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  • Remonter la Marne

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    Quel plaisir! Remonter la Marne à pied avec Jean-Paul Kauffmann est un plaisir littéraire, une plongée dans l'histoire, la littérature, la province délaissée, oubliée.

    Jean-Paul Kauffmann n'est pas un randonneur, il part avec un sac de 30 kg, des livres, des cigares, une paire de jumelles... Jean-Paul Kauffmann est un flâneur, sensible aux odeurs, aux parfums, il aime la solitude mais ne dédaigne pas la compagnie, 5 semaines de voyage.

    Pour moi, c'est le plaisir de retrouver des terres bien connues, lorsque nous habitions entre 1994 et 2005 à la Varenne Saint Hilaire dans la boucle de la Marne que j'ai parcourue en courant plusieurs fois par semaine.

    Le voyage dans l'histoire c'est l'évocation de la fuite de Louis XVI, de son arrestation à Varennes et de son retour à Paris, la grande guerre, Joffre, sur les traces de Jules Blain ce soldat inconnu qui s'en sortit et ecrivit ses mémoires à compte d'auteur, Napoléon ou plutôt l'Empire, cette époque où tout était possible à des jeunes gens comme Lannes. C'est de Gaulle, la base de Saint Dizier, ...

    La littérature, c'est La Fontaine à Chateau-Thierry, Simenon sur le canal de la Marne, André Breton et ses premiers pas dans un asile d'aliénés qui lui font découvrir l'écriture automatique.

    Et puis la Marne au fur et à mesure que l'on remonte ce sont des provinces délaissées, oubliées, des gens qui n'ont pas renoncé mais qui résistent à leur façon vivant de peu mais dans la générosité et la solidarité derrière des volets à la peinture défraichie et des façades maussades mais dans une nature superbe.

    Et enfin la Marne c'est aussi le champagne! et la rambleur mais pour découvrir ce qu'est la rambleur, il faut lire cet essai.

  • Chindiafrique

    --Chindiafrique---de-Jean-Joseph-Boillot-et--Stanislas-De.jpgSurtout, l'Occident n'a pas immédiatement compris, ou plutôt accepté, que le monde entrait dans une nouvelle phase cruciale de mondialisation et qu'il allait falloir s'y adapter. Au lieu de courir après des replâtrages à coups de relances et de faire l'autruche face à un monde nouveau, il doit d'abord se faire à l'idée que les racines de la crise ne sont pas macroéconomiques - le système financier est un bouc émissaire facile. Elles sont liées à un basculement du monde qui s'est situé à la charnière des années 1970-1980.

    Dès l'introduction tout est dit ou presque!

    La thèse du livre est qu'il faut retrouver l'esprit des trentes glorieuses qu'a connues l'Occident en y associant cette fois la Chine, l'Inde et l'Afrique. Le basculement du monde est  effet inéluctable pour des raisons démographiques et de rattrapage économique. Alors adaptons nous et tirons le meilleur de ce basculement pour en faire un jeu gagnant-gagnant sur les plans de la démographie, de la croissance, verte si possible, la leur peut tirer la nôtre, de l'énergie, de la technologie, de l'innovation, de la régulation économique et politique.

    Ce n'est pas le chemin certain, mais un chemin possible à l'opposé du choc des civilisations. Les inspirateurs de ce livre qui s'appuie sur la grande connaissance de l'Inde de J.J.Boillot se nomment Tim Jackson, Dani Rodrik et Armatya Sen.

    Le lire après les élections italiennes  et devant l'impasse dans laquelle se trouve nos gouvernements en Europé est rafraichissant et ouvre des pistes de reflexion pour sortir de notre enfermement européo-centré, lever la tête regarder vers 2030-2050 plutôt que 2014 ou 2017... Cesser de se plaindre, retrousser nos manches et s'adapter pour ne pas disparaitre de la carte du monde.

  • Le rhinocéros d'or

    or.gifL'Afrique encore! l'Afrique toujours! Cette fois c'est de l'Afrique médiévale qu'il s'agit, l'Afrique des siècles d'or.

    François Xavier Fauvelle-Aymar, historien, chercheur au CNRS, nous invite à des découvertes multiples, avec des chapitres courts de trois à six ou sept pages, le plus souvent magnifiquement illustrés, d'un document comme ce rhinocéros d'or déouvert à la frontière de l'Afrique du Sud et du Zimbabwe ou cette lettre en latin d'un marchand génois découverte au nord du Sahara en Algérie. En fin de chapitre, des notes forts documentées, précisent les sources et la bibliographie disponible pour approfondir l'histoire qui vient d'être lue.

    A chaque fois c'est une parcelle de la réalité africaine entre le VIII° et le XV° siècle qui se révèle.

    Et à travers cette mosaïque, on découvre une Afrique en contact avec le monde connu de l'époque, l'Inde, l'Europe, une Afrique marchande qui échange de l'or, du sel contre des étoffes, des perles...

    Une Afrique ou les élite du Sahel sont islamisées alors que les peuples ont conservés leur croyances initiales. Pourquoi? parce que l'Islam offre un cadre de droit commun pour l'organisation du commerce.

    On y découvre aussi les ferments de l'intégrisme, à Gao déjà, ou les juifs qui assurent l'intermédiation entre arabes et européens sont victimes de pogrom à la fin du XVéme siècle. Et puis déjà, l'esclavage des noirs du Soudan, étymologiquement le pays des noirs est présent.

    L'Afrique a bien une histoire! Et ici elle brille de tous ses feux!