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Liban - Page 2

  • Attentat

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    Une photo d'attentat comme une autre.

    C'est à Beyrouth, en plein centre ville. Mais dans la voiture, parmi les victimes, il y a Mohamed Chatah et  cet homme je l'ai connu au Liban vers la fin de mon séjour, il revenait de Washington, où il avait représenté son pays, après avoir travaillé au FMI. Il était conseiller pour les affaires économiques du Premier Ministre, puis ministre des finances. Un homme ouvert, curieux, aimable, attentif, intelligent, engagé au service de son pays.

    Un libanais comme on les aime, dont on ne se demande pas s'il est sunnite, chrétien ou chiite, un citoyen d'abord. Il en est mort. Assassiné paa haine.

    Les journaux ont publié de lui des photos officielles dans ses habits de technocrate, ce qu'il était, mais je retiens cette photo d'un homme en vacances, détendu, l'image du Liban qu'on aimerait voir plus souvent plutôt que celui de la guerre, des attentats, des réfugiés, du communautarisme, des intégrismes.

     

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  • Amin Maalouf

    Amin Maalouf a été officiellement reçu à l'Académie française. Le discours de réception de Jean-Christophe Rufin est remarquable et sera apprécié par tous ceux qui portent le Liban dans leur coeur:

    http://www.academie-francaise.fr/immortels/discours_reponses/rufin.html

     

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  • Ghassan Tueni

    Je reproduis ici un des articles parus dans l'Orient Le Jour à l'occasion de la disparition de Ghassan Tueni, journaliste, diplomate, ancien ministre Libanais, un sage, un trésor de l'humanité, ami notamment de Jean Lacouture, avec lequel il avait écrit "un siècle pour rien".

    Le convoi funèbre de Ghassan Tuéni est passé samedi par les trois hauts lieux de sa passion journalistique, de sa foi chrétienne et de sa douleur d’homme. À la troisième de ces stations, il s’est arrêté pour toujours. La dépouille mortelle du grand journaliste a été enterrée samedi au cimetière Mar Mitr, au terme d’obsèques hautement symboliques au cours desquelles sa grande famille lui a fait visiter l’entrée du Nahar, la cathédrale Saint-Georges, place de l’Étoile, et le cimetière Mar Mitr, qui abrita pour lui, de son vivant, ses deux fils décédés tragiquement.
    Les obsèques de celui qui fut d’abord un très grand journaliste – et qui s’engagea ensuite comme diplomate et ministre au service de son pays – ont soulevé l’émotion de tous les Libanais épris de justice, de vérité et de liberté.

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    Pour défendre ses idéaux, Ghassan Tuéni endura tout : l’adversité, la peur, la prison, la guerre, les contradictions de la vie politique, la maladie, le deuil, la violence et la terreur qui faucha, en pleine force de l’âge, son fils Gebran. Il reçut en retour la présence d’une femme à ses côtés dans le grand âge, Chadia, la grâce de pardonner aux assassins de son fils, l’admiration de toute une génération de journalistes qui le prenaient pour modèle, sans compter la grande famille humaine du quotidien qu’il a fondé et l’engagement – renouvelé dans une cathédrale – de deux petites-filles intrépides prenant chacune à sa manière la relève de son combat.
    C’est sans doute les paroles du métropolite grec-orthodoxe du Mont-Liban, Georges Khodr, qui ont le mieux rendu compte de ce qu’il y avait de complexe, d’éclectique, d’unique dans la personnalité de Ghassan Tuéni forgée aux confluents de l’esprit grec, occidental, levantin et arabe, un héritage qu’il portait « avec fierté et austérité ».
    Le métropolite du Mont-Liban devait également relever l’étonnante capacité de Ghassan Tuéni à « s’opposer sans haïr ».

    « Un cœur de maître »
    « Tu n’as pas été ébloui par la futilité de ce monde, a dit le métropolite, mais tu as accueilli avec avidité les valeurs qui se répandaient sur toi. Ton cœur était celui d’un maître, et c’est la raison pour laquelle je t’ai dit un jour que tu n’étais pas un homme politique, mais un philosophe de l’action politique dont la sagesse pouvait inspirer les hommes sincères qui apprenaient ainsi à s’opposer sans haïr. »
    Le métropolite a rendu en outre hommage à un homme libre qui détestait les régimes militaires, dans la conviction que la liberté triomphe toujours de la répression, et à un homme dont la foi en la Résurrection n’a pas ployé sous les épreuves crucifiantes de la mort.
    « Tu es plus grand qu’on ne peut le dire », avait affirmé, avant que le métropolite Khodr prenne la parole, le patriarche Hazim, condisciple de Ghassan Tuéni à l’AUB, aux yeux duquel le journaliste disparu était « un camarade impressionnant de serviabilité et un modèle ».
    Déposant au nom du président de la République l’étoile dorée du grand cordon de l’ordre du Cèdre sur le cercueil, le Premier ministre Nagib Mikati a dit « sa tristesse » de rendre hommage à un homme « en constant mouvement » qui a excellé dans tous les domaines qu’il a abordés, que ce soit comme journaliste, diplomate, penseur ou ministre, et qui a infatigablement défendu « la liberté d’expression et le pardon, le dialogue et l’acceptation de l’autre ».

    « Un Sisyphe arabe »
    Comparant son grand-père à un Sisyphe « libanais, palestinien, syrien, et somme toute arabe », la petite-fille de Ghassan Tuéni, Nayla Tuéni-Maktabi, PDG du quotidien an-Nahar, devait prendre ensuite le serment « devant le Père et la communauté impressionnante de fidèles » présente dans la cathédrale de poursuivre le combat pour les idéaux défendus par son grand-père : ceux de faire prospérer le Nahar et « de défendre le Liban démocratique, républicain, civil, pluraliste, souverain, libre et indépendant, la civilisation arabe, la modernité et la liberté ».
    Le président de l’ordre de la presse, Mohammad Baalbacki, un compagnon de route et un ami du grand disparu, a lui aussi rendu hommage aux multiples facettes de la personnalité de Ghassan Tuéni, « qui cumulait les qualités de journaliste à celle d’homme politique, de penseur et d’intellectuel et de militant ». « Il était tout cela la fois, a dit M. Baalbacki, inséparablement journaliste, homme politique, diplomate, intellectuel et militant, dans une synthèse unique qui lui vaut probablement cette gloire, lui le jeune homme venu de Harvard vers les tribulations et les fatigues inhérentes au métier de journaliste auquel, en homme entier, il s’est donné entièrement. »
    C’est avec un mélange de douleur et de dignité que les condoléances d’une foule innombrable de parents, d’amis et de personnalités de tous horizons ont été prises, après les obsèques. Le cérémonial s’est poursuivi hier, en l’église Saint-Nicolas, et se conclura aujourd’hui.

  • Bachar

    L'orient le jour de ce jour :

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  • Le Cygne Noir

    cygne noir,nassim nicholas taieb,incertitudeAvant la découverte de l'Australie, l'Ancien monde était convaincu que tous les cygnes sans exceptions étaient blancs...la preuve?  Personne depuis des centaines, des milliers d'années n'en avait vu de noirs...

    Avant Fukushima, personne n'avait imaginé qu'un centrale nucléaire puisse être victime d'un tremblement de terre puis d'un Tsunami avec une vague de plus de dix mètres. Fukushima est un Cygne Noir, cest à dire une aberration, à l'impact fort, qu'on aurait pu prévoir mais qu'on n' a pas prévu.

    Des Cygnes Noirs, il y en a partout et ils sont de plus en plus fréquents. La découverte de l'Amérique, la révolution française, le laser, Internet, le 11 septembre, le printemps arabe sont des Cygnes Noirs. réflechissez, vous allez en trouver bien d'autres.

    Qui a prévu ou même esquissé l'idée en 1913 de la révolution bolchévique, de la montée du nazisme? Qui a imaginé dans les années d'après guerre la montée de l'islamisme. Lorsque j'étais étudiant au début des années 1970, le pays cité comme modèle pour la sortie du sous développement était la Côte d'Ivoire, pas le Bostwana ou l'Ile Maurice.

    A partir de ce constat simple, mais que l'on oublie trop rapidement pour s'en remettre à nos habitudes de pensée, aux dires des experts, Nassim Nicholas Taleb, trader américano-libanais devenu philosophe nous promène sur les chemins de l'incertitude et nous conseille sur les différentes façons d'en tirer le meilleur parti : s'intéresser au hasard, respecter ceux qui disent avec courage : je ne sais pas, préférer avoir grosso modo raison que tort avec précision, faire preuve le plus souvent de scepticisme mais s'engager à fond pour profiter d'un Cygne Noir positif (une opportunité exceptionnelle qui peut faire perdre un peu mais rapporter beaucoup).

    Il y a dans cet ouvrage des chapitres techniques sur les probabilités et les fractales mais on peut allègrement sauter sur le conseil de l'auteur ces différents passages et profiter d'une érudition et d'un ton rares.

  • Incendies : le film

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    J'avais vu la pièce du libano-canadien Wajdi Mouawad (cf. Chronique du 29 octobre 2008), puis lu la pièce et naturellement je suis allé voir le film. Je ne peux pas décrire l'impression que peut donner le film lorsqu'on a pas vu la pièce, pas lu le texte magnifique de Wajdi Mouawad.

    Mais en recherchant ma chronique, je ne me rappellais pas qu'elle était si ancienne, plus de deux ans déjà alors que tous les élements de la pièce étaient encore bien présents dans ma tête et me revenaient en mémoire au fur et et à mesure du déroulement du film.

    C'est dire si le texte de Mouawad est fort. Je ne me souvenais pas en revanche, que l'action ne se plaçait pas explicitement au Liban mais dans un pays arabe indéterminé. Le film est d'ailleurs tourné en Jordanie. On ne vopis jamais la mer... Sera-t'il projeté au Liban?.

    Au moment où le Liban fait de nouveau un pas vers l'affrontement avec la chute de son gouvernement d'union nationale, il est plus que jamais nécessaire d'aller voir Incendies de Denis Villeneuve pour comprendre l'âme humaine, ses sentiments, la quête des origines, la capacité qu'a l'homme de détruire et de pardonner.

  • Orange

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    Ce supporteur libanais de l'équipe du Brésil doit faire grise mine ce matin. Il lui reste à habiller son coupé d'Orange mais c'est la couleur associé au Général Aoun. Ira t'il jusque là? 

  • L'olivier

    Ils sont rares les oliviers sur les trottoirs de Beyrouth. Les arbres les plus répandus en bordure de voie sont le laurier rose, le ficus, l'acacias, le jacaranda,  le pin, le palmier dattier sur la corniche... Les cèdres, ceux qui restent, sont dans la montagne

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    Cet olivier, dans la rue qui descend de la place Sassine à l'Université saint Joseph, a été planté il y a un peu moins de cinq ans.

    Il perpétue la mémoire de Samir Kassir, historien et journaliste, français et libanais, études d'histoire et de philosophie à la Sorbonne, éditorialiste à An Nahar, fondateur de la version arabe du Monde diplomatique, assassiné à cet emplacement le 2 juin 2005 dans un attentat à la voiture piégée.

    Il n'est jamais trop tard pour lire son Histoire de Beyrouth et surtout son dernier livre, toujours actuel : Considérations sur le malheur arabe.

  • Vacarme

    Tôt le matin, on entend l'appel du muezzin et les cloches au son aigrelet des églises chrétiennes, à moins que ce ne soient les camions de Suckleen qui réveillent le visiteur, ils vident les grandes bennes à ordure, en tôle verte, puis on entend les premiers klaxons, les premières sirènes hurlantes des FSI, Beyrouth s'éveille. Un peu plus tard les chantiers se mettent en route. Ici les ouvriers, syriens la plupart, démolissent une vieille demeure de style ottoman, là, on creuse des trous profonds pour abriter les parkings souterrains, plus loin, on construit des tours toutes sur un modèle quasi identique, 10 à 30 étages, des appartements de 300 à 500 mètres carrés pour des arabes du Golfe ou des émigrés libanais, enrichis qui en Afrique qui au Moyen-Orient, qui aux Amériques... Les pelleteuses, les marteaux piqueurs, les bulldozers, les camions remplis de gravats s'en donnent à coeur joie. Impossible d'y échapper, il y a un chantier dans chaque pâté de maison, Beyrouth, le vieux Beyrouth, du moins ce qu'il en reste, disparait.

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    C'est l'été ou presque, il fait déjà très chaud, ouvrir les fenêtres, c'est s'exposer à la poussière des chantiers, omniprésente, et au bruit, alors va pour la clim, mais il y a les coupures d'électricité, annoncées désormais sur Internet par EDL, l'EDF locale, les générateurs privés d'électricité de quartier tournent à plein régime, ils fonctionnent au fuel, d'où, avec la circulation automobile, le nuage de pollution qui domine la ville en permance et qu'on découvre lorsqu'on descend de la montagne.

    La circulation est toujours infernale, il y a plus de feux rouges et même, quelle audace, des signaux lumineux pour les piétons mais traverser la rue Charles Malek à pied relève de l'aventure périlleuse, tant l'automobiliste libanais est impatient d'arriver, désireux de montrer qu'il va vite avec son 4x4. Et il faut aussi compter avec les scooters qui filent à toute allure dans tous les sens et les livreurs de pizzas payés à la course qui risquent leur vie à tout instant au point qu'on les appelle parfois les livreurs de greffons...

    Le soir, rien ne se calme, c'est le Mondial de foot-ball et donc, à chaque but, s'élèvent des clameurs, en fin de match, des feux d'artifice, quand ce ne sont pas dans certains quartiers des tirs de Kalachnikov en l'air. Heureusement les pays de la région ne sont pas de la partie.

    De ce point de vue l'équipe de France a jusqu'ici contribué au calme, qu'elle en soit remerciée!

  • Savoir vivre

    savoir vivre.jpgCet hiver, Hedi Kaddour a publié deux livres en même temps, les pierres qui montent, journal d'un lecteur, d'un cinéphile, sorte de guide de lecture et d'écriture (cf. chronique du 5 mars 2010 ) et ce roman, Savoir vivre, que l'on lit forcément avec en tête ce que l'on a retenu du journal.

    Hédi Kaddour situe l'action de son roman dans le Londres des années d'après la première guerre mondiale sur fond de montée du fascisme, mais un fascisme british. Kaddour nous promène un petit peu sans que l'on sache très bien ou l'on va. On rencontre successivement, Lena, une cantatrice américaine, Max, un journaliste français, son ancien amant, Thibaut, un jeune joueur de piano, le colonel de réserve Strether, aujourd'hui maitre d'hôtel, Gladys, une veuve de guerre éplorée...

    La promenade est fort agréable car l'écriture est travaillée, ciselée, on de demande comment tout cela va bien pouvoir finir et Hedi Kaddour nous réserve une fin vertigineuse ou tout s'articule enfin. Tout était là, déjà, une très belle construction.

    Un petit mot pour finir pour saluer la mémoire de Denis Guedj, professeur d'histoire des sciences et d'épistémologie à Paris VIII, l'auteur du Théorême du Perroquet (cf. chronique du 1er juillet 2009), ou l'histoire endiablée des mathématiques expliquée aux adolescents... et aux adultes. Il vient de disparaître.