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Est-on jamais chez soi quand on est afro-américain? Ce court roman, presque une nouvellei raconte de façon très poétique la vie de Frank Money, un ancien combattant de la guerre de Corée qui revient chez lui, at home, à Lotus, en Géorgie, le pire endroit de la terre, et de sa petite soeur, Cyndra.
Toni Morrisson nous fait toucher du doigt la dure condition et l'adjectif est faible, l'indicible condition des noirs américains dans les années cinquante.
Ségrégation raciale, crime de guerre, abus de toutes sortes, rien n'est épargné aux deux jeunes gens. Comment se construire dans ces conditions?
Le roman est écrit comme un puzzle et ce n'est qu'à la fin que toute les pièces s'assemblent comme par miracle. Je vais le relire en français pour en apprécier toute la finesse d'écriture.
Cinq hommes, des vendéens, partent à la guerre. Blanche, les mains sur le ventre attend le retour de deux d'entre eux. Qui reviendra, dans quel état? En moins de 120 pages, Jean Echenoz nous taille un portrait des quatre années de la grande guerre dont on va bientôt célébrer le centenaire. Célébrer ou commémorer, il n'y a pas de quoi pavoiser. En quelques lignes, on comprend rapidement qu'au delà des enjeux stratégiques, c'est une boucherie. Cette guerre on la vit là de l'intérieur, il n'y a pas grand chose à comprendre, au delà du tumulte, du bruit, de la feraille, du sang, des tiques, des poux, de la gadoue, des rats, des blessures franches qui garantissent un retour à l'arrière, des gendarmes, des fusillés, des mutilés, des gaz...