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  • Une odyssée

    Encore un très bon livre que j'ai acheté dans l'excellente librairie d'Auch, Les petits papiers. J'avais bien aimé l'an dernier Un été avec Homère de Sylvain Tesson entendu par bribes sur France Inter puis lu.

    Ici il y a plusieurs livres en un. Le fil du livre et la relation par Daniel Mendelsohn du séminaire qu'il a tenu dans son université en 2011 sur l'Odyssée et auquel son père, Jay, alors âgé de 81 ans, a assisté pendant seize semaines. S'en ait suivi une croisière en Méditerrannée sur les traces d'Ulysse à bord du Corinthian II.

    Il y a donc une analyse de l'Odyssée à travers les questions livre par livre posées par l'auteur à ses étudiants et les échanges subséquents. l'analyse est à la fois sémiotique, littéraire, philosophique, historique. Les échanges du père de Daniel Mendelsohn avec les étudiants. Les souvenirs que cet exercice suscite chez Daniel Mendelsohn de sa relation avec son père et plus généralement sa famille depuis son enfance. Le révélation des secrets de famille, le percement des armures se fait jour tout comme dans l'Odyssée entre Ulysse, Télémaque et Pénélope.

    C'est formidable et l'attachement du fils au père est émouvant même si tout au long du livre, ils ne partagent pas la même vision d'Ulysse qui pour Jay, n'est pas un héros : il pleure tout le temps, il vient sans ces hommes, il a toujours besoin d'être aidé des dieux...

    Cela a aussi été l'occasion pour moi de découvrir le poème de Tennyson  "Ulysse" qui imagine Ulysse bien des années plus tard sur son ile : Pénélope a vieilli, Telemaque fait le job mais sans briller, son peuple reste inculte...il s'ennuie... je vous en livre la troisième et dernière strophe : 

    Le port est là ; le vaisseau enfle sa voile :
    La houle immense luit obscurément. Mes matelots,
    Vous qui avez peiné, œuvré et pensé avec moi,
    Qui toujours avez accueilli d’un mot plaisant
    Le tonnerre et le soleil, et leur avez opposé
    Des cœurs libres et des fronts libres – vous et moi sommes vieux ;
    La vieillesse a encore son honneur et son labeur ; 
    La mort est la fin de tout ; mais quelque chose auparavant,
    Quelque œuvre de renom peut encore être accomplie
    Qui ne soit pas indigne d’hommes qui luttèrent avec des Dieux.
    Les feux commencent à scintiller sur les rochers :
    Le long jour pâlit ; la lune lente monte ; l’océan
    Gémit à l’entour de ses mille voix. Allons, amis,
    Il n’est pas trop tard pour chercher un monde plus nouveau.
    Mettez à la mer et, assis en bon ordre, frappez
    Les sillons sonores ; car j’ai toujours le propos
    De voguer au-delà du couchant, où baignent
    Toutes les étoiles de l’Occident, jusqu’à ce que je meure.
    Peut-être nous sombrerons dans les gouffres marins,
    Peut-être nous atterrirons aux Iles Fortunées,
    Et verrons le grand Achille que nous connûmes.
    Quoique beaucoup nous ait été retiré, beaucoup nous reste ; et quoique,
    Nous ne soyons plus cette force qui jadis
    Remuait la terre et les cieux, nous sommes ce que nous sommes :
    Des cœurs héroïques et d’une même trempe,
    Affaiblis par le temps et le sort, mais forts par la volonté
    De lutter, de chercher, de trouver et de ne pas plier

  • Nuits musicales en Armagnac

    Plusieurs lieux et de nombreux concerts pour cette manifestation qui en est tout de même à sa 51éme édition! Lectoure, Eauze, Condom, fleurance, Flaran, Terraube et Lavardens. Difficile d'honorer chaque concert).

    Nous sommes allés à Condom dans le cloître de la cathédrale écouter François Salque au violon et Xenia Maliarevitch au piano avec au programme l'élégie de Fauré, trois romances de Schumann, deux sonates de Chopin et  Debussy et une rhapsodie hongroise de Popper. Très bon concert, avec des musiciens engagés dans un cloitre dont on peut regretter l'inconfort notoire des sièges baquets sans dossier!

    La soirée cabaret Hommage à Michel Legrand dans la Cour des marronniers de Lectoure (photo) était vraiment très agréable. Michel Legrand avait donné un concert en ce même lieu le 11 aout 2016. Etienne Manchon, 24 ans seulement mais étoile montante du jazz avait préparé avec sa formation élargie (claviers, saxophone, batterie, contrebasse , mais aussi deux violons et violoncelle) un patchwork d'oeuvres connues et moins connues. Excellente soirée en plein air par un très beau temps.

    En l'église de Terraube, petite déception avec la Danse Sacrée de Bach, la cantate BWV 82 "Ich habe genug", interprétée  par Jean-Michel Feix à l'accordéon, cet orgue de poche, Estelle Besingrand au violoncelle, , Christelle Gouffé, Mezzo soprano, et Faustine Gardeil Danse. La danse peut-elle être un art sacré?, l'exercice n'a pas été convaincant.

    D'agréables moment que nous avons complétés par un joli concert en la collégiale de La Romieu par un groupe espagnol, l'Apothéose, qui a interprété des oeuvres de Haendel dans le cadre du Festival Musique en chemin.