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  • Agusti Centelles

    agusti CentellesA la Base sous-marine de Bordeaux, on peut voir une très belle exposition des photographies d'Agusti Centelles, photographe espagnol, catalan, né en 1909.

    Avec son Leica, le même appareil que celui de Cartier Bresson ou de Capa, Centelles  a photographié le Barcelone des années trente, la proclamation de la République, la guerre, le front d'Aragon et après la guerre, en France, le camp de Bram  dans l'Aude ou il fut interné avec plusieurs milliers de patriotes.

    Ces photographies qu'il avait conservées dans deux malles entreposées à Carcassonne ont été retrouvées en 1977 après la mort de Franco. Il avait exigé que ces malles restent fermées pour protéger ces photos des mains de la police franquiste.

    L'exposition propose un ensemble très riche de photos, dans cette base sous-marine construite pour les allemands pendant la seconde guerre mondiale par des réfugiés espagnols. Beaucoup y perdirent la vie. Les montages de diapositives sont excellents et font bien revivre l'ambiance de l'époque du côté des républicains.

    En les regardant, on se met à penser aux guerres civiles d'aujourd'hui, à la Libye, à la Syrie, à Bahrein, au Yémen. En regardant les photos du camp de Bram, en écoutant la lecture du journal qu'y a tenu Centelles, on pense irrésistiblement à la façon dont aujourd'hui nous accueillons les réfugiés de ces conflits. Il n'y a plus de camps mais est-on franchement plus généreux que la France de l'époque avec les réfugiés républicains espagnols?

  • Au sud de la frontière, à l'ouest du soleil

    au sud.jpgAllez on reste avec Haruki Mukarami avec ce livre qui se lit comme un roman policier et qui est en fait un roman d'amour, un amour impossible, un roman empreint de mélancolie.

    Hajime le héros est fils unique et bien conscient de sa singularité dans le Japon des années soixante, la plupart de ses camarades ont des frères et soeurs. Heureusement, dans sa classe arrive sa nouvelle voisine Shimamoto-San, elle aussi fille unique et d'autant plus fragile qu'elle boite un peu. une vraie amitié les lie, ils rentrent ensemble de l'école, écoutent des disques, ils ont douze ans.

    La vie, le travail des parents vont les séparer rapidement, déménagements... Hajime fait ses études au lycée puis à l'université, premiers émois amoureux, premières séparations, puis il se marie, a des enfants, crée un club de jazz à Tokyo. Murakami décrit très bien cette période de l'adolescence, ses incertitudes, ses interrogations.

    Est-il heureux? Sans doute mais il lui manque quelque chose, Hajime en fait n'a pas oublié Shimamoto-San. Et elle n'a pas oublié Hajime, elle ne pense qu'à lui. lIs vont se retrouver 25 ans après...  Ils vont se voir,  écouter South of the River de Nat King Cole, South of the river c'est l'endroit où l'on aimerait être, ils vont réaliser qu'à l'ouest du soleil,  il n'y a rien, on ne peut pas être à l'ouest du soleil. Leur amour est sous le signe de la chanson Star-crossed lovers, titre tiré d'une expression forgée par Shakespeare pour Roméo et Juliette. C'est tout dire mais je vous laisse découvrir.

  • Autoportrait de l'auteur en coureur de fond

    murakami-autoportrait-de-lauteur-en-coureur-de-fond.jpgNon désolé! Il ne s'agit pas de mon autoportrait (J'imagine cependant que celui-ci se dessine au fil de ces chroniques),. Non il s'agit de celui d'Haruki Murakami, écrivain japonais, souvent cité pour le prix Nobel de littérature.

    Haruki Murakimi est né en 1949, il est écrivain et coureur de fond, Il court tous les jours ou presque depuis plus de trente ans, dix km par jour, une trentaine de marathon, un ultra marathon (100 km), plusieurs triathlons. Il a une régle : pas plus d'un jour sans courir!

    Belle discipline qu'il met en parallèle dans cet ouvrage avec son métier d'écrivain. Il nous livre la recette, valable pour écrire comme pour courir : du talent, sans aucun talent on ne parviendra à rien, il en faut au moins un peu, et surtout de la concentration, elle permet de compenser un talent capricieux ou insuffisant et de la persévérance, de l'opiniatreté. Pour écrire un roman, il faut être capable de se concentrer tous les jours ou presque pendant un anou deux. Idem  pour courir un marathon. Ces deux qualités, concentration et persévérance se travaillent à force d'exercices repétés.

    Alors à vos chaussures, à vos stylos!