La Liberté ou la mort

Dans l'air, nous suivons des yeux
la fumée, la fumée,
qui vers les cieux
monte, monte parfumée.
Cela monte gentiment
à la tête, à la tête,
tout doucement cela vous met
l'âme en fête!
Cet éloge du tabac, c'est dans Carmen. Contrairement à la pipe de Monsieur Hulot, ce chant des cigarières au début du premier acte de Carmen n'a pas encore été censuré par le politiquement correct. Les chanteuses fumaient réellement, annonçant bien que la liberté allait être à l'honneur.
C'était la dernière de Carmen, mardi 30 juin à l'Opéra comique et la soirée a été torride, torride car au quatrième plafond, juste sous le toit, avec la chaleur, une salle comble, toutes portes fermées, les programmes ont servi d'éventail toute la soirée et il y a eu des abandons. Et torride parce qu’Adrian Noble et Sir John Eliott Gardiner nous ont sans doute restitué une Carmen (Anna Caterina Antonacci ) proche par son authenticité de celle qui fut créée en ce même opéra comique en 1875.
Suis-nous à travers la campagne,
viens avec nous dans la montagne,
suis-nous et tu t'y feras, tu t'y feras
quand tu verras, là-bas,
…
Comme c'est beau, la vie errante!
Pour pays tout l'univers, et pour loi ta volonté!
Et surtout, la chose enivrante:
la liberté! la liberté!
Qu'ajouter d'autre, on connait la suite, la fin. Dans une centaine d'année on jouera encore Carmen, car l’œuvre de Georges Bizet et de Prosper Mérimée est universelle dans le temps et l'espace. Carmen, star planétaire, encore et toujours.

Denis Guedj n'est à proprement parler un mathématicien, il est professeur d'histoire des sciences et d'épistémologie à Paris VIII, mais il est célèbre pour ses livres sur les mathématiques, et plus récemment pour son soutien à la "ronde des obstinés" contre la loi LRU sur les universités. Le théorème du Perroquet, paru en 1998, est sans doute le plus fameux de ces ouvrages.
découvrir de façon ludique et chronologique l'histoire des mathématiques. Pour que ce soit ludique, le roman met en scène des personnages qui se veulent truculents, Pierre Ruche, 84 ans, libraire à Montmartre, près de la rue Lepic, philosophe de formation, Elgar Grosrouvre, mathématicien de la même génération, retiré dans la forêt amazonienne, qui passe sa vie à tenter de démontrer les conjectures célèbres de Fermat et de Goldbach, No Futur, un perroquet récupéré aux puces par Max, un des enfants, sourd, avec Lea et Jonathan de Perette Liard qu tient au quotidien la librairie de Pierre Ruche. L'intrigue policière consiste à trouver ce qui va in fine relier tous ces personnages.