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Liban - Page 5

  • Comparaison n'est pas raison

    Ce midi, dans un moment d'égarement, un peu après l'attentat qui a tué quatre personnes à Beyrouth et en a blessé de nombreuses autres, je me suis surpris à me demander si je préférai l'ambiance des attentats ou celle de la guerre de l'été 2006!

    Dans le premier cas, surtout au Liban où les attentats ne sont jamais revendiqués, l'ennemi est inconnu, invisible, il est impossible de riposter, de se défendre, et, depuis 2004, la série croissante des actes de terrorrisme montre que la prévention est peu efficace sauf à l'égard d'éventuels amateurs...Il faut subir, puis retourner vaquer à ses affaires, le seul moyen de résister.

    La guerre, elle, est plus meurtrière, aveugle elle aussi, mais l'ennemi est identifié, connu, il est posible de tenter d'agir, de répliquer...

    Vaste débat mais inutile, les gens ordinaires n'ont pas le choix de la situation! 

    Take care!

  • Liberté toujours

    LIBERTE TOUJOURS, c'est le slogan de la campagne publicitaire des gauloises au Liban.

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    La publicité pour le tabac n'est pas interdite au Liban et chacun se félicite ouvertement de pouvoir fumer comme il l'entend au restaurant.

    Liberté pour les convives de la table voisine de fumer de gros cigares toute la soirée sans s'inquiéter de l'avis des voisins.

    Et la liberté ne s'arrête pas là

    Liberté d'emprunter les sens interdits en voiture ou de doubler en troisième ou quatrième file sous l'oeil débonnaire de la police

    Liberté de porter des armes

    Liberté de ne pas payer l'électricité et l'eau,

    Liberté pour les  supporters du Hezbollah de crier Mort à Israël et aux Etats-Unis,

    Liberté pour les Palestiniens d'interdire l'accès de leurs camps à la police et à l'armée libanaise et liberté pour les libanais de dénier aux palestiniens quelque droit à l'implantation

    Liberté de repousser sans fin l'élection du Président de la République...

    Bref, depuis plusieurs années, Freedom House range le Liban dans la catégorie "partiellement Libre" http://www.freedomhouse.org/template.cfm?page=363&year=2007&country=7213. Ce qui fait du Liban un des pays arabes les plus libres avec le Maroc, le Yemen, le Koweit et Bahreïn. Selon cet indicateur, le Liban n'est plus qualifié de " libre" depuis 1975 et il a été qualifié de "non libre" pendant presque toute la période de l'occupation syrienne.

    Allez, encore une bouffée de cigare! Cela permettra d'oublier le reste, notamment le nouveau report, au 11 février cette fois, de l'élection présidentielle. A ce train,  le Liban risque bien d'être classé "non libre" pour 2008.

  • Nuages et crocus

    En ce début d'année 2008 les nuages s'accumulent.
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    Benazir Bhutto, l'Unique, a été assassinée, le Pakistan, et ses armes nucléaires, risque la déstabilisation, les élections truquées au Kenya jettent des dizaines de milliers d'innocents sur les routes de l'exode pour fuir les massacres, Jacob Zuma, aussitôt désigné leader de l'ANC est inculpé de corruption, en Chine, les autorités présentent comme un progrès leur décision d'abandonner les exécutions capitales par balles au profit d'une injection léthale, les attentats suicide reprennent à Bagdad, Israël coupe un peu plus l'électricité à Gaza, le Chavez Circus fait pschitt, les ordures mafieuses s'accumulent à Naples...
     En France, le journal Le Monde est menacé de disparition...
    Heureusement, il y a en ce mois de janvier les crocus oranges de Beit Mery, à quelques km au dessus de Beyrouth,
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    à 700 m d'altitude, le froid se fait sentir, mais ce lieu où souffle l'esprit depuis des siècles a quelque chose de magique, le coucher de soleil est magnifique, de quoi oublier un fugace instant le feuilleton interminable de la présidentielle libanaise et la fureur du monde.

  • Liban : de la Suisse à la Somalie

    8d56af6af58f59ff4437bc9a83aa7ccd.jpgAvant la guerre de 1975, le Liban était qualifié de Suisse du Moyen-Orient. C'était au temps de la splendeur de Beyrouth.

    Après la guerre, ceux qui croyaient au potentiel de ce pays à tous égard plein d'atouts esquissaient une comparaison avec l'Irlande, ce pays aux confins de l'Europe accablé autrefois par les drames de la guerre civile, le chômage de masse, l'émigration de ses enfants, L'Irlande a aujourd'hui un Pib/habitant supérieur à la moyenne de l'Union européenne, a adopté l'euro avec succès, accueille de très nombreux investissements directs, est devenue une terre d'immigration, sert de modèle aux nouveaux adhérents de l'UE...

    Aujourd'hui dans le Daily Star, Marc J Sirois, évoque l'ombre de la Somalie qui s'étend sur le Liban http://www.dailystar.com.lb/article.asp?edition_ID=1&article_ID=87799&categ_id=2

    Certes comparaison n'est pas raison mais déjà comme en Somalie, l'Etat n'exerce pas pleinement son autorité sur l'ensemble du territoire, certains de ses représentants, menacés d'assassinats sont obligés de se cacher ou de s'exiler...

    Quelle descente aux enfers, jusqu'au le Liban devra t'il aller pour que les dirigeants de ce pays ou plutôt de ces communautés, de ces confessions, de ces clans se ressaisissent?

  • De deuils en commémorations

    Aujourd'hui, sous une pluie battante, le Liban a porté en terre le général François el Hajj, responsable des opérations au sein de l'armée libanaise et donc en charge de la bataille de Nahr el Bared contre Fatah el Islam, du déploiement de l'armée au sud après la guerre de 2006 et des opérations de maintien de l'ordre.  Un successeur pressenti pour le Général Michel Sleimane s'il est élu Président de la République.

    6b09a311e136698034e3e8889a102d9b.jpgUn soldat, un patriote. C'est cela sans doute qui était inacceptable, dangereux, pour ses assassins qui ont lâchement appuyé sur un bouton ce mercredi 13 décembre.

    Je me souviens avoir découvert avec stupéfaction les images de l'assassinat de Rafic Hariri et de Bassil Fleyhane, son ministre de l'économie, à la télévision dans un petit restaurant de Malabo, en Guinée équatoriale, un autre havre de la démocratie s'il en est! Puis il y a eu Samir Kassir, Georges Hawi, Gebran Tueni, Pierre Gemayel, Walid Eido, Antoine Ghanem

    François el Hajj a été assassiné le jour même de la commémoration du deuxième anniversaire du meurtre de Gébran Tueni, député,  directeur du grand quotidien An Nahar. Fruit du hasard? Le Liban va ainsi de deuils en commémorations. Ce pays prend régulièrement des coups sur la tête, pour se relever chaque fois un peu plus étourdi mais repart de l'avant.

    Magnifique pays, attachante population, difficiles voisins. La guerre des autres continue. Le XX siècle avait été "un siècle pour rien", le XXI commence mal pour le Liban. Mais il ne faut rien lâcher!

  • Lâche soulagement

    Ouf, Demain très probablement huitième report de la session du Parlement qui devait élire un Président de la République. Cette fois c'est la majorité qui ne veut pas siéger!

    Vendredi dernier la circulation a été bloquée toute la journée pour rien. On va peut être pouvoir circuler.

    9f5726ca52bb7ed8c130949f8d04f636.jpgCette vacance du pouvoir finit par ne pas inquiéter! Sans doute à tort. Mais quoi, le pays n'est même pas en récession, alors qu'il n'y a plus de président de facto depuis trois ans, de jure depuis deux semaines, pas de session du Parlement depuis plus d'un an et un gouvernement considéré comme illégitime par une petite moitié de la population et donc incapable de prendre quelque décision stratégique. Les banques continuent d'annoncer des profits, les depôts bancaires augmentent...

     On a envie de rire ou de pleurer, pleurer plutôt après avoir regardé en avant première le beau film de Philippe Aracingti "Sous les bombes" qui nous replonge dans les drames de la guerre de 2006!

  • L'autre Liban

    L'autre Liban, c'est le livre de Pascal Beaudenon, illustré de magnifiques photos, le Liban rêvé des plages, de la montagne libanaise, des sommets enneigés, des forêts de cèdres.

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    L'autre Liban, c'est aussi celui que nous contait hier le Daily Star.

    Il y a bien sûr les réfugiés palestiniens. Bientôt 60 ans de présence. Un demi million de personnes, sans perspective de réintégration puisque cela mettrait en péril des équilibres démographiques et confessionnels déjà fragiles. A Nahr el Bared, les réfugiés qui retrouvent leur maisons détruites après la guerre avec Fath al Islam s'entassent dans des conditions précaires dans les quelques logements qui ont encore un toît. Aujourd'hui la pluie n'a pas cessé...

    45a567b31c5749bbd9342b389b38c49f.jpgS'y ajoutent les réfugiés irakiens. Il y en a 50 000 environ. Un million sont en Syrie, autant sans doute en Jordanie. C'est dire que les autorités libanaises n'envisagent pas de gaité de coeur de leur accorder le statut de réfugié au risque de déclencher une nouvelle vague d'arrivées. Reconduite aux frontières, arrestation pour défaut de papier sont dénoncées par Human Rights Watch dans un rapport intitulé : Rot here or die there

    Il ne fait pas bon non plus être travailleur saisonnier syrien. Toujours selon HRW, quatre agressions quotidiennes en moyenne concerneraient cette population depuis l'assassinat d'Hariri.

    La stabilité politique permettrait sans doute au Liban pendant quelques années de bénéficier d'une croissance à deux chiffres ce qui faciliterait grandement l'intégration de toutes ces populations. Mais les politiques tergiversent et prolongent la vacance institutionnelle. Beyrouth vit dans sa bulle et attend.

  • Au Liban, la censure continue

    En cette période de vacance à la tête de l'Etat, il y a un service administratif qui continue de fonctionner de façon rapide et efficace, celui de la censure.

    Dans son édition daté du 1er décembre, Le Monde a publié en page 6 une photo d'une fresque à Caracas, un pays tout à fait catholique,  inspirée de "La cène" où l'on voit Jesus Christ aux côtés d'Hugo chavez, Mao, Castro, Marx, Lénine...

    Dans les éditions vendues au Liban, le centre de la photo est maculé de Bleu, comme l'étole de la Vierge Marie?, afin d'éviter aux lecteurs chrétiens d'être choqués par cette représentation du Christ.

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    Dans ce domaine au moins, l'Etat libanais se veut protecteur...

     

     

  • Beyrouth : le Centre Ville déserté

    Bientôt Noël. Un petit tour à pied dans le centre ville s'impose. Hier, l'opposition (chiites du Hezbollah et du Mouvement Amal, chrétiens du Général Aoun,...) fêtait justement le premier anniversaire de son sit in destiné à renverser le gouvernement de Fouad Siniora jugé illégitime depuis la démission des ministres chiites.

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    Le résultat un an après est sans ambiguité : les tentes installées dans l'enthousiasme il y a un an sont vides, gardées par quelques militants qui s'ennnuient ferme. Le gouvernement Siniora est toujours là et le centre ville est déserté par une population qui trouve mieux à faire à Hamra, à Verdun ou à Achrafieh.

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    Virgin est obligé d'afficher haut et fort qu'il est ouvert et on trouve plus de monde sur les affiches vantant les prochaines ouvertures des nouveaux souks ou dans les vitrines que dans les rues.

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    Quel gachis!

  • Pour élire un président libanais

    Disposer de 128 députés, enfin presque du fait des assassinats, moitié chrétiens, moitié musulmans, 686c078eaeb2f92ca2ef3ead1db6fa72.jpg

    Les réunir au Parlement le plus tard possible, au dernier moment,

    58835cac4f744a079606bf8a7b4174dc.jpgEn cloîtrer en attendant le scrutin une quarantaine à l'hôtel Phoenicia, tous de la majorité, pour leur épargner le sort de Gebran Tueni, Pierre Gemayel, Walid Eido, Antoine Ghanem, assassinés et dont les meurtriers courent toujours,

    Faire dialoguer le 8 mars et le 14 mars,

    Laisser parler sans y accorder trop d'importance les candidats déclarés et ceux qui le sont sans le dire, tous maronites par exigence constitutionnelle, le président ne sera pas élu sur son programme, mais sur ses allégeances supposées,

    Convaincre les partis chrétiens à Bkerké sous la houlette de Sa Béatitude éminentissime, le Cardinal Mar Nasrallah Boutros Sfeir, patriarche maronite d'Antioche et de tout l'Orient, pour élaborer des "constantes maronites" afin de définir le profil idéal du futur élu, évoquer des noms, ou plutôt en rayer tant il y a de candidats,

    Relire attentivement la constitution, discuter à l'infini du quorum nécessaire pour l'élection, les deux tiers, oui mais les deux tiers de quoi, des députés élus, des députés vivants, des députés présents?

    Evoquer la possibilité en l'absence du fameux quorum d'élire le président à la moitié plus un. La moitié plus un, horreur! ce serait un déni démocratique, un coup d'Etat, l'élu serait considéré comme un usurpateur! Le président sortant serait obligé de prendre une initiative forte comme nommer un nouveau gouvernement...

    Recevoir à maintes reprises les ministres des affaires étrangères de l'Union européenne, des Etats Unis, d'Arabie, d'Egypte, le Roi de Jordanie, le Secrétaire Général de l'ONU, celui de la ligue arabe,...

    Envoyer des émissaires à Damas, parler avec Téhéran

    Rappeler sans relâche que le futur président devra appliquer les résolutions de l'ONU, en particulier, la 1559, la 1595, la 1701, la 1757...

    c99a32aa00a4c1521388827fcc39fe07.jpgConvaincre Sa Béatitude, a priori très réticente, d'établir une liste de candidats, l'obtenir, ne surtout pas la rendre publique, la faire remettre au Président du Parlement (8 mars) et au Chef de la majorité palementaire (14 mars) avec l'espoir qu'ils se mettent d'accord sur un nom...

    Le nom d'un Président de consensus, ou de large consensus, l'oiseau rare,  acceptable par toutes les parties libanaises et leurs parrains américain, européens, égyptien, iranien, syrien, saoudien...

    81dcddf275348d20bcb42a1accbfba90.jpgPlus d'un an qu'on en parle, encore quelques jours, et l'on saura si la recette marche! Une fois que le Parlement aura ratifié le choix des leaders, s'il ne les déjuge pas!

    Restera ensuite à nommer un nouveau gouvernement, une majorité, et à gouverner ...

    Dans ce pays aux 17 ou 18 confessions, il faut croire aux miracles.