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  • Boetius von Orlamünde

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    C'est sous le titre de Boetius von Orlamünde qu'a été publié pour la première fois ce roman de Ernst Weiss, médecin autrichien d'origine juive qui cotoya Franz Kafka et qui se suicida à 58 ans, à Paris, en 1940.

    C'est un roman sombre, initiatique, sur l'adolescence d'un jeune prince en 1913.

    Boetius est une jeune homme de 17 ans, seul héritier d'une famille princière de Belgique, totalement désargentée, qui vit dans la pauvreté à Bruxelles mais avec la dignité d'un prince. Le jeune Boetius a été éduqué dans un internat réservé à la noblesse à la frontière allemande, il n'apprends pas grand chose pour le préparer à la vie qui sera effectivement la sienne, mais il sait dresser les chevaux, manier les armes, tout ce qu'un prince doit savoir. son apprentissage terminé, il reste à l'Internat, il n'a pas de métier et ne veut pas être une charge pour ses parents.

    Il adore son père mais il adore un père lointain et n'a jamais eu de complicité avec sa mère. il sait intérieurement que sa vie est une impasse, il est hanté par la mort, la sienne, celle, proche de ses parents.

    Le livre décrit plusieurs épisodes de son initiation à l'âge d'homme qu'il n'est pas possible de restituer ici. Mais le livre est magnifique de sensibilité, il magnifie, la nature, les chevaux, la dévotion filiale...

    Merci à Pierre C. de nous l'avoir conseillé.

  • Les bohèmes

    VieuxSouliersAuxLacets_K450.jpgNous avons pris une route dans la nuit

    sans savoir où elle pouvait mener

    Laissant derrière nous un grand pays

    Nous avons commencé notre parcours de peine

     

    Nous nous sommes égarés sur des sentiers

    portant nos lourdes charges

    Nous avons enterré nos morts le long de la route

    dans les forêts nos pères ont vielli

     

    Au milieu de l'endroit le plus sombre

    nous nous sommes posés pour souffler

    Arrêtés pour reprendre les esprits

    assis là nous nous sommes endormis

     

    Ni pain à manger ni eau à boire

    aucune croûte n'a touché nos lèvres

    Au petit matin nous nous sommes relevés

    Pour reprendre la longue route.

     

    Ce poême de Saban Iliaz ouvrait l'excellente  exposition consacrée par le musée du Luxembourg à Paris aux Bohèmes. Les bohèmes, à savoir les bohémiens, les voyageurs, ces peuples de promeneurs, de nomades, théatreux, musiciens, astrologues, diseuses de bonne aventures et la bohème, celle de Montmartre, de Litzt, de Van Gogh de Toulouse Lautrec.

    L'exposition peu médiatisée est terminée mais on peut encore la revivre par les brochures et le site Internet, une leçon d'histoire qui montre à travers la peinture la présence millénaire des bohémiens dans nos vies.

    http://www.grandpalais.fr/grandformat/bohemes-visite-immersive/