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  • Le Cid

    Première soirée hier soir au théâtre Ducourneau à Agen pour voir le Cid.

    Ducourneau Alphonse-Pierre (1841-1903, natif d'Agen, fit fortune à Paris avec un nouveau type de ciment, l'amalga. Et c'est grâce à un legs de 300000 Francs que le théâtre actuel fut construit par l'architecte Tronchet entre 1906 et 1908, à la place du théâtre Moncorny. Théâtre classique à l'italienne , inauguré par le Président Armand Fallières, ancien sénateur du Lot et Garonne et Maire de Nérac.

    Bouygues n'a pas été le premier maçon à investir dans la culture!

    Il y aurait 600 places, des petites places, et la salle n'était pas pleine, fauteuils rouges comme il se doit.

    Une version du Cid mise en scène par Sabine Anglade et jouée par huit comédiens. Décor épuré, diction parfaite, écoute remarquable du public, pas d'esbrouffe, une batterie pour rythmer le temps, on est toujours au coeur du sujet et on a plaisir à retrouver ses classiques.B

    Pour dîner avant le spectacle, restaurant tenu depuis un peu plus d'un an par deux jeunes gersois, le Bistrot Voltaire.

  • Couleurs de l'Incendie

    Cela se lit très bien et c'est très différent d'Au revoir la-haut. Après avoir suivi Edouard, on suit ici le destin malheureux de Madeleine sa soeur, héritière du banquier Périccourt, et accessoirement de son fils Paul.

    Impossible et inutile de résumer ici les nombreuses péripéties. Pierre Lemaître nous tient très habilement en haleine tout au long de ce roman qui illustre bien les années trente sans oublier de susciter des parallèles avec le climat politique d'aujourd'hui : affairisme, corruption, technocratie...

    Il y avait beaucoup de poésie dans Au revoir la-haut. il y a en moins ici, le thème dominant est celui de la vengeance, machiavélique, et au final il y a peu de portraits flatteurs, pas plus du côté des hommes que de celui des femmes dans ce roman aux allures de feuilleton.

    On attend le troisième tome de cette trilogie annoncée et peut être le film...

  • CRAC

    Jean Rolin met cette fois ses pas dans ceux de Lawrence d'Arabie, jeune, lors de son premier voyage au début du XX siècle dans ce qui deviendra le Liban et la Syrie. Lawrence fait une thèse sur les châteaux construits par les francs pendant les croisades. Sa thèse : The Influence of the Crusades on European Military Architecture - To the End of the 12th Century. Il tient à cette occasion un journal qui sert de guide à Jean Rolin.

    L'occasion de parcourir cette région de château en château, en ruines, le plus célèbre est le Krach des chevaliers, et de noter les évolutions en un siècle de ces territoires marqués depuis par les conflits, les guerres civiles, les mouvements de réfugiés.

    Jean Rolin aime aborder les choses par les côtés, la périphérie, retrouver des traces, s'intéresser aux détails et... aux oiseaux. C'est fantasque. il est souvent accompagnés par des militaires, des agents des services secrets, qui se demandent bien ce qui peut l'intéresser. On se laisse prendre au jeu. C'est très agréable à lire.