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  • Bac Bacalan Bastide

    Le futur pont levant Bacalan Bastide sur le Garonne à Bordeaux fait couler beaucoup d'encre en ce moment : réquisition du commissaire du gouvernement devant le tribunal administratif de Bordeaux, visite des experts de l'Unesco...

    J'ajoute candidement ma contribution pour rejeter et le pont et le tunnel

    • le pont parce qu'effectivement il est de nature à défigurer le site du port de la lune. Bordeaux est historiquement un port, il faut conserver la possibilité pour les bateaux d'y accéder, tourisme, fêtes du fleuve, qui sait ce que l'avenir réserve. De ce point de vue un pont levant se justifie mais cela implique de construire deux piles gigantesques et forcément incongrues dans ce site historique, sans avoir la garantie que les bateaux se hasarderont à franchir l'ouvrage, effrayés qu'ils seront de devoir rester, en cas de panne, de grève, de conflit de quelque sorte que ce soi...
    • le tunnel, tout simplement parce qu'un tunnel est toujours moche! N'a t'on rien d'autres à offrir aux piétons et aux cyclistes à l'heure du développement durable et de l'Agenda 21 qu'un tunnel qui sera rapidement un lieu défiguré par les tags, à la sécurité douteuse, aux emprises considérables sur le fleuve...C'est la pire des solutions!
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    S'il est vraiment nécessaire d'offrir un nouveau franchissement, retenons une vieille solution, celle du bac! Regardons du côté du Rhin, en amont et en aval de l'ancienne capitale Bonn, les bons vieux bacs fonctionnent toujours, il suffit de faire quelques km pour en trouver un...deux bacs en services continu et le tour est joué!

    Georges Pompidou voulait en construisant le long de la Seine, la voie rapide qui porte aujourd'hui son nom adapter Paris à l'automobile. Chacun convient maintenant que c'était une erreur.

    Un nouveau pont drainera du trafic, congestionnera un peu plus la ville, il appellera d'autres infrastructures. Prenons garde, Revenons au grand contournement et faisons du pont d'Aquitaine, une voie de desserte locale!

     

  • Piccoli/Minetti

    Au théatre de la Colline, près de la place Gambetta, à Paris, Michel Piccoli joue le rôle de l'acteur allemand Bernhard Minetti (1905-1998) dans une pièce écrite pas Thomas Bernhard, en l'honneur de l'acteur originaire de Lübeck en 1977.

    2009_01_14-Michel_Piccoli_Minetti.jpgOn se trouve à Ostende, en Belgique, là où l'on respire l'air de l'Angleterre, sans y être, un endroit idéal pour un acteur continental, qui n'a aucune chance de réussir à jouer Shakespeare en Angleterre!

    C'est le 31 décembre et Minetti/Piccoli arrive dans un hôtel où il dit avoir rendez vous avec le directeur du Théatre local pour y jouer Lear. Il a une grosse valise dans laquelle il transporte tout son capital, des coupures de presse de son glorieux passé d'acteur et surtout, affirme t'il, un masque de Lear que lui a confectionné James Ensor, le peintre, né à 5821.jpgOstende (1860-1949).

    La pièce est un long monologue, dont on se demande comment diable Piccoli fait pour le retenir tant il y a d'opportunités de se tromper, dans la répétition de ces obsessions qui tournent autour de la condition de l'artiste : Shakespeare, Lear, Ensor, Lubeck, Ostende, Liège, Angleterre, littérature académique. Piccoli s'adresse, mais l'écoute t'elle,  à une dame dans la force de l'age, qui, en cette Saint Sylvestre, tente d'oublier sa solitude, une bouteille de champagne à la main et un masque de singe sur la tête, puis à une jeune femme encore plein d'espoir, amoureuse, qui n'a pas encore été déçue par la vie, qui écoute le vieil acteur d'une oreille distraite par la musique de son transistor, mais qui ne connait pas Lear...

    Le sous titre de la pièce est portrait de l'artiste en vieil homme, la viellesse est un naufrage, Piccoli, à 85 ans bientôt, est le contraire de Minetti, il est dans le monde d'aujourd'hui, actif, présent, impliqué. Il nous attendrit avec ce portrait d'un homme désabusé, un peu minable, détaché du monde, mais attachant, un vieux Godot qui attend depuis trente ans d'être appelé de nouveau sur une scène de théatre, ou qui veut le croire, et qui reste un artiste!

    Photo Michel Piccoli de Richard Schroeder

  • Avidité

    Nos chers banquiers viennent de faire un grand pas vers le réalisme. A la demande du Président de la République, les dirigeants des grandes banques françaises ne percevront pas de bonus, c'est à la dire la part variable de leur rémunération, au titre de 2008.

    Dans quel monde vivons nous pour en arriver là! La part variable des rémunérations se justifie pour récompenser une prise de risque élevée (un coureur de formule 1 par exemple), ou une compétence exceptionnelle, difficile à trouver sur le marché.

    Aucun de nos grands banquiers ne répond à ces critères, on peut les remplacer du jour au lendemain par d'autres et ils ne risquent rien dans l'exercice de leur métier.5815850.jpg

    Les résultats des banques à la suite de l'éclatement de la gigantesque bulle financière que ces dirigeants ont créée et alimentée en recherchant toujours et partout des rendements irréalistes supérieurs à 10 % l'an sont éloquents :  effondrement du cours des actions, crédit crunch qui contribue à une croissance spectaculaire du chômage...

    Ce tableau noir devrait inciter à la modestie, à la démission même de ces dirigeants qui ont failli. Au lieu de cela, il faut que l'Etat, c'est à dire le contribuable, qui vient au secours des banques, impose la suppression des bonus, comme si cela n'allait pas de soi!

    L'avidité des dirigeants de nos grandes entreprises est vraiment sans limite!

    La contrepartie la plus appropriée aux aides publiques en capital, c'est l'entrée de l'Etat au capital des entreprises et à leurs conseils d'administration!