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  • De l'Oie Bleue au Cochon bleu

    La librairie-tisanerie L'Oie bleue avait ouvert en 2003 à La Chaise-Dieu, l'année où nous nous sommes installés dans notre maison de la Place du Monument. Pendant des années, jusqu'en 2015, cette librairie a été un de nos lieux privilégiés à La Chaise-Dieu. Eté comme Hiver, on pouvait y aller fureter, acheter un livre, en commander un, boire un thé, trouver un petit cadeau, un disque.

    En 2015, Fabienne a malheureusement fermé sa boutique et il n'y plus de librairie à La Chaise-Dieu. On y trouve encore quelques livres ici ou là mais essentiellement des guides touristiques ou des livres régionaux.

    Fin 2016, nous avons nous même quitté La Chaise-Dieu, après avoir vendu notre maison, trop loin de Bordeaux.

    Après quelques recherches en Gironde, dans les Landes, en Charente Maritime, nous avons trouvé une nouvelle maison de campagne du côté de Lectoure, en Lomagne gersoise. Et là, clin d'oeil sans doute, il y a une librairie restaurant, sous l'enseigne du Cochon bleu. L'opportunité de nouveau, de boire un café, un chocolat, déjeuner, lire le journal, acheter des livres surtout.

    Nous voici gersois en devenir.

    Notre nouvelle maison n'a rien à voir avec celle de La Chaise-Dieu qui était bi ou tricentenaire. Elle est récente, isolée, dans un hameau de moins de dix feux, dans une petite commune d'une centaine d'habitants, sans aucun commerce. La campagne à perte de vue, des champs de blé, de colza, de tournesol, de maïs, des vignes des Côtes de Gascogne, des petits vallons, les Pyrénées par beau temps à l'horizon. Les Chemins de Saint Jacques (voies du Puy et d'Arles), le Bastion de Lectoure, la collégiale de La Romieu, Condom, l'abbaye de Flarans à portée de bicyclette, et à la belle saison, l'été photographique de Lectoure, Jazz in Marciac, les corridas de Vic...

    Une petite aventure. Le changement c'est maintenant!

  • L'hiver de la culture

    Ce livre est paru en 2011 et n'est donc pas d'actualité mais un de mes amis dont la fille travaille chez Flammarion me l'a prêté, l'occasion de lire un ouvrage qui a fait à l'époque polémique.

    Jean Clair a une biographie qui fait autorité : conservateur des musées de France, au Musée d'art moderne, au Centre Pompidou, au Musée Picasso, il a aussi dirigé la Biennale de Venise, organisé des expositions internationales et écrit de nombreux essais sur l'art.

    Ici, c'est un cri, une dénonciation, une colère qui s'expriment tout au long de l'ouvrage. Inutile de résumer, il faut lire cette écriture ardente, belle, d'un homme déçu, sans doute aigri, qu'on accusera volontiers de ne regarder qu'en arrière, jamais devant, une nostalgie destructrice, sans aucune perspective, une vision réactionnaire sans appel.

    Le propos est brillant, argumenté, cultivé, assorti de nombreuses illustrations et citations, érudit à souhait.

    Jean Clair regrette que la culture se soit substituée au culte, que les oeuvres soient présentées hors du contexte qui les a vu naitre et qui justifiaient qu'elle fassent l'objet d'un culte. C'est l'idée même de musée qu'il conteste, notant que personne ne fait le signe de la croix devant une crucifixion dans un musée alors que c'est encore parfois le cas dans une église, surtout si elle est orthodoxe...

    La culture serait devenue et c'est un peu vrai un divertissement, une affaire de traders, un marché spéculatif ou l'Art occupe peu de place.

    L'art contemporain est vivement dénoncé mais c'est assez facile eu égard à ses excès "je pisse donc je pense"...

    Certes, mais que faire? L'auteur se complait à dénoncer mais ne formule aucune proposition pour remédier à la situation qu'il dénonce.

    Pour se faire je m'en vais lire l'ouvrage que Guillaume Cerutti vient de faire paraitre La politique culturelle, un enjeu du XXIème siècle, 20 propositions.