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  • Lettre persane (3)

    Quelques anecdotes :

    Les antennes satellites sont interdites mais on en voit sur tous les balcons, ce qui permet de regarder les TV étrangères et notamment les émissions produites par la diaspora iranienne aux USA. 

    Les mollahs cherchent à effacer le passé de façon outrancière ; Le Musée des tapis persans de Téhéran a été inauguré en 1978, un an avant la révolution par l'impératrice Farah Diba. Aucune mention ne l'indique. Il y a même une mosquée dans l'enceinte du musée non achevée presque quarante après parce que sa construction a été engagée par l'impératrice. Tous les guides font une halte devant cette curiosité évidemment.

    Comme il est interdit de danser, il n'y a pas de discothèque en Iran. Alors la jeunesse loue des bus sans sièges, tire les rideaux et dans le car, c'est le bus-disco.

    Les maisons de la force. j'ai assisté à une séance à Ispahan. C'est là que se pratique la gymnastique iranienne. Au son d'un tambour une trentaine d'athlètes exécutent des exercices de souplesse, et de force : échauffement d'abord, pompes, sur deux bras puis un bras, maniement de masses et d'un arc en métal très lourd. Ce rituel trouverait ses racines dans la société préislamique. Les athlètes doivent au delà des exercices faire preuve de valeurs morales, de foi, de fidélité aux Imams, d'abnégation...Un spectacle un peu ambiguë qui se termine par une prière ou l'on encense le bien et maudit le mal...C'est l'aspect préislamique.

    La gastronomie est assez répétitive : crudités en hors d'oeuvre : concombres, tomates... poulet, agneau, boeuf ou mouton grillé ou en brochette avec du riz parfumé quelques pommes de terres, parfois d'excellentes aubergines...

    jamais d'alcool évidemment mais ceux qui veulent en boire en trouvent toujours dans des fêtes privées, c'est un peu comme le cannabis chez nous. L'hypocrisie règne en maitre...

  • Lettre persane (2)

    Retour à Bordeaux depuis Jeudi.

    Voyage éprouvant. Départ de Téhéran à 3 heures du matin. Escale de deux heures à Istanbul. Arrivée à Paris-Roissy à 9:30. Premier TGV pour Bordeaux à 16h21. Enfin pas pour Bordeaux car la SNCF fait des travaux pendant le WE de l'ascension et les trains s'arrêtent à Libourne. Car pour la Gare Saint Jean . Arrivée à domicile à 22 heures.

    La comparaison des aéroports de Téhéran et d'Istanbul est éloquente. Istanbul est un hub international. S'y croisent des voyageurs en provenance d'Asie, du Moyen-Orient,  d'Europe. Téhéran est de la taille de l'aéroport de Bordeaux pour le moment. Résultat de l'isolement du pays.

    Mais il ne faut pas se tromper. Le potentiel de l'Iran est énorme. Son grand rival l'Arabie saoudite va avoir beaucoup de mal. Il y a en Iran une économie qui fonctionne, une industrie, une population bien éduquée, des filles qui vont à l'université en masse, et même des élections avec des incertitudes sur les résultats. C'est loin d'être parfait mais c'est déjà cela.

    Il y a un passé pluri-millénaire. L'Iran est une grande nation.

    Alors bien sûr, l'Iran est dans la main des russes, soutient Bachar El Assad, le Hezbollah, cherche à se doter de l'arme atomique. Le Pakistan voisin l'a déjà cette bombe sans qu'on le sanctionne économiquement comme on l'a fait pour l'Iran.

    La propagande des mollahs à l'égard d'une population de plus en plus éduquée et qui affiche ouvertement son attrait pour l'Occident ne fonctionnera pas bien longtemps, à moins que nous ne fassions pas de place pour ce peuple de 80 millions d'habitants qui est en mesure de changer la donne au Moyen-Orient.

    Si vous en avez l'occasion allez faire un petit voyage en Iran, pour son patrimoine culturel unique au monde mais aussi pour y rencontrer les iraniens.

     

     

  • Blague iranienne

    En Iran les ayayolahs, malgré l'omnipresence de la propagande, la construction à tout va de nouvelles mosquees... n'arrivent pas à convaincre une population volontiers rebelle. En temoigne cette blague entendue à Teheran :

    Le Paradis? On ne veut pas y aller! Il y a Khomeni, les mollahs, les martyrs. On prefere aller en Enfer avec les artistes, les chanteurs, les journalistes...