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  • Bint Jbeil, un an après

    C'est sans commentaire, un an après la guerre de l'été 2006, Bint Jbeil est toujours en ruine! L'action de l'Etat, celle des pays arabes, celle de la communauté internationale n'ont pas fait de différences majeures.

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    Que de ressentiment en puissance!

  • Sud Liban : pas de marché pour l'huile d'Olive

    Au Sud Liban d'un village à l'autre, les moyens de production pour fabriquer l'huile d'olive différent. Dans ce village chrétien, on trouve ces presses, détenues par un propriétaire privé, peu conformes aux normes sanitaires d'aujourd'hui.

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    A quelque km, dans un village musulman, grâce à l'action d'une ONG et l'appui du Ministère de l'agriculture, on trouve au contraire des presses modernes qui respectent toutes les règles de l'hygiène.

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    Mais au Sud Liban, il n'y a pas de marché! Dans les deux cas, toute l'huile d'olive est écoulée dans le village et dans la parentèle, jusqu'à Beyrouth, pas de filière commerciale, pas d'exportation, juste un réseau de relations. Et surtout pas d'échanges entre les deux villages. Ce n'est pas la même huile, elle n'a pas le même goût du fait des différences de mode de production et pas le même prix, celle des "chrétiens" est 20 % plus élevée, que celle des voisins!

    Que de progrès à faire pour valoriser les ressources locales!

  • Arche de Zoé-Journalistes

    Bien sûr, les journalistes qui couvraient l'opération Arche de Zoé ne doivent pas être poursuivis par la justice dans la mesure où ils effectuaient leur travail. Mais il semble qu'une journaliste de FR3 Méditerranée, Marie-Agnès Peleran, en congé administratif de solidarité (sic), payé? , avec l'objectif d'accueillir, ou d'adopter, on ne sait pas bien , un enfant du Darfour, ou du Tchad?

    Plus gênant, on lit dans Le Monde que cette journaliste en congé est partie avec une caméra de FR3, on se demande bien à quel titre, avec l'intention de réaliser un reportage, qu'elle comptait vendre. A qui, à FR3 ?

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    On croît rêver!

    Rien bien sur sur ce sujet sur le site de FR3 Méditerranée. Quant à Reporter sans frontières, sagement, il appelle à la libération de deux journalistes, pas de trois.

    Paul Nahon, patron de l'information de FR3 , ne fait pas cette distinction, s'il est légitime qu'il défende son employé, il va jusqu'à assimiler la détention de sa journaliste à celle des otages du Liban (Philippe Rochot, Georges Hansen, Aurel Cornéa et Jean-Louis Normandin) en 1986.

    La différence, c'est qu'au Liban les sus nommés étaient détenus par une milice en toute ilégalité et qu'au Tchad, Marie-Agnès Peleran est détenue par un Etat, membre de l'ONU , qui n'est pas que je sache mis au ban des nations.

    Dans cette affaire, la France doit se donner deux priorités non contradictoires, faire prévaloir le droit et défendre ses ressortissants.

  • Que savons nous des PNC d'Air France? Rien!

    Après les cinq jours de grève des Personnels navigants commerciaux d'Air France que savons des conditions de travail de ces personnels? Nous avons lu les journaux, écouté la radio, regardé les reportages à la Télé...

    On ne sait à peu près rien. On a vu beaucoup d'images, entendu beaucoup de témoignages retraçant les déboires des passagers, l'engagement des grévistes, mais on n'a pas vu l'ombre d'une feuille de paye, d'un tableau de service, qui nous permette de juger, de nous faire une opinion sur le niveau de vie de ces personnels, sur son évolution, sur la durée hebomadaire du travail, le régime des congés, les droits à la formation, à la retraite...

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    Je prends l'exemple d'Air France parce que c'est le dernier en date, je pourrai prendre celui de la SNCF, du coût de la continuité territoriale Corse Continent, du salaire du Président et de ses ministres, ce serait pareil. Les reportages jouent sur l'émotion, celle des grévistes, celle des clients, celle des citoyens, on nous raconte des petites histoires.

    Ce sont des faits quantifiés dont on a besoin. Il faut toujours essayer de quantifier, de comparer, de mettre en perspective, sinon comment construire une société vraiment démocratique. Les journalistes ont du pain sur la planche!

  • Réconcilier Environnement et Croissance

    Les Verts sont contents. Le Grenelle de l'environnement les a entendus. Mais il en veulent plus. Pierre Radane, ancien Président de l'Agence de l'environnement et de la maîtrise de l'énergie, Chef de la commission énergie des Verts, trouve que "vouloir réduire les freins à la croissance (Commission Attali) et donc se placer dans une logique de dérégulation va à l'encontre de ce que dit le Grenelle. Il faudra trancher!"

    Au contraire! La perspective des conséquences du changement climatique devrait nous conduire à rechercher plus de croissance, pour mieux nous protéger, pas moins. Attali a mille fois raison. Et plus de régulation, là où c'est nécessaire et moins de régulation, là ou elle ne sert qu'à conforter les rentes.

    Les études disponibles, le protocole de Kyoto lui même, le reconnaissent, au prix d'efforts très importants, difficiles à mettre en oeuvre compte tenu de notre préférence pour le présent, on peut espérer retarder, pas empêcher, un changement climatique qui semble inéluctable, quoiqu'incertain dans son ampleur et ses conséquences.

    A quoi bon lutter contre quelque chose d'inéluctable? Encore un moment monsieur le bourreau! Il nous faut au contraire faire en sorte d'éviter la hache et nous protéger au mieux des conséquences du changement climatique!

    Le dernier supplément du New York Times édité par Le Monde le disait très bien : Contre le changement climatique essayons la prospérité.

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    Prenons l'exemple des cyclones dont on nous dit qu'il vont se multiplier. On voit bien que face à ces chocs, ce sont les populations pauvres qui sont les plus vulnérables, il faut donc s'enrichir collectivement et redistribuer cette richesse pour construire des logements plus résistants, mettre en place des systèmes d'alerte, déplacer les populations les plus menacées par la montée du niveau des mers...

    Tout cela va exiger, oui, des ressources supplémentaires, oui, une redistribution plus ciblée vers les populations les plus vulnérables, mais pas moins de croissance, si on ne veut pas le moment venu se trouver démuni.

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    Autre argument en faveur de la croissance, le Grenelle de l'environnement va coûter cher à mettre en oeuvre et va avoir tendance, conjugué conjoncturellement au choc pétrolier induit par un baril à bientôt 100 USD et à un euro à presque 1,5 USD, à ralentir une croissance qui tourne déjà chichement autour de 1,5%. Oui, il faut mobiliser toutes les opportunités de croissance, d'innovation, sinon comment ferons nous face aux défis non seulement du futur mais aussi aux défis d'aujourd'hui, celui des banlieues, celui du vieillissement, celui de l'emploi, celui de la Méditerranée, celui de l'Afrique...

    Le malthusianisme n'a jamais été une solution, c'est la voie royale vers le repli, la réduction des opportunités, la montée des tensions, pour se partager toujours plus nombreux le même gateau.

  • Les sirènes de Bagdad

    Yasmina Khadra, ce militaire algérien retraité s'est surtout fait connaître avec Les hirondelles de Kaboul, puis avec l'Attentat qui met en scène une femme kamikaze au coeur du conflit isaélo-palestinien.

    Ici, avec l'Irak, l'objectif est le même : essayer de comprendre ce "dialogue de sourds entre l'Orient et l'Occident" qui s'est bel et bien installé dans les relations internationales et dans nos têtes, n'en déplaise à ceux qui nient le choc des civilisations.

    On suit donc, au rythme d'un roman policier, le parcours d'un jeune bédouin qui va décider de rejoindre la résistance à l'occupation américaine après avoir vu sa famille subir de plein fouet les effets dévastateurs d'une bavure de l'armée US, une parmi celles qui nous sont relatées par la télévision au journal de 20 heures.983a8b01ef7143a786060d1352a17729.jpg

    On découvre au fil de l'itinéraire du jeune homme tous les aspects de la vie quotidienne en Irak, sur les routes, les checkpoints, à Bagdad même, la méfiance généralisée, la corruption des policiers, les logements crasseux, la misère sexuelle, la condition des femmes, mais aussi les points de vue des résistants, des partisans du nouvel ordre, les méthodes expéditives et barbares de la guérilla, les projets démentiels de 11 septembre plus plus plus. Tout cela est bien décrit, bien argumenté. Il y a bel et bien un mur d'incompréhension entre des populations humiliées depuis plusieurs décennies qui développent une rationalité qui nous semble totalement étrangère.

    La fin du roman apporte un mince espoir, l'humanisme est en effet au fond de chaque individu et c'est un des éléments sur lesquels il faut sans doute parier pour un jour restaurer le vrai dialogue des civilisations qu'il nous faut en attendant promouvoir sans cesse.

    De belles pages sur Beyrouth, en introduction à ce roman, mais qui ne plairont pas à tous les libanais :

    Ce n'est qu'un ville indéterminable, plus proche de ses fantasmes que de son histoire, tricheuse et volage, décevante comme une farce...Elle a vécu le cauchemar grandeur nature - à quoi cela lui a t-il servi?...Il y a dans sa désinvolture une insolence qui ne tient pas la route. Cette ville ment comme elle respire. ses airs affectés ne sont qu'attrape-nigauds. Le charisme qu'on lui prête ne sied pas à ses états d'âme; c'est comme si on couvrait de soie une vilaine flétrissure.
    A chaque jour suffit sa peine, martèle t'elle sans conviction. Hier, elle braillait ses colères à travers ses boulevards au vitrines barricadées. Ce soir, elle va s'envoyer en l'air...Dans le slalom des phares, les grosses cylindrées se prennent pour des coups de génie...Les gens vont s'éclater jusqu'au petit matin, si copieusement que les clochers ne les atteindront pas.


    Voilà Beyrouth et donc un peu l'Occident vu par le héros des Sirènes de Bagdad .

    Un livre à lire qui vaut tous les bulletins d'informations. Ainsi va le monde!