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  • Dans les pas d'Hélène Berr

    C'est là au 5 avenue Elisée Reclus, entre le Champ de Mars et l'avenue de la Bourdonnais qu'habitait Hélène Berr et sa famille.

    Paris 001.jpgSon journal commence comme une bluette, étudiante brillante en anglais, elle rencontre un grand jeune homme au yeux gris, Jean,  qui l'invite à écouter des disques, elle rend visite à bonne maman, participe à des goûters, recoit des cartes par le courrier de cinq heures, des pneumatiques, va à ses cours de violon, la vie insouciante d'une jeune femme dont l'avenir est plein de promesses. Famille bourgeoise, le père polytechnicien, école des mines, dirige les usines Kuhlmann, dans la chimie, c'est à dire l'armement.Paris 002.jpg

    On parcourt avec Hélène, le quartier latin, les Champs élysées, on va à la campagne, à Aubergenville, ramasser les fruits de l'été... et puis c'est la première rupture, il faut porter l'étoile jaune, obligatoire, premier dilemne, la porter, par solidarité avec ceux qui le font ou résister? Pas de bonne solution, il y a les premières rafles, les premières rumeurs sur Drancy, sur ces transports vers l'Est en wagon et puis l'arrestation de son père, deuxième rupture, le départ de Jean en zone libre, le courrier...

    L'interrogation permanente, pourquoi tout cela, faut il partir, se cacher, rompre la solidarité familiale, abandonner ses proches, comment feront-ils? les vieux, les malades? Attendre l'inexorable, s'y préparer. Pendant ce temps là, Claude Lanzmann, au même age ou presque, fait le coup de feu contre les allemands en Auvergne, comment comprendre?

    HB.jpgUn jour le journal s'arrête, il y a une dernière lettre, et puis, soixante ans après,  la publication de ce journal, poignant,  par sa nièce, une lettre de Jean très digne.

    Le journal d'Hélène Berr, celui d'une vie fauchée, une oeuvre littéraire à mettre dans toutes les mains.

  • Petits tas de bois

    Ce grand chêne, au coeur du Jardin du Luxembourg a été la victime de l'orage qui s'est abattu sur Paris le jeudi 17 juillet dans la soirée.

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    C'est tout juste si on s'en rend compte en le toisant aujourd'hui mais c'est bien la réalité, sa cîme est désormais réduite à des petits

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    tas de bois bien rangés sur le côté des allées sous le regard de Verlaine (ci-dessus) et de Silène (ci-dessous), satyre precepteur de Dyonisos, symbole de l'ivresse.

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    Restons humbles devant la fureur des éléments.

  • Vivre

    Entendu sur France-Culture dans "les matins" perec2.gif  : «  Vivre, c’est passer d’un espace à un autre en essayant le plus possible de ne pas se cogner  ».

    Georges Perec - Avant propos "Espèces d'espaces" - 1974.

    Cette citation va faire fureur cet été! A raison. Elle s'applique très bien à propos de beaucoup de situations, les cages d'escalier des cités, le Proche-orient, les quartiers de Paris, la vie de bureau, celle de village...

    Michel Lussault, géographe, vient de remettre cette citation dans l'actualité avec la parution de son ouvrage "De la lutte des classes à la lutte des places". Ce doit être passionnant! Je me précipite à la Librairie!

  • 21 juillet 1969

    Le 21 juillet 1969, j'allais avoir 20 ans, j'étais étudiant, et pendant les vacances, je travaillais comme opérateur au centre informatique du Crédit Lyonnais à Levallois-Perret. Une grande salle climatisée, avec de grandes armoires métalliques, du matériel IBM. Il y avait des pupitreurs qui lancaient les travaux avec des cartes perforées. On éditait les relevés de compte des clients, notamment ceux des cartes bleues, moyen de paiement tout récent. C'était la tâche où il y avait le plus de plantage! Mon travail consistait à gérer les bandes magnétiques, les installer à la demande sur les grands lecteurs de bande, les retirer à la fin de la lecture, les classer dans la bibliothèque, alimenter les imprimantes en papier.

    200px-The_Earth_seen_from_Apollo_17.jpgOn travaillait en "deux huit" et c'est là, dans cet univers empreint de modernité, dans la nuit du 21 juillet, qu'avec tous les collègues, j'ai vécu le premier pas de l'homme sur la lune.

    Notre foi, c'était le progrès, qui paraissait irrésistible. L'année suivante, le Club de Rome lançait son appel fameux sur l'épuisement des ressources naturelles... Appel jugé malthusien à l'époque. Depuis, l'idée que nos ressources sont épuisables a fait du chemin...mais l'idée que le progrès est irrésistible reste valable... En témoigne cette chronique sur Internet, inimaginable il y a 40 ans.