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  • Les pierres qui montent

    Il s'agit d'un journalDes_pierres_qui_montent.jpg, écrit en 2008, mais pas au sujet de 2008, on n'y trouvera pas de point de vue sur ce qui fait l'actualité, rien sur la crise dinancière par exemple, seulement, mais c'est bien plus intéressant, une suite de réflexions sur la littérature, le cinéma, des admirations, des coups de gueule, des croquis de la vie quotidienne, des exercices de lecture et d'écriture, une leçon de style. Un régal pour ceux qui aiment lire et écrire.

    Exemple - 30 juillet 2008: "De loin, le remorqueur a sifflé ; son appel a passé le pont, encore une arche, une autre, l'écluse, un autre pont, loin, plus loin... Il appelait vers lui toutes les péniches du fleuve, toutes, et la ville entière, et le ciel et la campagne et nous, tout qu'il emmenait, la Seine aussi, tout qu'on n'en parle plus. "

    C'est la dernière phrase du Voyage au bout de la nuit de Céline. Commentaire de Kaddour : L'appel, le tut, tut du remorqueur, et le texte qui fait "toutes... toutes... tout... tout..." Et face à ce "tout", le souvenir du "rien" de la première page du roman : "Moi, j'avais jamais rien dit. Rien." Tout un roman pour passer d'un indéfini à l'autre.

    Formidable lecteur, formidable écrivain.

    Autre exemple - 27 juin 2008 : "les phrases ne sont pas un simple médium. Elles doivent faire comme les héros du récit, s'aventurer. Cf. Flaubert : " Les phrases sont des aventures"...ou Claudel qui note que la réussite d'un tableau c'est quand on se dit devant lui : il va se passer quelque chose".

    Kaddour donne des cours dans un atelier de journalisme et relève les clichés dans la titraille de faits divers : Une voiture plonge dans un canal, un tracteur mord le bas-côté, un train happe un voyageur...Et que peut faire une moto à un piéton? Elle l'écharpe.

    Et aussi - 28 novembre 2008... Pierre Bergougnoux qui raccompagne à son appartement un ami qui habite entre Saint-Denis et Bonne Nouvelle, note : "Dans l'escalier, des seringues, des gens viennent se piquer à l'abri des regards. Quel monde habitons-nous?" ...Ernst Junger ou Jules Renard auraient coupé après seringues.

    Voilà, une grande découverte, faite aux matins de France Culture, il y a quelques semaines. L'homme a ses certitudes, ses détestations, il prend parti, je vais sans doute essayer Waltenberg (2005), prix du premier roman ou savoir-vivre, sorti parallèlement aux Pierres qui montent.

  • Elections régionales : quel enjeu?

    regions-vp-petit.gifLes élections régionales ne passionnent pas les français, les sondages font état d'un taux d'abstention voisin de 50 %. Qu'est ce qu'il manque? De l'ambition!

    Si on regarde les chiffres, l'enjeu des élections régionales est maigre. Les régions en tant que collectivités locales ont dépensé par exemple 161 euros d'investissement public en 2008 par habitant alors que l'investissement public total (État, régions, département, communes et leurs groupements) par tête se situait à 974 euros. L'essentiel de l'investissement se décide ailleurs.

    Les élections régionales auraient pu être l'occasion d'un grand débat sur l'organisation territoriale de la France, ce n'est pas le cas. En Europe, la France continue de se singulariser avec un nombre trop important de centre de décisions avec ses 36000 communes, sa centaine de départements et ses 21 régions. Pas étonnant que les français se tournent systématiquement vers l'État dès qu'il y a un problème, un État de plus en plus impécunieux après la grande récession de 2008-2009.

    Dans la lignée du Rapport Attali sur la libération de la croissance française, Edouard Balladur, il y a quelques mois, a rédigé un rapport intéressant dont les grands axes étaient de réduire à 15 le nombre de régions, d'inciter au regroupement des départements, de créer 11 métropoles, d'achever et de rationaliser la carte des regroupements communaux, de clarifier les compétences, de poursuivre la décentralisation.

    Force est de constater que ces propositions ne sont pas au coeur de la campagne électorale. C'est regrettable. Des collectivités locales beaucoup moins nombreuses et plus fortes sont sans doute seules en mesure de poser des diagnostics à l'échelon territorial et de penser des stratégies de dévelopement endogène puis de les mettre en oeuvre. Pour celà il faut réformer! Vraiment.

  • Vainqueurs et vaincus

    heisbourg.jpgDans ce petit livre visiblement rapidement écrit et même relu, François Heisbourg dresse le bilan de ce que Paul Krugman, économiste et éditorialiste au New-York Times a  appelé la grande récession. Il y a des vainqueurs et des vaincus. Chacun le pressent. C'est clairement exposé.

    Chine, Inde, Indonésie et Brésil représentent désormais 40 % du Pib mondial. ce sont des grands. Adieu le G7!

    Les grans pays, développés ou émergents ont mieux résisté à la crise que les petits. il vaut mieux avoir une base économique diversifiée : Dubaï, Islande, Irlande, Baltes...

    Les pays faibles peu développés ont bien traversé la crise, la téléphonie mobile et Internet ont continué d'y progresser et sont des facteurs de croissance

    Pétrole et dépendance aux matières premières sont des malédictions : Russie...

    Le Japon et demain l'Europe sont en péril : moins d'emplois, moins de revenus, menace de déclassement sont le fruit d'une démographie ralentie, du poids de l'endettement public et privé, de l'absence de stratégie de sortie de crise et de notre incapcité à nous redéployer.

    Il y a urgence à consentir d'énormes efforts de recherche et de développement pour relever les défis planétaires de demain, énergies renouvelables, capture et stockage du CO2...

    Un beau programme pour la France qui a plus que jamais besoin d'Europe.