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  • Une femme à Berlin

    femme berlin.jpg"En 1945, l'armée rouge , sur la route de l'ouest viola et pilla. Ce sont de loin les allemandes qui endurèrent le pire. Entre 150000 et 200000 "bébés russes" devaient naitre dans la zone d'occupation soviétique entre 1945 et 1946 et ce chiffre ne tient pas compte du nombre inconnu des avotements" (Après guerre - Tony Judt).

    La pièce de Tatiana Vialle, Une femme à Berlin, met en scène très sobrement, au plus près du texte, le journal anonyme d'une de ces berlinoises entre le 20 avril et le 22 juin 1945. Cette femme, interprétée par Isabelle Carré, se dit "comme une poupée, insensible, traînée de gauche et de droite, une chose en bois". Victime des vainqueurs, elle finit par négocier avec ses bourreaux, pour survivre, manger, vivre.

    Cette femme est berlinoise, quelques années plut tôt elle était russe, lorsque les allemands effectuèrent leur marche triomphale sur Moscou et Léningrad puis leur retraite sanglante. 50 ans plus tard elles sont congolaises, bosniaques, tchéchènes, algériennes, du Darfour...

  • Contrastes congolais

    Quels contrastes!

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    D'abord l'exposition magnifique Feuve Congo au Musée du quai Branly. Cette exposition qui s'achève le 3 octobre fait découvrir à travers les masques, les représentations de la femme, les reliquaires des ancêtres une culture commune aux peuples d'origine bantoue qui se trouvent des deux côtés du Fleuve Congo, le Gabon, la République du Congo et l'ancien Zaïre, la désormais République démocratique du Congo. On sait peu ce choses de ces peuples abordés par les portugais dès le XVéme siècle, hier en quelque sorte, et vraiment découverts à partir du XIXéme siècle par Paul du Challu, Henry Stanley,  Pierre Savorgan de Brazza et dont l'art fut apprécié plus tard par Gauguin, Ensor, Braque, Matisse, Picasso...

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    On ressort de cette exposition empreint d'une grande sérénité, les oeuvres sont simples, stylisées, émouvantes, sérénité qui disparait dès les premières images de Benda Bililii, ce documentaire de Renaud Barret actuellement sur les écrans qui retrace l'improbable épopée d'un orchestre de Kinshasa composé de personnes handicapées et d'adolescents de la rue. On découvre, où on retrouve lorsqu'on a la chance d'y être allé, cette ville de Kinshasa, Kin la belle, agglomération tentaculaire de 8 à 10 millions d'habitants, véritable jungle urbaine où la préoccupation majeure des habitants chaque matin est de parvenir à survivre...

    benda.jpgLorsqu'on découvre Kinshasa en arrivant par le bac de Brazzaville on ne peut échapper au spectacle que donnent les handicapés, pour beaucoup victimes de la polio. Exonérés de droits de douane, ils dominent en effet le trafic de petites marchandises entre Brazzaville et Kinshasa. Avec Benda Bellili c'est par la musique que les handicapés s'en sortent.

    When there is a will there is a way ou quand on veut on peut. C'est la morale de ce film qui montre bien que dans l'adversité la détermination paye. Au passage, les airs de la rumba congolaise sont agréables, les paroles lorsqu'elles sont traduites sont d'une grande naîveté mais on passe un excellent moment et au delà de cette morale on se dit que nos petits malheurs d'européens ne sont pas grand chose. La bas l'Europe fait rêver, à juste titre...

  • Cette vie de Karel Shoeman

    karel-schoeman-cette-vie,M18736.jpgUne vieille femme, une vieille fille, est allongée dans son lit, dans la chambre où elle est née, elle se meurt et se souvient de ses proches, presque tous disparus, trois générations d'afrikaners, des pionnniers blancs, des fermiers pauvres, au coeur du Roggeveld, une région rude, pauvre, enneigée l'hiver, sèche et aride l'été, au XIXème siècle.

    Toute sa vie, cette femme, dont on ne saura pas le nom, timide, effacée, discrète, a accepté de se soumettre, écartant les opportunités de se révolter, de se libérer, de s'échapper du carcan familial, communautaire, religieux. Elle est proche des domestiques, noirs ou métis, la vieille Dulsie, Gert, Jakubsin mais forcément différente parce que blanche.

    Toute sa vie elle a observé, entendu, tu le tumulte qui agite ce petit monde. Sa mère, fille de nomade, incapable d'affection, mais déterminée à force de sacrifices, de travail, à se hisser parmi les notables, son père, un homme juste mais effacé, ses frères Jakob et Pieter, Sofie, la femme de Jakob, la mère de Maans, Stenie la femme de Maans. Trois générations mais rien ne change ou si peu : Mariages arrangés, assassinat travesti en accident, amours interdits. La vie suit son cours, avec ses petitesses, ses secrets de familles, ses trahisons, les quant dira t'on, le culte le dimanche, les réceptions du conseil presbytéral et la nature omniprésente, le Veld, l'estive, le vent, les chevaux...

    Avec Cette vie, Karel Shoeman a écrit un roman à vocation universelle, une belle réussite.