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  • Les Boudoux

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    Aujourd’hui, nos semelles de randonneur nous ont conduits sur les traces de mon enfance dans la vallée de Chamalière, petite rivièles-boudoux-13.1250850336.jpgre qui se jette dans l’Arzon (Haute-Loire). Partant de Chomelix, village coquet aux portes des gorges de L’Arzon, le sentier chemine à travers bois, champs et  hameaux. Il emprunte parfois une ancienne voie pré-celtique appelèe “Bolène” fréquentée au Moyen Age par les marchands, les militaires et les pélerins. Peu de rencontres ce jour : des paysans croyant encore à l’agriculture: un éleveur de vaches qui construit une stabulation, un autre qui ose cultiver du maïs (étonnant en Haute Loire), des vacanciers prenant leur petit déjeuner dans le jardin encore protégé du soleil. Les géraniums adorent la belle chaleur de cet été, les rouges et les roses explosent sur le seuil des fermes rénovées. Bientôt, non loin de Bellevue la Montagne, le village des Boudoux apparaît.

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    Tiens il me parait plus étendu que dans mon souvenir. C’est ici que je suis venue en colonie de vacances deux ou trois années de suite au début des années 60. Colonie dirigée fermement par une grande dame, noire, énergique, Soeur Aimée de Jésus. Nous l’aimions sans doute , nous la connaissions bien puisqu’elle dirigeait notre école mais nous la craignions également car sa personnalité nous impressionnait.

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    Nous traversons la Chamalière sur le petit pont pour remonter vers les maisons. Nous adorions dévaler le champ devant la colonie pour mettre les pieds dans l’eau. Aujourd’hui, la rivière se camoufle sous la végétation. Je me souviens d’une superbe balade dans son lit au milieu des rochers et des mares d’eau, c’était une telle aventure pour nous d’atteindre la confluence de la Chamalière et de l’Arzon et le chateau d’Arzon où s’installait une colonie de…garçons!

    Nous atteignons le village : vais-je reconnaitre la bâtisse? Oui je pense que ce chalet avec du bois et son toit à une seule pente était notre colonie transformée en maison d’habitation maintenant! 

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    Grimpons plus haut pour trouver la petite chapelle: le dimanche, en uniforme (jupe bleu marine et chemisier blanc) nous assistions sagement à la messe. J’apprends aujourd’hui que c’était en réalité une maison d’assemblée, lieu de prières et d’école, utilisée par les béates.

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    Le village est vivant, habité mais je ne vois pas d’enfant dans les chemins. Nous aimions également gambader vers Bellevue La Montagne à quelques kms pour aller à l’épicerie (ou la boulangerie peut-être) acheter des petits bonbons. Ramassions nous aussi des mûres? Sans doute si l’été avait été chaud. Aujourd’hui nous nous régalons, elles sont déjà mûres!

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    Passant avec beaucoup d’insouciance de l’enfance à l’adolescence, j’ignorais encore que mon cher compagnon estivait avec mère, frères et soeur, tout proche de moi, à la Chaise Dieu (à une quinzaine de km).

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    Retour à Chomelix pour déjeuner et nous remettre de ce petit voyage pédestre dans le pays d’enfance. Nous choisissons ”Mille et une saveurs” tenu depuis un an par un jeune couple Audrey et Jérôme à qui nous souhaitons une bonne réussite dans leur entreprise. 

  • L'Antigone d'Henry Bauchau

    antigone_bauchau.jpgJ'avais bien quelques souvenirs de l'Antigone d'Anouilh étudié en classe, je ne me souviens pas avoir étudié la pièce de Sophocle, avoir entendu Georges Steiner parler des Antigones...

    La lecture du roman d'Henry Bauchau tout simplement intitulé Antigone a été un réel emerveillement par la beauté de l'écriture, l'universalité des thèmes traités, le côté épique du récit. Au contraire de la pièce d'Anouilh qui débute peu avant la mort d'Antigone, Henry Bauchau remonte le temps, celui où Antigone revient à Thèbes après la mort de son père Oedipe. Elle va tenter avec l'appui de sa soeur Ismène de jouer les médiatrices pour éviter la guerre que se mènent ses deux frères, les jumeaux rivaux Etéocle, qui est roi de Thèbes, et Polynice, qui veut prendre la place. Vaines tentatives, on voit se dérouler les prémices de la bataille, les complots, l'épidémie, l'assaut, la mort tragique des deux frères, Créon au fait de sa puissance...

    Au contraire de l'image de fragilité que j'avais en mémoire, Antigone se révèle très forte, à cheval avec Jour et Nuit, au tir à l'arc, elle est sculptrice, elle mendie pour trouver les ressources pour soigner les pauvres lors de l'épidémie, poussant un cri improbable quii fait s'ouvrir les bourses, elle fait plier Polynice, elle est tendre, comple avec Ismène que l'on découvre totalement ici, amoureuse d'Hémon, le fils de Créon,  Créon, son oncle, qui va la condamner à moins qu'elle ne se condamne elle-même en allant, on le sait, recouvrir de terre le corps de Polynice que le nouveau roi de Thèbes a voué aux vautours.

    Un très beau roman qui donne envie d'aller découvrir un autre ouvrage de Bauchau : Oedipe sur la route.