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Liban - Page 2

  • Boussole

    Ce n'est pas un livre facile autant le dire tout de suite. Mais c'est un livre passionnant, il suffit de se laisser emporter par la verve de l'auteur.

    Franz Ritter le narrateur est un musicologue autrichien , malade, dépressif. Insomniaque surtout et le roman décrit le fil de ses pensées au cours d'une nuit. Sarah revient souvent dans ces pensées, de façon obsessionnelle, un amour impossible, inaccompli, elle est elle-même universitaire, française, spécialiste de l'orient et de de ses grands voyageurs. 

    Mathias Enard qui a passé plusieurs années de sa vie au Proche et au moyen Orient, au Liban, en Syrie, en Iran en Turquie fait assaut d'érudition musicale et littéraire sur tout ce qui a façonné au cours des siècles la relation entre Orient et Occident.

    Sa boussole comme celle de Beethoven n'indique pas le Nord mais l'Est, vers Jérusalem et La Mecque, les religions du livre.

    Ce livre est aussi un hommage à la Syrie, un pays d'une grande richesse culturelle qui n'est pas qu'un pays de jihadistes.

    L'objet de ce livre est aussi de nous rappeler tout ce que l'Occident doit à l'Orient et ce que l'Orient doit à l'Occident. Les ponts entre ces deux régions voisines ont été permanents et sont appelés à survivre au désastre qui affecte aujourd'hui cette région.

    C'est ce que nous rappelle Enard, l'Islam a été une culture foisonnante, une vision du monde, une philosophie, très éloignée de la caricature qu'en ont aujourd'hui nos contemporains, cet islam là sans voile et sans violence doit redevenir visible. Mathias Enard y contribue avec talent.

    C'est pas mal de lire ce livre avec un smartphone à portée de main pour prendre le temps d'écouter sur youtube les interprétations citées.

  • Palmyre

    Hier, journée d'hommage aux victimes des attentats de Paris, j'ai lu Palmyre de Paul Veyne dans le train entre Lille et Bordeaux.

    Paul Veyne est admirable,  à 93 ans, il a écrit en quelques jours un ouvrage magnifique, à la portée de tous qui nous explique bien la singularité de Palmyre, son histoire, son architecture, sa place dans l'empire romain, son côté tribal, l'épopée de Zenobie.

    Magnifiques illustrations.

    Que de regrets! En poste au Liban de 2005 à 2008, je ne suis jamais allé à Palmyre, c'était déjà réputé dangereux, non pas à cause des jihadistes, mais à cause des sbires de Bachar el Assad, qui déjà enlevaient, emprisonnaient, assassinaient...

    Excès de prudence, j'aurai du y aller. Aujourd'hui, il est trop tard, il nous reste les photos du livre de Paul Veyne, ses explications lumineuses, notre imagination...

  • Le périble de Baldassare

    maalouf-T.jpgAvec ce livre, on passe d'agréables moments dans l'Europe du XVII° siècle. Baldassare Embriaco est un descendant de génois, donc chrétien,  qui a fait souche à l'occasion des croisades à Gibelet, plus connu aujourd'hui sous le nom de Byblos, au Liban, mais aussi de Jbeil en arabe, d'ou Gibelet.

    Il a un beau métier, libraire, vendeur de curiosités, et un jour il voit passer un livre mythique celui qui dévoile le centième nom du prophète et annonce la fin du monde pour l'an 1666. Mais ce livre, il le laisse échapper, par rationalisme, pour le regretter aussitôt , on ne sait jamais.

    Et il part à la poursuite de celui qui l'a emmené d'oû le périple, via Tripoli, Alep, Alexandrette, Consantinople, Smyrne (Izmir), Gênes, Minorque, Tanger, Londres, Calais, Paris, Lyon, Avignon, Nice...

    Le pretexte pour de nombreuses aventures et rencontres, des pirates, des enlèvements, des sectes, des intellectuels, des juifs, des musumans, des chrétiens, des amitiés, l'amour. C'est assez bien mené par Amin Maalouf, désormais académicien et auteur d'un mémorable "les croisades vues par les arabes".

  • Attentat

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    Une photo d'attentat comme une autre.

    C'est à Beyrouth, en plein centre ville. Mais dans la voiture, parmi les victimes, il y a Mohamed Chatah et  cet homme je l'ai connu au Liban vers la fin de mon séjour, il revenait de Washington, où il avait représenté son pays, après avoir travaillé au FMI. Il était conseiller pour les affaires économiques du Premier Ministre, puis ministre des finances. Un homme ouvert, curieux, aimable, attentif, intelligent, engagé au service de son pays.

    Un libanais comme on les aime, dont on ne se demande pas s'il est sunnite, chrétien ou chiite, un citoyen d'abord. Il en est mort. Assassiné paa haine.

    Les journaux ont publié de lui des photos officielles dans ses habits de technocrate, ce qu'il était, mais je retiens cette photo d'un homme en vacances, détendu, l'image du Liban qu'on aimerait voir plus souvent plutôt que celui de la guerre, des attentats, des réfugiés, du communautarisme, des intégrismes.

     

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  • Amin Maalouf

    Amin Maalouf a été officiellement reçu à l'Académie française. Le discours de réception de Jean-Christophe Rufin est remarquable et sera apprécié par tous ceux qui portent le Liban dans leur coeur:

    http://www.academie-francaise.fr/immortels/discours_reponses/rufin.html

     

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  • Ghassan Tueni

    Je reproduis ici un des articles parus dans l'Orient Le Jour à l'occasion de la disparition de Ghassan Tueni, journaliste, diplomate, ancien ministre Libanais, un sage, un trésor de l'humanité, ami notamment de Jean Lacouture, avec lequel il avait écrit "un siècle pour rien".

    Le convoi funèbre de Ghassan Tuéni est passé samedi par les trois hauts lieux de sa passion journalistique, de sa foi chrétienne et de sa douleur d’homme. À la troisième de ces stations, il s’est arrêté pour toujours. La dépouille mortelle du grand journaliste a été enterrée samedi au cimetière Mar Mitr, au terme d’obsèques hautement symboliques au cours desquelles sa grande famille lui a fait visiter l’entrée du Nahar, la cathédrale Saint-Georges, place de l’Étoile, et le cimetière Mar Mitr, qui abrita pour lui, de son vivant, ses deux fils décédés tragiquement.
    Les obsèques de celui qui fut d’abord un très grand journaliste – et qui s’engagea ensuite comme diplomate et ministre au service de son pays – ont soulevé l’émotion de tous les Libanais épris de justice, de vérité et de liberté.

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    Pour défendre ses idéaux, Ghassan Tuéni endura tout : l’adversité, la peur, la prison, la guerre, les contradictions de la vie politique, la maladie, le deuil, la violence et la terreur qui faucha, en pleine force de l’âge, son fils Gebran. Il reçut en retour la présence d’une femme à ses côtés dans le grand âge, Chadia, la grâce de pardonner aux assassins de son fils, l’admiration de toute une génération de journalistes qui le prenaient pour modèle, sans compter la grande famille humaine du quotidien qu’il a fondé et l’engagement – renouvelé dans une cathédrale – de deux petites-filles intrépides prenant chacune à sa manière la relève de son combat.
    C’est sans doute les paroles du métropolite grec-orthodoxe du Mont-Liban, Georges Khodr, qui ont le mieux rendu compte de ce qu’il y avait de complexe, d’éclectique, d’unique dans la personnalité de Ghassan Tuéni forgée aux confluents de l’esprit grec, occidental, levantin et arabe, un héritage qu’il portait « avec fierté et austérité ».
    Le métropolite du Mont-Liban devait également relever l’étonnante capacité de Ghassan Tuéni à « s’opposer sans haïr ».

    « Un cœur de maître »
    « Tu n’as pas été ébloui par la futilité de ce monde, a dit le métropolite, mais tu as accueilli avec avidité les valeurs qui se répandaient sur toi. Ton cœur était celui d’un maître, et c’est la raison pour laquelle je t’ai dit un jour que tu n’étais pas un homme politique, mais un philosophe de l’action politique dont la sagesse pouvait inspirer les hommes sincères qui apprenaient ainsi à s’opposer sans haïr. »
    Le métropolite a rendu en outre hommage à un homme libre qui détestait les régimes militaires, dans la conviction que la liberté triomphe toujours de la répression, et à un homme dont la foi en la Résurrection n’a pas ployé sous les épreuves crucifiantes de la mort.
    « Tu es plus grand qu’on ne peut le dire », avait affirmé, avant que le métropolite Khodr prenne la parole, le patriarche Hazim, condisciple de Ghassan Tuéni à l’AUB, aux yeux duquel le journaliste disparu était « un camarade impressionnant de serviabilité et un modèle ».
    Déposant au nom du président de la République l’étoile dorée du grand cordon de l’ordre du Cèdre sur le cercueil, le Premier ministre Nagib Mikati a dit « sa tristesse » de rendre hommage à un homme « en constant mouvement » qui a excellé dans tous les domaines qu’il a abordés, que ce soit comme journaliste, diplomate, penseur ou ministre, et qui a infatigablement défendu « la liberté d’expression et le pardon, le dialogue et l’acceptation de l’autre ».

    « Un Sisyphe arabe »
    Comparant son grand-père à un Sisyphe « libanais, palestinien, syrien, et somme toute arabe », la petite-fille de Ghassan Tuéni, Nayla Tuéni-Maktabi, PDG du quotidien an-Nahar, devait prendre ensuite le serment « devant le Père et la communauté impressionnante de fidèles » présente dans la cathédrale de poursuivre le combat pour les idéaux défendus par son grand-père : ceux de faire prospérer le Nahar et « de défendre le Liban démocratique, républicain, civil, pluraliste, souverain, libre et indépendant, la civilisation arabe, la modernité et la liberté ».
    Le président de l’ordre de la presse, Mohammad Baalbacki, un compagnon de route et un ami du grand disparu, a lui aussi rendu hommage aux multiples facettes de la personnalité de Ghassan Tuéni, « qui cumulait les qualités de journaliste à celle d’homme politique, de penseur et d’intellectuel et de militant ». « Il était tout cela la fois, a dit M. Baalbacki, inséparablement journaliste, homme politique, diplomate, intellectuel et militant, dans une synthèse unique qui lui vaut probablement cette gloire, lui le jeune homme venu de Harvard vers les tribulations et les fatigues inhérentes au métier de journaliste auquel, en homme entier, il s’est donné entièrement. »
    C’est avec un mélange de douleur et de dignité que les condoléances d’une foule innombrable de parents, d’amis et de personnalités de tous horizons ont été prises, après les obsèques. Le cérémonial s’est poursuivi hier, en l’église Saint-Nicolas, et se conclura aujourd’hui.

  • Bachar

    L'orient le jour de ce jour :

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  • Le Cygne Noir

    cygne noir,nassim nicholas taieb,incertitudeAvant la découverte de l'Australie, l'Ancien monde était convaincu que tous les cygnes sans exceptions étaient blancs...la preuve?  Personne depuis des centaines, des milliers d'années n'en avait vu de noirs...

    Avant Fukushima, personne n'avait imaginé qu'un centrale nucléaire puisse être victime d'un tremblement de terre puis d'un Tsunami avec une vague de plus de dix mètres. Fukushima est un Cygne Noir, cest à dire une aberration, à l'impact fort, qu'on aurait pu prévoir mais qu'on n' a pas prévu.

    Des Cygnes Noirs, il y en a partout et ils sont de plus en plus fréquents. La découverte de l'Amérique, la révolution française, le laser, Internet, le 11 septembre, le printemps arabe sont des Cygnes Noirs. réflechissez, vous allez en trouver bien d'autres.

    Qui a prévu ou même esquissé l'idée en 1913 de la révolution bolchévique, de la montée du nazisme? Qui a imaginé dans les années d'après guerre la montée de l'islamisme. Lorsque j'étais étudiant au début des années 1970, le pays cité comme modèle pour la sortie du sous développement était la Côte d'Ivoire, pas le Bostwana ou l'Ile Maurice.

    A partir de ce constat simple, mais que l'on oublie trop rapidement pour s'en remettre à nos habitudes de pensée, aux dires des experts, Nassim Nicholas Taleb, trader américano-libanais devenu philosophe nous promène sur les chemins de l'incertitude et nous conseille sur les différentes façons d'en tirer le meilleur parti : s'intéresser au hasard, respecter ceux qui disent avec courage : je ne sais pas, préférer avoir grosso modo raison que tort avec précision, faire preuve le plus souvent de scepticisme mais s'engager à fond pour profiter d'un Cygne Noir positif (une opportunité exceptionnelle qui peut faire perdre un peu mais rapporter beaucoup).

    Il y a dans cet ouvrage des chapitres techniques sur les probabilités et les fractales mais on peut allègrement sauter sur le conseil de l'auteur ces différents passages et profiter d'une érudition et d'un ton rares.

  • Incendies : le film

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    J'avais vu la pièce du libano-canadien Wajdi Mouawad (cf. Chronique du 29 octobre 2008), puis lu la pièce et naturellement je suis allé voir le film. Je ne peux pas décrire l'impression que peut donner le film lorsqu'on a pas vu la pièce, pas lu le texte magnifique de Wajdi Mouawad.

    Mais en recherchant ma chronique, je ne me rappellais pas qu'elle était si ancienne, plus de deux ans déjà alors que tous les élements de la pièce étaient encore bien présents dans ma tête et me revenaient en mémoire au fur et et à mesure du déroulement du film.

    C'est dire si le texte de Mouawad est fort. Je ne me souvenais pas en revanche, que l'action ne se plaçait pas explicitement au Liban mais dans un pays arabe indéterminé. Le film est d'ailleurs tourné en Jordanie. On ne vopis jamais la mer... Sera-t'il projeté au Liban?.

    Au moment où le Liban fait de nouveau un pas vers l'affrontement avec la chute de son gouvernement d'union nationale, il est plus que jamais nécessaire d'aller voir Incendies de Denis Villeneuve pour comprendre l'âme humaine, ses sentiments, la quête des origines, la capacité qu'a l'homme de détruire et de pardonner.

  • Orange

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    Ce supporteur libanais de l'équipe du Brésil doit faire grise mine ce matin. Il lui reste à habiller son coupé d'Orange mais c'est la couleur associé au Général Aoun. Ira t'il jusque là?