Les dimanches de Jean Dézert
Lui aussi est mort à la guerre, la première, en novembre 1914, volontaire alors qu'il avait été réformé pour myopie : enterré vivant, "surpris dans l'attitude du combat, la tête levée, l'arme en avant, prêt à bondir... " comme l'écrit François Mauriac dans la belle préface de l"unique roman de Jean de la Ville de Mirmont, son condisciple et ami bordelais.
Ce roman est très largement autobiographique, il est à la fois léger, tant Jean Dezert est ridicule, et tragique, tant il est, résigné : il considère la vie comme une salle d'attente pour voyageur de troisième classe, se sachant interchangeable dans la foule.
Le dimanche, pour rompre l'ennui, il déambulerdans le Paris d'il y a 100 ans, boue, pavés de bois, rue du bac, rue Monge, Jardin des plantes, Montmartre, cinématographe et même une escapade vers Viroflay, tramway à vapeur. Et puis, contre toute attente, Jean Dézert rencontre Elvire, une enfant qui va "bouleverser ses notions"...
Excellente découverte!

Il était né le 1er septembre 1908 à Paris, avait donc 31 ans, était ingénieur agronome, rédacteur au ministère de l'agriculture. Célibataire, sans enfants, il n'y a sans doute plus grand monde pour se souvenir de lui en ce 70ème anniversaire. Alors je lui consacre cette petite chronique. Son nom est mentionné sur la plaque commémorative des deux guerres mondiales au ministère de l'agriculture. Il repose maintenant au Père La Chaise aux côtés de ses parents et de son frère. Mort pour la France. Je ne l'ai pas connu. C'était mon oncle. Merci Jacques Sallerin. Ta mémoire est bien vivante.