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Liban - Page 4

  • Soulagement et déchirement

    Samedi dernier, j'ai quitté le Liban. Mission de trois ans terminée. De nouveau la capitale française et les affaires nationales après 6 ans consacrés à l'Afrique puis au Liban.

    Partir, c'est souvent un soulagement et un déchirement.

    Soulagement de quitter un pays ou presque tout va mal. Une sorte de Titanic, on y danse, en attendant le prochain attentat, la prochaine guerre. Un siècle pour rien ont déjà écrit Ghassan Tueni, Jean Lacouture...mais l'avertissement n'est pas écouté. Les tensions entre chiites et sunnites sont croissantes, les chrétiens toujours divisés, chacun s'arme pour demain, Israël regarde le réarmement du Hezbollah et prévient que demain c'est tout le Liban qui sera responsable...Soulagement de quitter un Etat qui n'en est pas un, le poids des appartenances, des confessions, des familles l'emporte sur la construction d'un Etat de droit, sur la solidarité nationale...Le Hezbollah s'autoproclame résistance, malgré ou contre l'Etat, détient un droit de véto au sein du gouvernement et un droit de véto dans la rue du fait de ses armes qui disait il ne seraient jamais tournés contre d'autres libanais...La bataille électorale est engagée comme si elle devait régler demain les différends politiques d'aujourd'hui mais pourquoi puisque la minorité d'aujourd'hui impose le droit de véto, la minorité de demain le fera de même... A quoi bon se déchirer plutôt que de chercher des solutions sur les questions de fond...

    Déchirement parceque j'y laisse de nombreux amis, parce que les contacts sont faciles, la population accueillante, les gens attachants, l'esprit d'entreprise répandu, parce que la montagne est belle. Parce que c'est vrai le Liban est un message, le Liban est un miracle, et qu'on a envie qu'il le reste, et qu'on le sent menacé et qu'on voudrait l'aider à sortir de cette situation par le haut, collectivement plutôt que par l'émigration, le repli sur soi...Mais voilà, être expatrié c'est être dedans et dehors, c'est provisoire, il y a une fin...

    Alors, je reste fidèle aux libanaises et aux libanais, je crois aux forces de l'esprit je ne les oublie pas!

  • Bienheureux Jacques Haddad "Abouna Yaacoub"

    Ce dimanche 22 juin, Place des martyrs, le tout Beyrouth attend 100 000 personnes pour assister à la messe de béatification de Jacques Haddad. Né sous le nom de Khalil Haddad en 1875, il entre en 1893 dans l'ordre des frères mineurs des capucins sous le nonm de Frère Jacques de Ghazir.

    Souvent présenté comme le Saint Vincent de Paul Libanais, il est le fondateur de l'Ordre des franciscaines de la croix du Liban. Il meurt en 1954.

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    Jean-Paul II l'avait déjà déclaré vénérable en 1992, le voilà béatifié par la grâce de Benoit XVI qui le 30 mai dernier lui a reconnu la guérison miraculeuse d'une femme atteinte d'un cancer. Son culte va donc pouvoir être célébré localement avant un jour peut être de l'être mondialement s'il est canonisé comme le sont déjà au Liban, Saint Charbel Makhlouf (1828-1898), Sainte Rafqa (1832-1914) et Saint Nimatullah Kassab Al-Hardini (1808-1858).

    En tout cas la ferveur populaire lui attribue déjà un miracle, celui de l'élection du Président Sleimane et de la libération de la Place des martyrs des tentes dressées par l'opposition prosyrienne depuis novembre 2006.

    Malheureusement, le miracle aura été de courte durée! Depuis maintenant un mois, les libanais attendent la formation d'un gouvernement que leurs leaders, prisonniers de leurs ambitions, tardent à leur donner. Les chrétiens ne sont pas les derniers à se diviser sur les droits de chacun. Heureusement dès le lendemain de la béatification, le Président de la République fraichement élu a convoqué un sommet spirituel. Dialogue des religions à défaut de dialogue politique?

    La béatification d'Abouna Yaacoub ne boulevese pas tout le monde, une chrétienne orthodoxe saisie de la question m'a dit, Yaacoub? mais c'est pour les maronites! Chacun ses bienheureux. Dieu reconnaitra les siens! Et puis Dave Seaman lui dispute tout de même la vedette sur les affiches.

  • Le collectif libanais à l'oeuvre

    Un dimanche, une belle illustration du collectif libanais à l'oeuvre. Randonnée entre Ehmej et Laqlouq, level 5 (moyen), 700 m de dénivelés sur 10 km, tout en côte.

    Rendez-vous sur un parking à 7.30, on est ponctuel, l'animateur est là, les minibus aussi, mais pas tous les participants inscrits. Finalement à 8.00 on démarre. Juste un petit tour, le portable de Maroun a sonné. demi tour, on va récupérer un retardataire...

    Pas de problème sur l'autoroute vers Tripoli, on s'arrête une ou deux fois pour prendre des randonnneurs vers Jounieh, on file le plus souvent à cheval sur deux files...

    Sur la route d'Ehmej, brouillard, petite pluie, le bus fait deux embardées successives à la sortie d'un virage, il faudra regarder ses pneus au prochain arrêt. Le car ralentit au point qu'il cale dans la pente, petite marche arrière, un peu d'élan et ça repart. On arrive à Ehmej. Pour ne pas perdre de temps (sic), on a commandé par téléphone les manouchés, tout le monde descend, pause pipi, pause manouché, café, thé, tout le monde s'attable, un peu plus d'une demi-heure et au moment de partir, il manque toujours une au deux personnes qui aux toillettes, qui au téléphone...

    On arrive au point de départ. Samir et sa compagne Nada guident le groupe. On est 28. Level 5, C'est sérieux. On monte, on monte dans les rochers, une heure après, on a passé autant de temps à attendre qu'à marcher, un petit groupe de 3 jeunes, essouflés, pas préparés, là par hasard sans doute, retarde tout le groupe...Trouver un point avec "du réseau" pour appeler le bus et lui faire récupérer  les trois jeunes au bord d'une route, car la tête s'impatiente!. L'ascension se poursuit...la promenade est magnifique, nous on peine un peu au bout d'un moment surtout quand on voit nos deux guides sauter comme des cabris de rochers en rochers, ramasser des plantes pour la salade et les tisanes de la semaine...

    Une des plus belles promenades de l'année, en plein soleil, les nuages ne sont pas au dessus de 1500 m. On retrouve les bus et on rentre, enfin on croit rentrer, prendre une bonne douche. Mais arrêt au même bar que le matin, pause pipi, re manouchés, avec bière cette fois, presque trois quart d'heure et Mansour tout seul, attablé, qu'attendent tous les autres parce qu'il veut finir sa bière! Ca y est on part? Non, le tenancier du bar est dans le bus avec ses deux enfants: il offre un petit café à tout le monde après cette si belle journée pour sa caisse.

    Cette fois c'est définitivement parti, à part les embouteillages de Jounieh, on ne devrait plus s'arrêter! Et bien si, il y un marchand de carottes sur le bord de la route et dans le car, il y a une dame, une seule, qui veut acheter ses carottes à cet endroit! Et il y a déjà deux personnes qui attendent , donc on attend.

    Heureusement le chauffeur refusera de faire un tour du côté d'Hamra pour déposer quelqu'un qui aurait bien aimé que le bus la dépose en bas de son domicile...

    il est 19.00 une bien belle journée, j'ai oublié de vérifier les pneus du bus!

     

     

  • L'usage du français au Liban

    Le français est bien présent au Liban. Toute une partie de la population est en mesure de s'exprimer en français, la moitié dit-on. C'est sans doute surestimé. L'usage du français est sans doute corrélé à la démographie des chrétiens qui en sont les principaux locuteurs grâce à leurs écoles et leurs universités. Et la part des chétiens dans la population est très loin des 50 %, plus proche de 40 % et toujours en baisse à cause de la natalité et de l'immigration.

    Le français pourrait être mieux défendu au quotidien :Dommage par exemple qu'au centre commercial ABC d'Achrafieh, il faille suivre les panneaux Entrance et Exit pour accéder et sortir du Parc de stationnnement. Parions que dans les magasins TSC qui vont remplacer les Monoprix, l'usage du français aura disparu de la signalétique.

    En attendant, on constate que dans des coins a priori reculés comme Enfeh, petit village de pêcheurs au sud de Tripoli, le français est bien présent avec sa LIBRARIE-PAPETRIE. Le français se transforme, mais il vit. A chacun d'entre nous d'y contribuer.

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  • Le libanais et sa terre

    "Le libanais est attaché à sa terre." C'est ce que me rapportait récemment un interlocuteur. Mais on le dit de beaucoup de populations, rurales notamment.

    Au Liban, on peut mesurer cet attachement, le quantifier. En 2007, les membres de la diaspora libanaise, une population évaluée à quelques 10 millions de personnes réparties dans le monde entier, aurait envoyé à leurs familles quelques 6 milliards USD, les remittances ou transferts unilatéraux. Pas mal pour un pays dont le PIB est de 25 Mds USD environ.

    Certes le dollar baisse, mais tout de même, en faisant l'hypothèse qu'aucun habitant du Liban ne travaille, le Liban aurait déjà , sans rien faire, avec ces transferts, un revenu par tête de 1500 USD, soit le revenu moyen des 70 millions d'égyptiens. Trois fois rien, mais comme disait Raymond Devos, trois fois rien, c'est déjà quelque chose.

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    Ces chiffres en tête, on comprend mieux la présence fréquente de chaises sur les trottoirs....prendre le soleil du printemps, bavarder avec son voisin, en attendant le mandat de l'étranger...Pas si mal...Vive la famille!

  • Que la lumière soit!

    Chacun sait au Liban que l'électricité est un problème éternellement non résolu. La principale recommandation avant de louer un appartement est de vérifier qu'il y a bien un générateur privé (d'électricité) pour l'ascenseur. Monter à pied les 10 étages ou plus tous les jours parce que l'électricité d'EDL (Electricité du Liban) est coupée plusieurs heures par jour est en effet vite lassant.

    Non seulement le production est insuffisante mais en plus elle coûte cher aux contribuables. L'Etat verse annuellement environ 4 % du Pib à EDL, un peu plus d'un Md USD, un peu comme si en France l'Etat versait une subvention de 75 Mds EUR à EDF et qu'EDF fournisse du courant de temps à autre...ubuesque. Et peu économe en CO2 et en bruit quand on songe à la symphonie permanente des générateurs individuels qui fonctionnent au fuel. L'une des explications de cette situation est le taux de recouvrement ridiculement bas des factures...

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    La preuve du dysfonctionnement, c'est que l'éclairage public lui fonctionne dans la journée; en tous cas à la station de montagne des Cèdres, sans doute pour bien éclairer ces arbres légendaires et rares!

  • Port d'armes

    On le sait les armes circulent au Liban. Le Hezbollah, les tirs de joie après les discours de tel ou tel leader, tirs de joie qui tuent parfois, les rixes dans tel ou tel quartier, sont là pour en témoigner. Les rumeurs sur l'armement des milices, leur entrainement, enflent au fur et à mesure de la prolongation de l'impasse politique.

    On saisit l'importance du fléau quand on pénètre dans l'enceinte de l'Hotel Dieu de France, Centre hospitalier universitaire de Beyrouth. Une affiche anodine vous demande gentiment de remettre votre arme à l'agent de sécurité :

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    Pas de portique détecteur de métaux pour inciter les contrevenants potentiels à obtempérer. La confiance régne! Allez déposer votre arme gentiment et après votre check up reprenez la!

    De quoi vous rappeler qu'on est au Liban, sur un chaudron!

  • Loukoum et Wikipedia

    Wikipedia est souvent critiquée pour inexactitude, je l'ai prise en flagrant délit de manque d'exhaustivité!

    Voici en effet la définition que donne Wikipedia de la confiserie communément appelée Loukoum :

    Le loukoum (du turc lokum, le bonbon turc, lui même de l’arabe rahat-ul holkum, « repos de la gorge»;(Selon les arabes le sucre adoucit la voix) ou sa version grecque loukoumia est une sorte de confiserie turque, bulgare, chypriote, grecque, bosniaque, serbe, roumaine, algérienne, marocaine et albanaise. Connu sous l'appellation Turkish delight en anglais.

    Bien qu'il ne soit pas cité, et bien on trouve aussi des loukoums au Liban.

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    Ils sont fabriqués à Douma, petit village à 1000 m d'altitude au dessus de Byblos et Batroun, jumelé avec la préfecture des Alpes de Hte Provence, Digne les Bains, et les gens du coin les appellent des Rahat! du moins si j'ai bien compris. Retournez à l'étymologie précitée si vous l'avez oubliée.

    Ceci dit Wikipedia est tout de même formidable , ceux que cela intéresse y trouveront l'histoire du Loukoum et la recette suivante :

    Ingrédients

    4 tasses de sucre

    1. Tapisser un moule carré de 25 cm de côté avec du papier sulfurisé.
    2. Dans une casserole à fond épais, mélanger le sucre, 1 tasse 1/2 d'eau, et le jus de citron. Mélanger jusqu'à ce que le sucre se dissolve et que le mélange bout. Adoucir le feu, et laisser mijoter doucement jusqu'à ce que le mélange atteigne le petit boulé (115 °C sur un thermomètre à sucre). Retirer du feu.
    3. Dans une deuxième casserole, mélanger 1 tasse d'amidon de mais (Maïzena) et la crème de tartre. En mélangeant sans arrêt au fouet, sur feux moyen-doux, ajouter petit à petit 3 tasses d'eau. Ne pas laisser l'amidon prendre trop avant d'ajouter l'eau. Idéalement, on devrait rajouter l'eau juste avant que le mélange ne prenne. Vous devez obtenir une pâte épaisse, légèrement translucide et collante.
    4. Ajouter lentement le sirop chaud dans le mélange d'amidon, sans arrêter de mélanger. Faire mijoter à feu doux une heure environ, en remuant souvent pour empêcher de coller, jusqu'à obtention d'une couleur dorée (plus pâle que du miel).
    5. Ajouter l'eau de rose et, éventuellement, le colorant alimentaire, puis les noix. Verser dans le moule, et laisser refroidir une nuit à température ambiante sans couvrir.
    6. Mélanger le sucre glace et 1/4 de tasse de Maïzena, et étaler cette poudre au pinceau. Démouler, et étaler le mélange sur l'envers, puis découper en morceaux de 2 cm de côté avec un bon couteau légèrement huilé, et rouler les loukoums dans le mélange sucre glace/Maïzena.
    7. Ranger dans une boîte hermétique, en séparant chaque couche avec du papier paraffiné (sulfurisé) saupoudré du mélange sucre/maïzéna.

    Les loukoums se conservent à température ambiante dans un récipient hermétique.

  • Les sirènes d'Enfeh au Liban

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    Enfeh est un petit village chrétien situé quelques km au sud de Tripoli (trois cités) au Liban. Depuis l'antiquité le village est spécialisé dans les salines. On y trouve encore des salines creusées à la main dans la roche. Depuis des siècles, les habitants vivent avec la mer. Depuis des siècles aussi, il rêvent sans doute de sirènes...

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  • "Le Monde" à Beyrouth

    Au cours de la semaine dernière, le prix du Monde est passé de 3500 à 4000 livres libanaises (LL) soit une augmentation de 14,3 %. A titre de comparaison, l'Orient le jour qui relate assez bien l'actualité parisienne et internationale se vend 2000 LL. La livre libanaise est indexée sur le cours du dollar américain à raison de 1507 livres pour un dollar et il faut en ce moment 1.55 dollars pour un euro. Cela fait Le Monde à 1.71 Euros. L'employé chargé de tamponner les journaux avec le prix du journal s'est manifestement trompé et a utilisé l'ancien tampon d'ou le coup de feutre sur tous les exemplaires déjà tamponnés...c'est le Liban! Est-ce le Monde, la compagnie aérienne ou le distributeur local qui est à l'origine de l'augmentation? il n'y aura jamais d'explication. Combien d'exemplaires du Monde vendus à Beyrouth, peu sans doute. rappelons qu'il y a quelques mois l'édition du Monde Proche- Orient a été supprimée pour cause de rentabilité! Une goutte d'eau sans doute dans l'océan des pertes du Groupe!

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    La baisse de la valeur du dollar se répercute sur tous les produits en provenance de la zone euro, Cela se voit sur les prix aux Monoprix ou au Géant Casino par exemple. Il y a quelques mois, Le Monde se vendait encore 3000 Livres. L'hebdomadaire The economist lui n'a pas changé son prix, 9000 livres depuis plusieurs mois, il y a presque autant à lire et c'est bien moins superficiel mais il y manque la proximité avec la France...