29.09.2009
Polanski
Roman Polanski est sans doute un grand cinéaste mais ce n'est pas un grand homme. Comme homme public, il devrait donner l'exemple. Au contraire, voilà quelqu'un qui fuit la justice de son pays depuis plus de trente ans. Accusé de viol sur une mineure de 13 ans, il a plaidé coupable devant la justice tout en affirmant que la mineure était consentante, a fait moins de deux mois de prison et, libéré sous caution, n'a pas attendu le jugement définitif et a fui son pays. Comportement exemplaire! Il n'encourt pas la peine de mort! Allez expliquer à la jeunesse la nécessité de respecter le loi et la justice!
Le plus navrant dans cette affaire est encore la réaction des milieux artistiques qui ne se donnent pas la peine de regarder les faits mais s'émeuvent qu'un grand artiste puisse être inquiété par la justice pour une "invraisemblable affaire de moeurs". A quel titre notre ministre de la culture ou notre ministre des affaires étrangères prennent-ils position pour exiger la libération de Roman Polanski? Savent-ils s'il est coupable ou innocent? C'est à la justice américaine de se prononcer. Etre un artiste ne vous situe pas au dessus des lois. Le viol d'une mineure est un crime imprescriptible aux États-Unis et en Suisse, et c'est tant mieux, le temps ne fait rien à l'affaire et le fait que la victime ait retiré sa plainte ne doit pas empêcher la société d'agir et de défendre le droit.
09:27 Publié dans Actualité | Lien permanent | Commentaires (1) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : polanski, justice
28.09.2009
La RATP a soixante ans mais...
Cette année la RATP a soixante ans. Elle fête cet anniversaire qui ne se confond pas avec celui du métro avec des expositions de photos devant le Centre Pompidou et sur la ligne 14, notamment.

Mais la RATP devrait bien balayer devant sa porte au sens propre. Est il si difficile, dans une station aussi fréquentée que celle de Champs- Elysee Clemenceau, un samedi soir, de tenir les poubelles propres?

Question de priorités, dépenser pour faire des expositions destinées à vanter sa propre image ou assurer le service de ses clients?
09:51 Publié dans Actualité | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : ratp
24.09.2009
Bonne nouvelle
De temps en temps, il y a une bonne nouvelle, une nouvelle qui vous réjouit vraiment. Cela a été le cas avant hier soir avec l'annonce de la désignation d'Irini Bokova à la direction générale de l'Unesco. Comme tout le monde, je n'en avais jamais entendu parler, pas plus que de Farouk Hosni, le ministre de la culture égyptien donné comme favori à la suite d'arrangements diplomatiques que Machiavel n'aurait pas reniés.
J'ai rapidement compris qui était Monsieur Hosni, ce qu'il représentait, et je me réjouis donc de l'élection d'Irini Bokova. Les commentaires de la presse égyptienne qui dénoncent la pression juive, le choc des civilisations... ne font que me conforter dans mon sentiment.
C'est dommage car l'Egypte et plus largement le monde arabe, héritiers de grandes civilisations, auraient pu présenter un candidat plus adéquat. Ils ne manquent pas les hommes et les femmes de culture arabes, libres, ouverts au dialogue des civilisations. Une occasion de manquée qu'a su saisir la Bulgarie, tant mieux.
Au quatrième tour c'était 29 voix contre 29, merci aux États qui ont su faire pencher la balance du côté de la culture, plutôt que de celui des petits calculs stratégiques.
16:47 Publié dans Actualité | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : irina bokova, farouk hosni, unesco
21.09.2009
Peau neuve pour la Gare de Bordeaux
La grande halle de la gare Saint Jean à Bordeaux, édifiée de 1893 à 1898 par l'entreprise de constructions métalliques Daydé et Pillé sous la direction de Gustave Eiffel fait peau neuve en ce moment. A Paris, Daydé et Pillé ont notamment réalisé le Pont Mirabeau (1896) et le Grand Palais (1900). L'entreprise Daydé réalisera en 1905 le pont Bir Hakeim (en photo les forgerons riveurs, de Gérard Laurent) et après bien d'autres ouvrages, comment ne pas le citer, le pont de Tancarville (1959)
Réseau ferré de France (RFF) à qui appartient aujourd'hui la gare édifiée par la Compagnie du Midi a en effet confié à l'entreprise Dumanois (http://www.dumanois-patrimoine.com/), des forgerons-riveteurs depuis 1905, le soin de restaurer les tympans nord et sud de cette belle halle, longtemps la plus grande d'Europe. Dumanois, va intervenir sur des pièces massives en fonte, remplacer des parties de toiture en zinc, effectuer des travaux de vitrage et de peinture.
Le tympan nord arbore depuis quelques jours une magnifique teinte bleue. On ne sait s'il s'agit d'une couche protectrice ou de la couleur définitive, annonciatrice de l'arrivée de la ligne à grande vitesse LGV et du quartier d'affaire Euratlantique...

19:07 Publié dans Actualité, Aquitaine | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : gare saint jean, bordeaux, daydé et pillé
18.09.2009
Le mur invisible
C'est le livre le plus célèbre de Marlen Haushofer (photo Sybille Haushofer), écrivain autrichien née en 1920 et décédée à l'âge de 49 ans. Le livre a été publié en 1963. Il se présente comme le journal de bord écrit rétrospectivement, mais minutieusement, à partir de notes d'une femme qui se retrouve à la suite d'une catastrophe inexpliquée, sans doute planétaire, isolée dans un chalet, au coeur de la forêt autrichienne. Heureusement le propriétaire du chalet, a fait provision de tout et il y a de quoi survivre quelque temps. Et puis peu à peu à défaut d'êtres humains, l'héroïne se fait des compagnons, Lynx, le chien de son cousin, une chatte et ses chatons, Bella, la vache qui va fournir du lait, une corneille blanche...
On accompagne ainsi notre Robinson pendant deux bonnes années, au chalet, dans la vallée et l'été à l'alpage. Que faire quand on est convaincue d'être la seule survivante d'une catastrophe, on est en pleine guerre froide, avec ces quelques animaux, cette petite arche de Noé, et que l'on aperçoit au loin les cadavres rigidifiés des hommes, des animaux, les orties qui envahissent tout progressivement. Et bien vivre, parce qu'on se sent responsable de la survie de ses compagnons, chien, chats, vache, veau...
Travailler, travailler encore, chasser, planter, récolter, faire la corvée de bois, tirer le meilleur parti de la nature, affronter le froid et la chaleur, lutter contre la maladie, compter le temps qui passe, créer une relation inouie avec les animaux qui deviennent de véritables amis, des complices, la forêt, constater combien cette expérience incroyable vous transforme, physiquement et mentalement, pour finir par comprendre que le meilleur ennemi de l'homme, et diront les psychanalistes, de la femme...c'est l'homme.
Bonne lecture d'un roman étonnant, à découvrir.
13:54 Publié dans Livre | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : marlen haushofer, le mur invisible
14.09.2009
Galères bordelaises

14:33 Publié dans Actualité, Aquitaine | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : tram, tbc, pont d'aquitaine, ombres et lumière, la mémoire de bordeaux, peixotto
09.09.2009
Berlin Alexanderplatz
J'avais bien essayé, lors de mes trois années passées en Allemagne, il y a une bonne quinzaine d'années, de lire, en VO, ce chef d'oeuvre de
la littérature mondiale, mais j'avais rapidement renoncé, le marque page retrouvé dans mon édition de poche indique une quarantaine de pages, la syntaxe et le vocabulaire s'avérant trop difficiles.
Heureusement, l'ouvrage d'Alfred Döblin (1878 - 1957) est de nouveau dans l'actualité en raison de la parution chez Gallimard d'une nouvelle traduction d'Olivier le Lay, traduction remarquable aux dires de l'excellente critique à laquelle elle a donné lieu, en tous cas très agréable à lire, d'une richesse rarement rencontrée. J'ai bien fait d'attendre!

Hans Harting Tauwetter Alexanderplatz 1919
Alfred Döblin retrace l'histoire de Franz Biberkopf, un débardeur qui sort de sa prison de Tegel, devenue l'aréoport rendu célèbre au moment du blocus de Berlin, où il a purgé une peine de 4 ans de prison pour le meurtre, involontaire?, d'Ida, sa compagne. Il est décidé à devenir honnête, y parvient dans un premier temps, vend des journaux, fait des petits boulots, tire le diable par la queue, puis rencontre Reinhold, un souteneur, qui va de nouveau l'entrainer dans la galère.
Au delà de l'histoire de Franz Biberkopf, l'ouvrage de Döblin est aussi le roman d'une ville, Berlin, peu avant la crise de 1929, le roman de la modernité, vitesse, mécanisation (les abattoirs), relégation, séquelles de la grande guerre, montée du nazisme...
C'est aussi une nouvelle forme de roman, par la langue, le vocabulaire, la syntaxe, on le compare souvent au Voyage de Céline, à Ulysse de James Joyce, le recours à des procédés empruntés à la peinture (collages, reprise de journaux...). C'est enfin comme le souligne dans sa postface Rainer Fassbinder, une histoire d'amitié, forte, de Franz pour Reinhold, une amitié incomprehensible. Le lecteur verra pourquoi.
Un mot sur Alfred Döblin, médécin, neurologue, juif, condamné à l'exil par le nazisme en 1933, en Suisse, en Amérique, en France, qui acquit la nationalité française (1938), se convertit au catholicisme, rentra en Allemagne dans les années 50, sans y être reconnu, pour y mourir dans un hôpital psychiatrique. Son fils, soldat français, se suicida en 1940 pour ne pas tomber aux mains des allemands. Ecoutez France culture : http://sites.radiofrance.fr/chaines/france-culture2/emiss....
Un grand plaisir de lecture!
18:45 Publié dans Livre | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : alfred döblin, berlin, alexanderplatz
07.09.2009
Dans le Port de la Lune

Dimanche soir, un long coup de corne, nous a prévenus : l'Azamara Journey quittait le Port de la Lune de Bordeaux après un séjour de 24 heures. Selon la marine marchande, ce bateau livré en 2000 par les chantiers de l’Atlantique de Saint Nazaire est d'une longueur de 181 m pour une largeur de 25,46 m, et un tirant d’eau de 5,80 m. Il a une capacité de 702 passagers, propose des voyages de grand luxe à une clientèle choisie, qui n’est pas uniquement américaine.
C'est toujours un spectacle que de voir ces grands batiments évoluer dans le vieux port de Bordeaux. Le verra t'on longtemps?
Vendredi dernier, les élus de la communauté urbaine (CUB) ont confirmé leur décision de lancer les travaux du pont levant qui doit relier le quai de Bacalan sur la rive gauche au quartier de la Bastide sur la rive droite (photo). Décision historique s'il en est! Vincent Feltesse, le président de la CUB aurait déclaré que ce faisant "le surcout de 40 millions € (sur un total de 140) va permettre, pendant un siècle ou deux, de ne pas obérer la vocation maritime de Bordeaux".

C'est loin d'être acquis. On sait qu'à Rouen un pont levant analogue, le Gustave Flaubert, en service depuis un an, risque de ne servir que tous les 4 ans pour la grande Armada, les bateaux de croisière, et leurs assureurs, ayant renoncé à prendre le risque de se retrouver coincés derrière le pont (risques de panne, de grève des machinistes, manifestation sociale : http://www.lexpress.fr/region/a-rouen-le-pont-levant-qui-......). La CUB va par ailleurs étudier la possibilité d'un accostage des très grands navires en aval du pont : Gageons qu'une fois cet équipement réalisé tous les grands navires s'arréteront là, si l'équipement offre aux passagers comme il faut l'espérer, une liaison attrayante avec le centre de Bordeaux (mais ce ne sera jamais aussi bien que la place de la Bourse!)
Les risques, loin d'être négligeables, sont donc de ne plus voir de grands navires dans le Port de la lune, de perdre le label Unesco, de dépenser inutilement 40 millions €, sans compter les frais d'entretien de ce pont levant qui seront sûrement plus élevés que ceux d'un pont ordinaire et de voir ce pont fermé fréquemment pour entretien comme l'est ce mois de septembre le pont d'Aquitaine.
Est ce bien une dépense d'avenir?
17:28 Publié dans Aquitaine | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : port de la lune, pont bacaln bastide, cub, vincent feltesse, amazara, pont gustave flaubert, rouen
05.09.2009
Retraite
L'autre jour, j'ai dit au revoir à un collègue qui achevait sa dernière journée de travail à Bercy, au ministère des finances. il venait de fêter son soixante cinquième anniversaire. Il avait débuté sa carrière à l'âge de 14 ans, en 1959. Le ministre des finances s'appelait Antoine Pinay. Imagine t'on aujourd'hui des enfants de 14 ans dans les couloirs de Bercy quand le benjamin ou la benjamine a sans doute dépassé l'âge de 20 ans?
09:45 Publié dans Actualité | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : bercy, retraite, pinay
03.09.2009
Byblos
Sous le titre Un matin à Byblos, Olivier Germain Thomas a écrit un petit livre attachant, un livre d'érudit, une réflexion sur les langues, les livres, les civilisations. Byblos, qui signifie "livre" en grec, passe en effet pour être la plus vielle cité du monde. Elle conserve des traces des civilisations de Babylone, d'Assyrie, de Perse, de Grèce de Rome, de Byzance, arabe bien sûr et franque. Byblos est un mille-feuille, comme l'est le Liban aujourd'hui.

"Ah si le Liban avait la force d'incarner l'aspiration de notre époque : une harmonie de cultures multiples. Nulle part, en si petit espace, mythes, religions, langues n'ont formé une si prodigieuise rosace.
Liban , mémore vivante des créations de l'homme relié, pays frère, n'entends tu pas de toutes parts l'appel à la réconciliation? Un simple transfert de tes passions, de l'identitaire à l'universel enraciné te permettrait d'être à nouveau le rendez-vous de toutes les muses."
09:35 Publié dans Liban, Livre | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : byblos, liban






