zélande est classée troisième par les Nations Unies pour l'Indice du Dévleoppement Humain (IDH).

    Chapeau Mesdames et Messieurs.

  • Enterrez vos morts

    9782330052393.jpgJ'ai acquis ce roman policier à la Librairie L'oie bleue à La Chaise Dieu, sans savoir que ce serait ma dernière acquisition dans cette boutique, très probablement, puisque Fabienne a décidé de cesser son activité cet automne. Mille regrets pour cette entreprise qui aura vécu onze ans, tout de même, Fabienne a beaucoup de talent. Elle réussira dans ces futures entreprises.

    Ce livre, je l'ai commandé après avoir lu une critique dans Les Echos. La couverture avec ce chien ne m'aurait pas incité à l'acheter et j'ignorai tout de Louise Penny.

    L'auteure, avec un e car c'est une québécoise mais anglophone est une célébrité Outre Atlantique. Elle a déclaré en septembre dans le New York Times que quand elle ne figurait pas dans La Liste des meilleures ventes elle se sentait coupable.

    De fait elle a connu un succès phénoménal en quelques années en publiant 11 ouvrages avec comme héros l'inspecteur chef Armand Gamache de la section des homicides de Québec. Enterrez vos morts est le sixième opus.

    C'est très bien écrit, il y'a plusieurs histoires entremêlées, au moins trois, et l'intrigue tourne autour de Samuel Champlain dont on ne sait pas grand chose, figure mythique du Quebec, et de la place des anglophones dans la société québécoise. Il y'a beaucoup de neige, de blizzard, de burle, des personnages très attachants, c'est très calme, il y a peu d'action et beaucoup de réflexion, l'ambiance est aux antipodes des flics des séries télévisées, c'est plutôt du style Agatha Christie, feutré. Sauf vers la fin, je vous laisse découvrir...

    Une très bonne lecture...

  • Mon 43/Renouveau

    Cette couverture est un faire part de décès. Renouveau, hebdomadaire fondé à la Libération par les milieux catholiques et sa déclinaison récente sur Internet avec le site Mon 43 cessent de diffuser aujourd'hui.

    Le modèle économique comme on dit n'est pas viable.

    C'est grand dommage, je n'étais pas lecteur de Renouveau mais je regardai Mon 43 chaque jour sur Internet pour avoir les petites nouvelles locales du canton de La Chaise-Dieu. De l'information décentralisée, rédigée par des correspondants à la fois journalistes et photographes, bénévoles qui tissaient un réseau de relations au delà de la Haute-Loire avec tous ceux qui y sont attachés.

    L'impression d'un journal et sa diffusion coûtent cher, on le conçoit, mais j'ai du mal à imaginer que le modèle de Mon 43 assis sur beaucoup de bénévolat et une petite poignée de professionnels ne puisse pas s'avérer rentable, si des radios associatives survivent depuis 1981 pourquoi pas des sites internet d'information locale.

    Ne désespérons pas l'initiative et l'esprit entrepreneurial finiront peut être par se manifester.