Conjurer la peur
Voilà un beau livre, des illustrations magnifiques et un beau texte, savant, de Patrick Boucheron, entièremeent consacré à la salle de la paix du palais communal de Sienne.
Dans cette salle, Ambroglio Lorenzetti a peint sur trois murs en 1338 une fresque connue aujourd"hui sous le nom de fresque du bon gouvernement.
Autrefois on l'appelait la fresque de la guerre et de la paix.
Patrick Boucheron nous tient par la main et nous montre tout ce qu'il y a à voir et qu'on ne voit pas.
Il est dans la ligne de feu Daniel Arasse, autre spécialiste de la peinture de la Renaissance, qui avait publié l'inoubliable "On n'y voit rien".
On se promène en Toscane, on découvre la lutte des cités contre les seigneuries, des guelfes contre les gibelins, on se raccroche aux philosophes grecs et romains, on se perd entre les différentes exégèses de cette fresque et c'est un ravissement de tous les instants.







La Chaise-Dieu rayonne, c'est très bien documenté dans l'ouvrage de Pierre-Roger Gaussin : Le Rayonnement de La Chaise-Dieu, édition Watel - Brioude 1981. L'éditeur a choisi d'illustrer ce rayonnement par une couverture sur laquelle figure une carte de l'Europe occidentale centrée sur la France et la péninsule ibérique.
Aucun plat japonais n’est pourvu d’un centre (centre alimentaire impliqué chez nous par le rite qui consiste à ordonner le repas, à entourer ou à napper les mets) ; tout y est ornement d’un autre ornement : d’abord parce que sur la table, sur le plateau, la nourriture n’est jamais qu’une collection de fragments, dont aucun n’apparaît privilégié par un ordre d’ingestion : manger n’est pas respecter un menu (un itinéraire de plats), mais prélever, d’une touche légère de la baguette, tantôt une couleur, tantôt une autre, au gré d’une sorte d’inspiration qui apparaît dans sa lenteur comme l’accompagnement détaché, indirect, de la conversation (...).
Pleine lune
Magnifique exposition jusqu'au 17 mars à la Pinacothèque de Paris près de la place de la Madeleine. Deux expositions en fait, la première montre des estampes d'Hiroshige (1797-1858), dessinateur, graveur et peintre japonais célèbre pour ses vues d'Edo, du mont Fuji et des 53 stations du Chemin du Tokaïdo, chemin qui menait les pélerins de temple en temple d'Edo à Kyoto, aujourd'hui de Tokyo à Kyoto. Aujourd'hui ce chemin n'est plus qu'une autoroute urbaine, au Japon, on ne peut pas comme en Europe continuer à cheminer sur le chemin de Saint Jacques...