31.05.2009
Lucien Durosoir
Belle soirée organisée par l'Académie de musique de la Chaise-Dieu en cette veille de Pentecôte. Au programme mijoté par son directeur Cyril Huvé, deux quatuors, Diotima (http://www.quatuordiotima.fr/) et Novalis, qui ont enchanté les trop rares auditeurs avec la musique d'Onslow, de Ravel et de Durosoir.
Le quatuor Diotima a été fondé il y a dix ans par quatre jeunes gens Yin Peng Zhao, Naaman Sluchin, Franck Chevalier et Pierre Morlet. Ce bel ensemble a interprété le quatuor op 55 de George Onslow. George Onslow, (1784-1853) héritier d'une famille aristocratique anglaise est né et décédé à Clermont-Ferrand. Très célèbre de son vivant, il était surnommé le Beethoven français, il est aujourd'hui injustement oublié.
Le quatuor Novalis, beaucoup plus récent, 2008, composé de Ambroise Aubrun, Quentin Joussaud, Clémence Gouet et Sophie Chauvelet a interprété le quatuor en Fa majeur op 35 de Maurice Ravel. On ne présente pas Maurice Ravel (1875-1937), il faut lire ou relire Ravel le magnifique roman de Jean Echenoz sur les dix dernières années de sa vie. Le quatuor n° 35 fut crée en 1902-1903, 2lève de Gabriel Fauré, Ravel montra dès cette époque sa détermination, son génie en refusant à son maître de modifier le quatrième mouvement, vif et agité, de cette oeuvre de jeunesse.

Luc Durosoir était là pour présenter la vie et l'oeuvre de son père, Lucien Durosoir (1878 - 1955) avant que Diotima n'interprète le quatuor n° 2.
Lucien Durosoir a vécu trois vies. la première pendant la première mondialisation, la mondialisation heureuse d'avant la guerre de 1914. Violoniste virtuose, il interprétait les grandes oeuvres du répertoire dant toute l'Europe, en particulier dans cette Europe germanique et centrale, le monde d'hier de Stefan Zweig. Août 1914, il est mobilisé et va passer les années de guerre au front comme simple soldat d'abord puis à partir de la mi 1915, grâce à la protection du général Mangin, comme brancardier, puis colombophile, avec d'autres musiciens dont le violoniste et compositeur André Caplet. A l'issue de la guerre, Lucien Durosoir ne va pas parvenir à reprendre son activité de concertiste. Il va se retirer à Bélus, dans les Landes, vivre une vie de reclus et se consacrer à la composition à laquelle l’a initié André Caplet.

Une vie brisée par la guerre, même si Lucien Durosoir est aujourd’hui de plus en plus reconnu comme un des grands compositeurs du XX siècle.
La vie de Durosoire nous montre combien nous avons de la chance de vivre dans une Europe en paix. C’est un bien précieux dont nous n’apercevons pas toujours la valeur. Alors le 7 juin prochain allons voter, montrons notre attachement à l’Europe et écoutons la musique de Durosoir.

11:26 Publié dans Auvergne, Musique | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : musique, la chaise-dieu, durosoir, diotima, novalis, quatuor
27.05.2009
Capital!

Tant les chiens faisaient bonne garde.
Ce loup rencontre un dogue aussi puissant que beau,
Gras, poli , qui s'était fourvoyé par mégarde.
L'attaquer, le mettre en quartiers,
Sire loup l'eût fait volontiers;
Mais il fallait livrer bataille,
Et le mâtin était de taille
A se défendre hardiment.
Le loup donc, l'aborde humblement,
Entre en propos, et lui fait compliment
Sur son embonpoint, qu'il admire.
«Il ne tiendra qu'à vous, beau sire,
D'être aussi gras que moi, lui répartit le chien.
Quittez les bois, vous ferez bien:
Vos pareils y sont misérables,
Cancres, hères, et pauvres diables,
Dont la condition est de mourir de faim.
Car quoi? rien d'assuré; point de franche lippée;
Tout à la pointe de l'épée.
Suivez moi, vous aurez un bien meilleur destin.»
Le loup reprit: «Que me faudra-t-il faire?
-Presque rien, dit le chien: donner la chasse aux gens
Portants bâtons et mendiants;
Flatter ceux du logis, à son maître complaire:
Moyennant quoi votre salaire
Sera force reliefs de toutes les façons:
Os de poulets, os de pigeons,
Sans parler de mainte caresse.»
Le loup déjà se forge une félicité
Qui le fait pleurer de tendresse
Chemin faisant, il vit le cou du chien pelé.
"Qu'est-ce là? lui dit-il. - Rien. - Quoi? rien? -Peu de chose.
Mais encor? - Le collier dont je suis attaché
De ce que vous voyez est peut-être la cause.
- Attaché? dit le loup: vous ne courez donc pas
Où vous voulez? - Pas toujours; mais qu'importe? -
Il importe si bien, que de tous vos repas
Je ne veux en aucune sorte,
Et ne voudrais pas même à ce prix un trésor."
Cela dit, maître loup s'enfuit, et court encor.
09:16 Publié dans Actualité | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : sdf, isf, inégalités, jean de la fontaine, le loup et le chien
20.05.2009
les 100 mots de l'énergie
"L'histoire de l'énergie au XXI° siècle sera violente car exacerbée par des contradictions nouvelles et brutales. D'une part une population croissante qui va passer de 6,5 à 9 milliards d'habitants en 2050, avide de développement économique et de standing, d'autre part, une raréfaction des ressources (énergie, eau) et une aggravation des effets du changement climatique. Une puissante dialectique est en marche, qui pourrait être génératrice d'inégalités explosives."
Ce diagnostic vient clore l'excellent "Que sais-je" de Jean-Marie Chevalier intitulé "les 100 mots de l'énergie". Une excellente mise en point sur les besoins, les ressources, les échanges, les marchés et les prix, les acteurs et les enjeux. Le principal enjeu étant de maintenir notre planète dans un état acceptable pour les générations futures tout en assurant le développement économique des plus pauvres.
09:41 Publié dans Livre | Lien permanent | Commentaires (1) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : energie, développement durable, jean-marie chevalier
19.05.2009
Même pas peur!
Le passant attentif qui traverse la place Camille Julian à Paris entre l'Observatoire et les jardins des découvreurs qui précèdent le jardin du Luxembourg est interpellé par un panonceau "même pas peur" accroché au buste de Francis Garnier (1839 - 1873), explorateur du Mékong, médaille d'honneur de la Société de géographie, mort en service à Hanoï.

Qui n'a même pas peur? Les enseignants chercheurs? Les médecins des hopitaux? Les employés d'ErDF et de GrDF?; Les salariés de Caterpilar ou de Continental? Les producteurs de lait?
Un peu tout cela à la fois sans doute puisqu'a priori, cet affichage est l'oeuvre de militants du mouvement SCALP, mouvement anarcho-libertaire qui cherche à "animer" les luttes, bref faire de l'entrisme, et dont j'ignorais jusqu'ici l'existence! Mais l'Internet a réponse à tout : SCALP est lun sigle pour Section Carrément Anti Le Pen, mouvement connu également sous le nom de "Réseau No Pasaran".
Aujourd'hui, cela fait un peu has been, Le Pen ne fait plus peur! Quant aux militants de SCALP, la société à laquelle, ils aspirent est décrite dans leur prose dont on trouvera un extrait récent ici à propos des universités : http://mobilisationp8.forumpro.fr/documents-divers-sur-la...
je vous laisse juge. Pauvre Francis Garnier!
09:30 Publié dans Actualité | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : scalp, francis garnier, camille julian
16.05.2009
Réponse au journal Renouveau
A propos des prochaines élections du conseil d’administration de l’Association culturelle de La Chaise-Dieu qui gère le Festival de musique, le journal Renouveau (cf. photo) a cru bon de révéler l’identité de l’auteur de ce blog dans son édition du 15 mai 2009,
Comme cet article nécessite en réponse trois démentis, je saisis cette opportunité pour mettre fin à l’anonymat qui a jusqu’ici prévalu pour ce blog, anonymat qui est au demeurant un secret de polichinelle pour beaucoup de casadéens.
J’ai démarré ce blog le 5 mai 2007 avec l’idée de faire partager mes enthousiasmes et mes indignations, pour le simple plaisir d’écrire, comme les billettistes dans les quotidiens, même si, comme je l’ai écrit dans ma première chronique, n’est pas Mauriac qui veut. A l’époque, j’étais conseiller économique pour le Proche-Orient à l’Ambassade de France à Beyrouth. D’où l’anonymat malgré l’obligation de réserve à laquelle je me tiens dans mes chroniques, pour ne pas gêner l’Ambassade et parce que le Liban n’est pas totalement un Etat de droit. Aujourd’hui, mes fonctions de Secrétaire général de la Commission Economique de la Nation m’obligent toujours à une obligation de réserve mais seulement pour ce qui concerne les questions macroéconomiques.
J’en viens aux trois démentis :
1/ L’orthographe de mon nom est Depecker, mon prénom Jean-Paul. Je suis effectivement ancien élève de l'Ecole Nationale d'Administration, administrateur civil au Ministère de l’Economie, de l’Industrie et de l’emploi. J’ai exercé mes fonctions à Bercy, à la direction de la Prévision, à la direction du Trésor, à Bonn, en Afrique à l’occasion de nombreuses missions, au Caire et à Beyrouth.
2/ Je ne suis pas originaire de La Chaise-Dieu. J’y viens simplement en vacances depuis bientôt 50 ans, aux Narcisses autrefois, place du monument depuis quelques années. A l’âge de dix ans j’ai servi la messe à l’abbatiale, fréquenté assidument le baby-foot de la cure avant qu’elle ne soit réinvestie par les moines, j’ai parcouru routes et chemins, à pied, en courant, à vélo, à cheval, à skis de fond… Nos enfants y sont venus petits en vacances et reviennent de temps à autre. j’ai connu plusieurs anciennes figures du village et je ne manque pas à chacun de mes séjours d’aller les saluer en parcourant les allées du cimetière.
3/ Je ne suis absolument pas un "grand ami" du Directeur général du Festival Jean-Michel Mathé. Je crois n’avoir jamais échangé plus qu’un bonjour à la cantonade avec lui, je ne connais pas davantage l’ancien Président Guy Ramona et je n'ai jamais rencontré Jacques Barrot.
C’est dire que jusqu’à présent, je me suis contenté d’être un simple festivalier sans chercher en aucune façon à m’impliquer dans la gestion du festival. J’ai simplement écrit quelques chroniques à l’occasion de concerts auxquels j’ai assisté.
Mais les statuts proposés par Guy Ramona lors de l’assemblée générale de mars dernier ont attiré mon attention par leur caractère contraire au droit et à l’esprit qui doit prévaloir dans la gouvernance d’une association gérant un important festival de musique. Voir mes chroniques des 9 et 26 avril.
A ce titre, j’ai décidé d’être candidat lors des prochaines élections au conseil d’administration afin de défendre ces idées si je suis élu. J’aurai l’occasion de revenir sur ces questions de gouvernance après la publication des candidatures.
15:34 Publié dans Actualité, Auvergne, Blog, Musique | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : la chaise-dieu, festival, renouveau
15.05.2009
Le lièvre de Patagonie est aussi de Brioude
Le livre de mémoires de Claude Lanzmann, Le lièvre de Patagonie, est formidable. Je ne l'ai pas encore terminé mais d'ores et déjà je peux en recommander la lecture à tout un chacun. C'est le livre d'un homme qui aime passionnément la vie, un journaliste, un portraitiste remarquable, un écrivain, un cinéaste. Toute sa vie il a livré des combats justes, dans la résistance, pour l'indépendance de l'Algérie, pour Israël, et il est bien sûr l'auteur de l'indispensable Shoah... Directeur de la revue "Les temps modernes", il a aussi beaucoup écrit sous des pseudonymes dans Elle, France Observateur...
Claude Lanzmann a aussi beaucoup aimé les femmes, beaucoup de femmes, Simone de Beauvoir, dans un curieux ménage à trois avec Sartre, Judith Magre, une infirmière nord coréenne, Angelika... Mais ce n'est pas l'essentiel. Toute sa vie, il a fait preuve d'une grande vitalité et d'un courage, intellectuel et physique, exceptionnel.
Le livre s'ouvre par un magnifique chapitre, très bien écrit, sur la peine de mort, qui laisse sans voix et qui, il faut l'espèrer, parviendra à convaincre quelques partisans de la peine de capitale de changer d'avis. Ce seul chapitre justifie la lecture du livre.
Suivent des pages passionnantes sur sa résistance en Auvergne. les transports d'armes du Lycée Blaise-Pascal, où il est étudiant en khagne, à la gare de Clermont-Ferrand, les embuscades contre les allemands à Saint Jacques des Plats et les courses poursuites avec l'occupant dans les rues de Brioude. Lanzmann cite aussi un groupe de résistants d'un certain Commandant Raffy à La Chaise-Dieu dont on comprend qu'il a bien fait pour sa vie de ne pas le rejoindre.
A dévorer sans plus tarder, chaque page est un enchantement, et pour compléter, regarder, à partir du site de France 5, l'épisode de la série Empreintes qui lui a été consacré.
09:36 Publié dans Actualité, Auvergne, Film, Livre | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : claude lanzmann, brioude, patagonie
13.05.2009
Gouvernance du Festival de la Chaise-Dieu
Comme attendu (cf. chroniques des 9 et 26 avril derniers), Daniel Boudet, le président par interim de l'Association culturelle de La Chaise-Dieu qui gère le Festival de musique, vient d'inviter par écrit l'ensemble des adhérents de l'association à une assemblée générale extraordinaire le samedi 13 juin prochain., à 9 h 30 salle neuve de l'écho, à La Chaise-Dieu.
Cette assemblée générale aura pour objet de compléter le conseil d'administration puisqu'à la suite de la démission de son Président, Guy Ramona, 22 autres administrateurs avaient démissionné, qui par solidarité avec Guy Ramona, qui pour ne pas avoir à assurer la tâche de Président par intérim.
L'assemblée générale extraordinaire aura comme unique ordre du jour d'élire 23 administrateurs, à l'exclusion donc de tout changement de statuts. Dix des 23 administrateurs élus auront un mandat jusqu'en 2010, les treize autres jusqu'en 2013, les mandats étant de six ans et le Conseil d'administration étant renouvelable par moitié. La répartition des mandats sera effectuée par tirage au sort.
Le nouveau conseil d'administration élira le même jour, le nouveau bureau et son nouveau président.
Sagement, les nouvelles demandes d'adhésion, qui doivent statutairement être agréées par le bureau, sont suspendues du 22 avril jusqu'à l'élection du nouveau bureau, cela évitera d'éventuelles demandes d'adhésion ayant pour seul objet de favoriser l'élection de tel ou tel au conseil d'administration.
Les candidatures au Conseil d'administration doivent être adressées au bureau du Festival par courrier avant le 15 mai. La lettre fait mention par erreur du mercredi 15 mai 2009 et dans le doute, c'est, il faut l'espérer, la date du vendredi 15 mai qui sera retenue par le Président par interim
Les adhérents de l'association ayant réglé leur cotisation entre le 1er janvier 2008 et le 22 avril 2009 recevront à partir du 25 mai la liste des candidats et le matériel pour un vote par correspondance, par pouvoir nominatif ou lors de l'assemblée générale. Les pouvoirs en blanc, à la disposition du président, semblent être exclus ce qui là aussi est sage.
Il faut saluer la démarché du Président par interim, Daniel Boudet, bénévole depuis plus de trente ans. La neutralité du ton de sa lettre, son souci de s'appuyer sur les statuts de l'association, pour la doter d'un nouveau conseil d'administration à même d'assurer la continuité de son fonctionnement, en partenariat avec les partenaires publics et privés du Festival, sont de nature à contribuer à ramener la sérénité indispensable à la poursuite de l'oeuvre initiée par Georges Cziffra (photo).
16:08 Publié dans Actualité, Auvergne, Musique | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : festival de musique, la chaise-dieu, gouvernance
11.05.2009
Retrouvailles libanaises
Une semaine de vacances, de la fête du travail à la journée de l’Europe, au Liban, là où nous avons passés quelques unes de nos plus belles années…
C’était comme si c’était hier, comme si nous retrouvions nos chaussons. Sur la corniche, après notre footing, le marchand de jus d’oranges pressées nous a chaleureusement salués, heureux de nous revoir après huit mois d’absence.

Alors merci à vous tous avec qui nous avons passé cette belle semaine de rencontres et d’amitiés partagées : Alexandrine, Amine, Antoine, Arlette, Agnès, Carinne, Catherine(s), Charbel ,Christian, Christiane, Diane, Dimitri, Elie(s), Florence, Francis, François, Georges, Gladys, Jean-François, Khalil, Majida, Makram, Mansour, Marie, Marie-Beth, Marie-Yvonne, Max, Micheline, Nada(s), Noha, Patrick, Pierre(s), Rita, Samir, Stéphane, Véronique(s), Vincent…
Et à très bientôt !
19:34 Publié dans Liban | Lien permanent | Commentaires (4) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : liban, vacances, retrouvailles






