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  • Michaël Kohlhaas

     

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    Il y a le livre et il y a le film. J'ai d'abord vu le film et ensuite lu le livre. Affaire de circonstances car j'avais l'intention de faire le contraire, le livre a été publié en 1808 par Heinrich von KLeist (1777-1811), le film d'Arnaud de Pallières est de 2013, deux siècles après!

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    L'action du livre se situe au milieu du XVI° siècle du côté de la Saxe et du Brandebourg, l'action du film à la même époque mais dans les Cévennes au temps de la toute jeune reine Margot. Dans les deux cas Michael Kohlhaas est un marchand de chevaux qui subit un préjudice de la part d'un jeune seigneur féodal effronté qui se croit encore au siècle précédent. Kohlhaas va réclamer justice mais elle lui est refusée par les autorités du fait de juges corrompus à la solde du jeune seigneur. Kohlhaas décide de tout abandonner, lève une petite armée de brigands et se fait justice lui-même. Il n'a qu'une idée en tête qu'on lui rende les deux chevaux qu'il avait confié à la garde du jeune seigneur et qu'il lui a rendu à l'agonie. C'est obsessionnel.

    La justice, il l'obtiendra mais au prix de sa vie.

    Kohlhaas est il un homme de la Renaissance, des lumières, un révolutionnaire ou un terroriste exalté, c'est le dilemme du livre, dilemme toujours actuel.

    Le film est centré sur cette problématique, dans le livre l'action est plus compliquée, les hésitations des différentes autorités plus détaillées, l'intervention de Luther qui à l'époque remettait en cause l'ordre établi est précise et il y a en plus une histoire de bohémienne peu fantastique sans trop d'intérêt si ce n'est de montrer la détermination à tout prix de Kohlhaas.

    Von Kleist a écrit sa nouvelle sur la base d'une histoire réelle, celle de Hans Kohlhase, bien documentée en particulier pour ce qui concerne l'intervention de Luther. Il l'a écrite au moment où Napoléon mettait les États allemands à feu et à sang, où un nouvel ordre, celui des Nations allait se mettre en place en Europe, un nouvel ordre que von Kleist ne verra pas puisqu'en 1811 il se suicide avec Henriette sa bien aimée, près de Postdam.

  • La mer

    esprit.gifJe signale, avec retard, ce très bon numéro de la revue Esprit (juin 2013) sur le thème de la mondialisation par la mer. De très bonnes contributions sur les enjeux du transport maritime, la révolution du conteneur et aussi des arricles éclairants sur les villes du Havre et surtout de Marseille.

    L'entretien avec Jean Viard, sociologue aujourd'hui engagé puisque vice président de la communauté urbaine Marseille Provence Métropole va bien au delà des questions maritimes. Elle explique la position unique de Marseille en France et en Méditerranée. Et elle permet de bien comprendre beaucoup des difficultés que connait la ville aujourd'hui.

    La Méditerranée, elle se transforme, discrètement, avec l'émergence d'un très grand port à Tanger.

    Notre système national, cohérent en son temps mais qui s'est progressivement transformé en une mauvaise assurance vie de quelques intérêts particuliers va alisser place dans la douleur à l'ouverture inéluctable à la concurrnce internationale. autant l'affronter. Ce jugement d'Antoine Frémont est criant de vérité.