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  • Les régionales à La Chaise-Dieu

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    19 heures. La salle de réunion du conseil municipal de La Chaise-Dieu est encore éclairée mais le dépouillement du premier tour de scrutin des élections régionales est terminé. Les urnes ont rendu leur verdict.
    Pour ce dépouillement la division du travail a été stricte. D'un côté de la table, cinq élus font la chaine pour sortir les bulletins des enveloppes, les déplier, le maire après avoir vérifié qu'il n'y a pas de rature ni de panachage, annonce le sens du vote, puis les bulletins sont classés par paquets. De l'autre côté de la table quatre femmes, deux employées municipales et deux casadéennes, comptent, les enveloppes et les votes, en annonçant au fur et à mesure à haute voix le cumul des voix de chacune des listes.
    Vers 19 heures, le maire, Pascal Perrin, proclame les résultats que je retrace ainsi :
    Inscrits : 625
    Votants : 277 soit 44,3 %
    Exprimés : 267 
    UMP - Liste Marleix, ici on ne prononce pas le X : 86 soit 32,2 %
    Liste PS - Souchon : 57 soit 21,3 %
    Liste FN - Faurot : 39 soit 14,6 %
    Liste Europe Ecologie - Bouchardy : 28 soit 10,5 %
    Liste Front de gauche - Chassaigne : 27 soit 10,1%
    Liste Modem - Fanget : 20 soit 7,5 %
    Liste NPA - Laffont : 6 soit 2,2 %
    Liste LO - Savre : 4 soit 1,5 %
    Blancs et nuls : 10
    Place au second tour, sans doute!

  • La Vie obstinée de Wallace Stegner

    9782859408183.jpgCe roman est paru en 1967 sous le titre All the little live things. Il est paru en version française trente années plus tard, en 1999, aux éditions Phébus sur la recommandation de Michel Le Bris.

    Wallace Stegner (1909 - 1993) était écrivain, historien, écologiste, il est souvent présenté comme le père de la nouvelle littérature de l'Ouest dont le représentant le plus connu aujourd'hui est Jim Harrison.

    Dans ce roman, le narrateur, Joe Allston, agent littéraire en retraite, raconte les six derniers mois qu'il vient de passer avec sa femme Ruth dans son "île de Prospero" pas loin de San Francisco. L'endroit idéal pour deux jeunes retraités plein de tendresse l'un pour l'autre, qui aspirent à se retirer du monde et à s'adonner aux plaisirs simples de la vie : promenades, jardinage, bricolage, petits plats, lecture, aimables conversations de voisinage...

    Deux années se sont écoulées depuis leur installation et tout va pour le mieux. Et puis la vie s'insinue et va emporter ce paradis. Il y a l'arrivée sur un bout de terrain de Joe de Jim Peck, sorte de beatnick ahuri qui aspire à expérimeter toutes les libertés, drogue, sexualité, orientalisme... qui va faire école et qui rappelle trop à Joe son fils Curtis disparu prématurément. Les voisins, Les Weld qui transforment la colline en lotissement et les LoPresti, monomaniaques, qui s'adonnent, lucio, à la construction en adobe, Fran, à la sculpture de bois flotté et Julie, leur fille, à l'équitation.

    Et puis arrive un jour Marian, son mari John et sa petite fille Debby. Au début du roman, Joe et Ruth reviennent de l'enterrement de Marian, on sait dès le début de l'ouvrage quel est son destin. Joe se sait comme un sachet de thé oublié au fond de la tasse : le produit de ma macération ne cesse de devenir plus opaque et plus amer. Il fait preuve de clairvoyance désanchantée. Marian, enceinte, se sait condamnée par la récidive d'un cancer qui l'a déjà mutilée. Mais elle adore la vie, la dévore à pleine dents, et se conduit en accord permanent avec ses principes, la nature est bonne, il faut la respecter, pas la domestiquer et donc, par exemple, renoncer au jardinage...

    D'où un dialogue philosophique empreint de mélancolie et de lucidité entre Joe, toujours partisan de la raison, souvent un peu aigri, et Marian, enjouée, tolérante, sauf avec elle-même, bien décidée à conduire sa grossesse à terme malgré la maladie.

    Un très beau livre, où la nature occupe une place importante, un vocabulaire d'une richesse incroyable. J'ai découvert les adobes, les thomomys, le chat haret, le verdier, le pycaranthe et le photinia...

  • Turner/Soulages

    Hier Turner au Grand Palais, aujourd'hui, Soulages au Centre Pompidou. Quel contraste!

    William Turner (1775 -1851) est réputé pour être l'un des pères de l'impressionisme, des ciels immenses, traversés de lumière. L'exposition du Grand Palais nous démontre l'ampleur de la relation qu'il a eue avec ses contemporains: Claude Le Lorrain, Nicolas Poussin, Guillaume Van de Velde... Il les a copiés, s'en est inspiré, leur a répliqué, apportant à chaque fois, à la marge, quelque chose de neuf, qui fait de lui un artiste de son temps, paysages, scènes mythologiques, marines... mais aussi un précurseur.

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     Calais Sands at Law Water, Poissards Gathering Bait

    Avec la retrospective qu'a consacrée le Centre Pompidou à Pierre Soulages (né en 1919), c'était ce 8 mars le dernier jour, on est plus que jamais avec la lumière.  Mais, avec ce qu'il appelle l'outrenoir, Pierre Soulages a inventé quelque chose de totalement neuf, en rupture avec ce qui existait jusqu'alors. Il l'explique lui-même en deux phrases : Cest ce que je fais qui m'apprend ce que je cherche et : Un jour, je peignais, le noir a envahi toute la toile...

    Est ce que Turner aujourd'hui chercherait à dialoguer avec Soulages au point de le copier comme il le faisait avec Claude le Lorrain?

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    A méditer cette phrase de Soulages, c'est ce que je fais qui m'apprend ce que je cherche, Dominique Lecourt, le philosophe, soulignant l'autre jour à propos du principe de précaution et du risque que dans l'histoire de l'humanité, l'homme a toujours agit avant de savoir et que s'il avait attendu de savoir pour agir, nous ne serions pas allé bien loin...